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- L'œuvre architecturale, quels que soient l'ordre et le style auxquels elle appartient, produit dans l'esprit une première idée de per-
manence, de solidité, d’éternitée. Le temple,
1e quel qu'il soit, est fait pour durer; on en Juge Fe ainsi à première vue. Il a encore cela d’évident Re qu'ilest fait pour contenir, pour réunir, pour | associer des hommes dans une pensée, dans une on. - fonction communes. Tout édifice, et surtout l'édifice par excellence, le monument religieux, - | impose à l'intelligence cette idée d'ordre, de | Ê ; = conservation, de subordination à un but so- | cial. Les variations nombreuses que subit le A thème général du temple selon le culte qu’iles ; appelé à desservir, la distribution, les ornements n’éveillent plus des idées aussi évidentes; les détails ne parlent pas à tout homme \ aussi clairement que l’ensemble; ils ne sont entièrement compris que par les initiès ; mais ces initiés sont tous les fidèles de la même religion, c’esttout un peuple, toute une race. Ainsi
sans se rendre compte de la signification de
tous les motifs et de tous les accessoires sym- ,
bolique que comporte {e plan d’une église, tous les chrétiens savent à quelle cérémonie chaque partie est destinée, et ils connaissent le sens et le but de cette cérémonie. Le temple a donc pour eux un sens très intelligible et aussi invaria ble que la religion. Le goût personnel, la fantaisie de l’architecte n’ont eu carrière qu’en de si minces détails qu'ils n’ont modifié en rien le langage de l’ensemble. Si vaste, si audacieux que fût le génie de l'artiste, il a dû s’asservir à une contrainte. Heureuse discipline de la foi religieuse qui n’ôte rien à la richesse, à la vigueur de l'imagination; contrainte salutaire qu'un dogme fixe impose au poëèle et qui, dans le sein de la plus immuable des religions, le catholicisme, n’a pas empêché de se produire la plus hardie, la plus variée, on pourrait dire la plus capricieuse des architec tures! Art merveilleux, le plus sublime, le plus religieux de tous, qui, sans se départir de
la soumission la plus absolue au dogme, sans