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L'un et l'autre, officiers généraux à Tannée des Alpes

178 l/iNSURRECTION DE LYON EN 1793

20 juillet, une lettre qui débutait en rappelant les causes de Tinsurreclion :

Citoyen général,

Vous connaissez les événements du 29 mai, vous êtes convaincu que les anarchistes ont forcé, dans cette journée malheureuse, puisque le sang a coulé, les amis de Tordre et des lois à se lever et à combattre *.

Les administrateurs rappellent aussi à Kellermann qu'il a habité Lyon quelque temps et qu'il a pu ainsi apprécier les sentiments de la population toute dévouée à Tunité de la République et toute hostile aux idées fédéralistes. Ces sentiments n*ont pas cjiangé, les Lyonnais font la guerre aux tyrans quels qu'ils soient. La Commission départementale vient de prendre un arrêté portant que le projet de Constitution serait présenté à la discussion des assemblées primaires.

Quant aux munitions de guerre et aux provisions de bouche nécessaires à l'armée des Alpes, loin d'en entraver la marche, les autorités de Lyon se sont empressées de la faciliter*.

Le Comité de correspondance de la Commission départementale crut devoir tout spécialement joindre ses instances à celles des administrateurs. 11 le lit avec plus de dignité, insistant sur ce que les rassemblements de troupes, signalés à Vienne et à Màcon, indiquaient nettement que Lyon allait être attaqué, alors que la frontière était menacée. Les véritables provocateurs étaient les « proconsuls et les dictateurs de Grenoble » , qui n'avaient pu mettre à exécution, le 29 mai, à Lyon, leurs projets de meurtre et de pillage. « Nous sommes incapables de céder à la crainte et à la menace, ajoutaient les membres du comité. Destinés à périr le 29 mai sous les coups de l'anarchie, nous

1. Archives hisloriques de la (iuerre: Année des Alpes, juillet 1793.

2. Signé: les administrateurs du département de Rhône-et-Loire : Couturier. Helloville, Delacroix, Santallier.

ne pouvons craindre ni la guerre ni la mort * » et ils terminaient en faisant appel « au cœur et à la loyauté de

Kellermann^ ».

Les malheureux ecclésiastiques, réfractaires au serment constitutionnel, qui blessait leur conscience de prêtres, restaient enfermés à Pierrescize, il n'en fut pas de même des deux députésjacobinsSautayraet d'Herbczdela Tour, du commissaire du pouvoir exécutif, Buonaroti, et d'un aide de camp du prince de Hesse, le .général terroriste. La mise en liberté de Sautayra servit de rançon pour plusieurs citoyens lyonnais qui avaient été arrêtés en se rendant à la foire de Beaucaire. Les autres furent élargis sur Tavisdu comité de sûreté -^

Dans la séance du 22 juillet, la Commission départementale agita la question de reconnaître la Convention ou de repousser formellement son autorité. Des députés du Jura, du Calvados, de TAin et du Doubs furent autorisés à prendre part à la discussion. Un représentant du Jura proposa <( de se rallier au fragment de la Constitution mais pour l'abattre ». Un député du Calvados déclara que « la résistance devait être loyale et au grand jour et il s'écria : «Aux armes, citoyens ! » Toute l'assemblée répéta ce cri... mais n'en continua pas moins la discussion ».

Biroteau, fédéraliste déterminé, proposa que rassemblée, persistant dans son arrêté du 4 juillet, envoyât 3 ou 4.000 hommes pour forcer Dubois-Crancé, le véritable commandant de rarméc des Alpes à diviser ses forces et « à faciliter la jonction des Marseillais'' ». Le Comité militaire consulté s'abstint de se prononcer et la motion fut considérée comme non avenue. L'amourpropre de Biroteau en souiîrit et le député girondin

1. Archires historiques de la Guerre : Armée t/es Alpes^ i"î93. Les membres du Comité de correspondance au général Kellermann, Lyon, 20 juillet i7!)3.

2. Signé : Montviol. Bourhetat, Combry, Lexican et Atnot, secrétaires.

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