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Ainsi appelé en raison d'une croix plantée dans un mur

l'initiative du nouveau général 171

Le faubourg de la Croix-Rousse, ne comprenant guère qu'une longue rue, sectionnée par des jardins de maraîchers, se terminait par un poste appelé posté du centre» Cet ouvrage servait de place d'armes à la ligne des avantpostes, qui s'étendait du village de Cuire, sur la rive gauche de la Saône, jusqu'au faubourg Saint-Clair, sur la rive droite du Rhône. 11 y avait là le poste du cimetière de Cuire qui dominait les hauteurs, à Textréme gauche, et surveillait le fleuve, le poste de la maison Roussel, celui de la maison Neirac, et, plus en avant encore, le poste d(î la maison Panthod ^ barricadé, fortifié, à un quart de lieue de Montessuy, position très forte mais trop éloignée de la place, et enfin, à Textrème droite, la maison Dufour et la maison de campagne des prêtres Je l'Oratoire *'.

M. de Chônelette aurait voulu établir des postes avancés il Montessuy et à Caluire. La pénurie d'artillerie s'y opposa, et cependant un industriel de génie, M. Schmidt, d'origine suisse, qui exerçait la profession de fondeur, avait su remédier à cette pénurie en fondant des canons et des mortiers 3 qui devaient faire fort bonne figure dans la défense. M. de Chônelette, excellent juge en la matière, déclara ces pièces parfaitement fabriquées et engagea M. Schmidt à multiplier ses efforts et ceux des intelligents ouvriers qui le secondaient. L'arsenal de Lyon ne renfermait qu'une quarantaine de pièces'*. Grûce à M. Schmidt et à la contribution volonUiire, les Lyonnais en avaient déjà plus de cent.

Pour servir cette artillerie, il ne fallait compter que sur des canonniers improvisés; presque tout le déta-

1. Cf. J.-B.-M. Nolhac, Souvenirs de ta Bêrolution de Lijon, Lyon, 184 i.

2. L'auteur décrit les différents ouvrages au cours de son récit ; il ne semble commettre d'erreur que pour la situation du poste Panthod qu'il place presqu'à la hauteur de la batterie Gin^'enne, et (|ui était, comuie il est indiqué ci-dessus, le poste le plus avancé.

3. G. d'Orcel, Souvenirs d'un officier républicain, (lierue britannique^ 1880, p. 85.)

■4. Lieutenant-colonel Bichot, p. 25.

172 l'insurrection de lyon en 1793

chement des artilleurs de la ligne avait rejoint Tarmée des Alpes ; Tescadron de hussards avait suivi cet exemple sans bruit, sournoisement, sur un mot d'ordre des agents de la Convention. La nouvelle de ce départ, habilement colportée parles Jacobins, n'émut pas la population.

Les femmes donnaient l'exemple, elles travaillaient en grand nombre aux fortifications, beaucoup préparaient des ballots de soie et de coton destinés à protéger les embrasures des pièces. A la place des Brotteaux, les différentes fractions de l'armée départementale, qui étaient à peu près constituées, s'exerçaient au maniement d'armes et aux manœuvres les plus simples. Les instructeurs étaient d'anciens militaires, fort âgés pour la plupart, vêtus d'effets civils, parfois en mauvais état, mais ils avaient repris l'attitude et le ton du commandement; leurs élèves, des jeunes gens, quelques-uns même des enfants, se montraient disciplinés et intelligents et faisaient des progrès surprenants.

Un élément malheureusement très nombreux s'affirmait hostile, c'étaient les tisseurs de soie, appelés canuts. Leurs sympathies restaient acquises à l'ancienne municipalité, à la Convention, aux jacobins ; de plus, le chômage forcé les exaspérait*. En raison de leur âge, ils appartenaient aux bataillons sédentaires de la garde nationale, qui se réunissaient rarement; mais, pour jouir de la solde allouée par la Commission, beaucoup de ces ouvriers s'étaient enrôlés dans la force départementale, ils s'y montrèrent piètres soldats'-', plusieurs songeaient à trahir la cause qu'ils avaient hypocritement juré de défendre.

A côté d'eux, il y avait de nombreux royalistes qui servaient sans ^rade et, comme nous Tavons vu, en dissimulant leur véritable nom pour ne pas tomber sous la loi des émigrés.

1. G. (i'Orcpt, Sntirenirs d'un officier républicain. {Revue britannique, 1880, p. 86.)

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