Archives municipales. Réquisition du 7 août
îi. Morin (t. II, p. 193) et Balleydier (t. I, p. 362) rapportent le fait.
rects, de prévenir toute manifestation en faveur des Bourbons. M. de Clermont-Tonnerre qui venait d'arriver, M. de Virieuet tout le groupe d'anciens officiers qui avaientconspiré si longtemps à Thôtel Savaron et pris la part que nous connaissons, à la bataille des rues, se conformaient au désir de Précy. Saus afficher comme lui et les officiers de son entourage des sentiments nettement républicains, ils dissimulaient avec soin leurs espérances politiques. On fut donc très étonné àTEtat-Major lorsque le commandant du faubourg de Vaise signala que des bouviers amenant des chariots de grain se présentaient à ses avant-postes, la cocarde blanche au chapeau. On les conduisit à THôtel de Ville devant les membres de la Commission de sûreté publique auxquels les paysans déclarèrent que cet insigne leur avait été apporté par des gens qu'ils ne connaissaient pas, mais qui leur affirmaient que c'était une formalité nécessaire pour entrer dans Lyon K
Tout fait supposer que ceux qui donnaient ces conseils appartenaient à la police de Dubois-Crancé, toujours désireux de compromettre les Lyonnais.
Fontet ', qui commandait à Vaize, demandait d'urgence et sans consulter Précy, au comité militaire, de renforcer son poste en artillerie et en infanterie. Il se plaignait de ce qu'on lui avait envoyé le bataillon de Perruche « qui se tient au pontet les hommes ne voulant pas marcher hors de ses murs, déclaraient qu'ils ne savaient pas tirer », Le colonel ajoutait : « Il n'y a pas moyen de compter sur ce bataillon. » Peut-être à ce moment pouvait-on encore comptersur Tancien capitaine de Hoyal-Liégeois... et cependant celui-ci poussait déjà un cri d'alarmn dont la population pouvait entendre l'écfio démoralisateur: « Il est aussi à craindre que le découragement ne s'en môle
i. Balleydier ineiitionnc la profession de foi royalisle d'un «les bouviers arrêtés. Nous n'avons pas vu la conOniialion de ce reuseif^neinent.
2. Arv.hiveH (li'jmrtementnh's. Ou peut s'rtonner qu'il ne s'adresse pas directement au gcn«'Tal de Prt'cy, lou! devait être rquivoifue dans sa conduite.
200 l'insurrection de lyon en 1793
ici, 8i l'on ne nous envoie des canons ainsi que des cartouches que Ton demande avec instance et un renfort de troupes ^ »
Alors que Ton s'inquiétait à l'Hôtel de Ville delà communication de Pontet, une estafette du général Grandval, commandant la Croix-Rousse, y arriva en toute hâte portant les deux sommations des représentants et de Kellermann dont nous avons donné ou résumé le texte. Ce cavalier ajouta que des coups de fusil avaient été tirés aux avant-postes, qu'il y avait des morts et des blessés et que les représentants exigeaient une réponse avant une heure.
Précy, prévenu de la situation, s^occupa aussi tôt de faire prendre les armes aux seules troupes alors réunies et casernées, aux canonniers et à la compagnie de grenadiers du bataillon de l'Union ^ Cette compagnie se rendit au quartier général avec son lieutenant-colonel Rivière et son capitaine de La Chassagne-^ Le capitaine Lefèvre commandant les canonniers de l'Union, n'ayant pas d'attelage pour les quatre pièces de 4, obtenait de ses artilleurs qu'ils les traînassent à la bricole jusqu'à la colline Saint-Sébastien'', ascension pénible. Précy n'attendit pas cette artillerie et partit avec les Grenadiers.
Pendant que se faisaient les préparatifs militaires, les membres du comité de sûreté générale rédigeaient une belle réponse :
Citoyens représentants du peuple
ET vous, CITOYEN GÉNÉRAL,
Vos propositions sont encore plus atroces que votre conduite, nous vous attendons. Vous n'arriverez à nous que sur
i. Archives départementales.