‹ Contre la musiqueChapitre 40 sur 56 · ITS · texte numérisé non relu

ITS

D. Lun [D, ; E

varie non pas seulement dans son intensité,

mais dans sa direction et sa nature, selon le

tempérament de chacun.

Plus la musique se développe en dehors de

quelques sentiments très simples et très primi-

tifs, etplus elle risque d’être comprise diverse-

ment, Arrivée aux prétentions qu’elle affiche

aujourd'hui d'exprimer des milliers de nuances et d'idées, au lieu de devenir plus intellectuelle, elle devient plus physiqué. Sa signification est

déterminée par les nerfs des auditeurs beau-

coup plus que par leurs âmes ; et comme il

n'y a rien .de plus variable et de plus indivi-

duel que l’organisation nerveuse, il n'y a rien

de plus divers que les idées suscitees dans une

foule nombreuse par le même morceau de cette

musique ambitieuse qui se développe si libre-

ment hors de ses anciens domaines. La musi-

que né fait-elle pas alors le contraire d'umir

les âmes dans une idée, dans un sentiment

commun ? Ne les éparpille-t-elle point à tra-

vers les ramifications innombrables de la sen-

sibilité nerveuse ? Est-il bien étrange d’avoir appelé ce genre d’action un dissolvant? Rien de plus faux que ce mot appliqué à la musique dans son domaine légitime ; mais à l’heure où nous sommes, depuis que l’art a renouvelée pour son compte le péché originel, qu’on a dit aux compositeurs eritis dir et qu'ils l'ont cru, maintenant que Mozart et Beethoven ont abouti à travers Verdi et Wagner, à MM. Hervé et Offenbach, j'accuse hardiment la musique d’être une cause de dissolution.

J'ajoute qu'en cet état elle est bien le plus sensuel de tous les arts, comme je l'avais dit d’abord d’une manière trop absolue. Mais je supprime ce mot, quoiqu'il ne devienne injurieux que par extension. Je Le remplace par un autre qui va me faire, j'en ai peur, une plus grosse querelle, mais qui rend mieux ma pen sée : la musique est le plus féminin de tous les arts. Je me mets ainsi à l'abri du reproche de vouloir supprimer la musique ; on ne m accu-

sera pas, je pense, de vouloir supprimer toute

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à # | unemoiti du none at humain, et quelle moitié ! 59 2 E. Je me hâte, en outre, de dire que tous les arts,

à divers degrés, sont de l’ordre féminin. Les DS: anciens, qui ont tout deviné avec une raison infaillible et tout figuré avec une imagination 4 += charmante, ont fait des arts neuf déesses etnon 54 ï

pas neuf dieux. Au-dessus de tousest PhϾbus- |

Apollon, la lumière, c'est-à-dire la parole. z LÉ ; è ÿ Due a ip D -

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