Colonel Hichot, le !<ièf/e de Li/on, p
H>ji l/lNSUKUKCTION DE LYON EN 1793
oa faw Je la cathédrale, le pont cl'Esrtay, et enfin le pont Uc U Mulatière, à la pointe de la presqulle, au confluent Uu l{h(^ne et de la Saône.
A TKst^ le Rhône, traversé par les deux ponts Morand et de la Guillotière, formait la seule défense ; un quai superbe le bordait depuis la porte Saint-Clair, dans Tenceinte de la Croix-Rousse, jusqu'à Textrémité de Perrache. Le faubourg de la Guillotière et celui des Brotteaux devaient subir Toccupation de Tennemi et devenir ainsi un dangereux voisinage.
Le terrain restait découvert entre les deux ponts, il devenait très bourbeux entre la chaussée de Perrache et la Saône. Une gare de bateaux, demi-circulaire le long de la limite de la ville avec le territoire de Perrache, servait à la communication des deux canaux ; il y avait là encore une défense utilisable.
La tâche ardue de rectifier le système de fortification avait échu, dès les premières menaces de la Convention et avant l'arrivée de Précy, à M. Agnel de Chônelette, qui se révéla un ingénieur militaire de la plus grande valeur.
Les Brotteaux étaient alors une vaste campagne semée de plaisance de maisons et de cabarets fort achalandés, au milieu de jardins et de bosquets. On y arrivait par le pont Morand, que commandait une redoute avec batterie et terre-plein. Sur le cours Morand, un poste était établi à la maison BerMer et surveillait, derrière cette maison, une vaste plaine jusqu'à la ferme de la Têle-d'Or, 11 eut été plus sage de raser la maison Berlier et la THe-cVOr^ et de garder un champ de tir bien découvert pour les batteries de la tête de pont et pour celles du quai du Rhône (terrasse Tholozan, terrasse des Collinettes, redoute des Bernardines, etc.).
En face du pont Morand, une grande auberge, appelée
1. J.-B.-M. Noihac, Souvenirs de la Bévoluiion à Lyon, p. 175.
l/lMTIATIVE DU NOUVEAU GENÉltAL 169
hôtel de la Vengeance^ fermait le cours Morand*, elle fut désignée pour servir de quartier général aux troupes' des Brotteaux. Derrière Tauberge, à droite et à gauche, il y avait encore quelques maisons avec des jardins. Dans le groupe de droite, était la loge des francs-maçons; on y établit une redoute. Enfin, sur la droite, quelques autres maisons, dont la plus importante, la maison Neyral'^ servait aussi de poste fortifié.
A moins d'une demi-lieue et parallèlement aux Brotteaux, les premières maisons de la Guillotière touchaient la rive gauche du Rhône. Le faubourg était accessible de tous les côtés, il fut donc décidé que Ton se bornerait à fermer l'accès de la ville en démolissant le parapet qui bordait le pont et en rétablissant le pont-levis placé k la moitié de sa longueur. Ce pont-levis fut complété, face à la Guillotière, par une grande guérite, garnie de meurtrières, mais dans laquelle on ne pouvait pas placer plus d'une vingtaine d'hommes'. Un tel ouvrage ne présentait d'ailleurs aucune sécurité et, d'après un témoin oculaire*, il devint un des postes les plus périlleux de la place. Le faubourg restait donc à la disposition de l'ennemi, qui devait établir ses batteries à une ferme dite de la Part-Dieu^ entre la Guillotière et les Brotteaux, de même qu'il devait donner la même destination à la ferme de la Téte-cPOr, entre les Brotteaux et le Rhône.
Dès le début de ses travaux, M. de ChAnelette avait reçu de la Commission départementale une nouvelle commission de lieutenant-colonel d'artillerie ; on lui avait adjoint, sur sa demande, deux jeunes gens intelligents et zélés, M. de Gouffieux, architecte de Roanne, et M. Bosquillon, élève des Ponts et Chaussées. Un ingénieur, M. Griffetde Lobeaume, alternait le service des fortifications avec les fonctions d'aid e de camp du général enchef .