A LA VRAIE MUSIQUE
daus les profondeurs de l'infini? Muse adorée etlointaine, Muse de Mozart et de Beethoven, je ne suis pas un de tes initiés, mais je suis un de tes fidèles. J'aime, en des heures bénies, à m'asseoir sur le seuil de tes sanctuaires, comme au bord des grandes forêts en face des pers-— pectives sans bornes par où l’âme s'échappe vers un autre monde. Je respire avec délices les fluides harmonies que répand l'orchestre ou le paysage. Ta voix magique produit à son gré dans tout mon être l’ardeur de la lutte ou le suprême apaisement. Pas plus que l’impassible nature, tu ne rends d’oracles sur le bien et sur le mal. Tu laisses ma conscience dans les tenébres, et ce n’est pas toi qu'il faut interroger avant de combattre pour la justice. Mais quand l'infaillible lumière a brillé, quand la voix infaillible a parlé dans la conscience, l’athlète aime à s’abreuver de la mélodie comme d'un vin généreux qui fortifie son corps à l'heure de la bataille. Heureux si la cause est
juste, car tu l'ignores en nous excitant pour