Vallès, Réflexions historiques, p
l'arrivée de PRÉCY a LYON 133
accord, la direction des travaux de défense est maintenue à M. de Chênelette, lieutenant-colonel d artillerie, dont la haute compétence s'impose à tous. Sur Tinvitation du comité, Précy établit son quartier général place des Terreaux, dans la maison dite des Dames de Saint- Pierre*, vaste monastère où s'installent les bureaux du nouvel état-major composé de sept ou huit officiers et d'un secrétaire. Le commissaire des guerres, Jean Vallès, attaché autrefois à la place de Lyon et fort au courant des ressources, est chargé de tout ce qui concernait le service de l'intendance ^.
La première mesure militaire étudiée par Précy et ses collaborateurs immédiats fut la réunion d'une force mobile indépendante de la garde nationale. La milice citoyenne, comme on aimait à la désigner, ne pouvait que maintenir Tordre dans la ville ; tout au plus en cas d'extrême urgence pouvait-elle fournir quelques troupes de réserve. La force mobiledevait être formée des compagnies de chasseurs et de grenadiers, soit deux compagnies par bataillon, recrutées parmi les anciens militaires encore valides et les jeunes gens pouvant disposer de leur temps et faire les frais d'un uniforme militaire. La plupart de ces jeunes hommes manifestaient un excellent esprit. Beaucoup avaient combattu le 29 mai et les nouvelles recrues, qui accouraient avec empressement pour se faire inscrire, affirmaient leurs sentiments de dévouement à la cause lyonnaise en môme temps que leur désir de se soumettre absolument à la discipline, notamment à l'obligation de casernement.
La Commission départementale « considérant la cité en danger, » arrête que la municipalité provisoire ne donnera de passeports qu'avec la plus extrême réserve. En