Ibid., p. 82, rapport de Bergeron
se soient étalées ou qu'aient éclaté ses stigmates classiques, et quand l'alcoolisé garde encore les apparences de la santé1, l'ensemble de l'organisme sera à ce point affaibli, sa vitalité tellement amoindrie, sa fragilité tellement prononcée, qu'il sera sans défense contre la maladie. Il s'infectera avec une rapidité extrême. « Le poison a émoussé les réactions défensives » contre les agressions parasitaires, maladies épidémiques ou contagieuses. Dysenterie ou typhoïde, pneumonie ou avarie, non seulement parcourent d'un pas plus accéléré leurs différents stades, mais s'exaspèrent de toute la morbidité pré-établie. Le bacille, quel qu'il soit, a trouvé un terrain favorable à sa besogne destructrice; tout de suite il règne en maître, croît, se multiplie à plaisir. Ici, les granulations grossissent plus vite et se ramollissent plus vite, la matité s'affirme, les craquements deviennent plus fréquents et plus aigus. Là, les éruptions sont plus longues, les ulcérations plus profondes, les dermatoses plus intenses et plus abondantes2. Chez le buveur qui se croit le plus fortement « mithridatisé » comme chez le plus débile, le terrain, obscurément modifié, est devenu propre aux cultures