Nous reproduisons intégralement la lettre du général
€ Citoyen, sur le rendement de compte qui m'a été fait par le citoyen Julien, (Aief de légion, que votre bataillon était tombé dans une insubordination qui devenait dangereuse dans la circonstance, j'ai cru devoir le faire désarmer, mais si quelque chose a pu me consoler d'avoir été obligé d'employer cette voie de vigueur, c'est la bonne conduite de vos grenadiers et le dévouement que vous montrez pour la chose publique, en conséquence, recevez le témoignage de ma reconnaissance et de ma satisfaction. Je viens de vous nommer lieutenant-colonel d'un bataillon caserne à Saint-Pierre. Si vos braves grenadiers veulent suivre l'exemple de ceux qui sont à l'évéché, ils seront bien reçus. Si vous avez quelques observations à me faire à ce sujet, vous me trouverez à l'hôtel. Je vous prierais de faire passer les armes de votre bataillon à l'hôtel commun.»
Lyon, le 11 août 1790, Tan second de la République française.
Le commandant général^ Phégy.
Au citoyen Hévérony^ commandant le halaillon de Saint-Georges
« Le citoyen Ganet, commandant du bataillon de l'Union à Lyon, voudra bien envoyer les deux lettres à Saint-Just par son ordonnance. » (Papiers de la famille Révérony.)
2. « Le citoyen Kévérony, nommé lieutenant-colonel commandant la caserne de Sainte-Irénée, aura la police et la discipline, et tous ceux qui sont en armes pour le service de la patrie seront à ses ordres pour le service de la République une et indivisible. »
Lyon, le 12 août 17.^U, l'an second de la République Trançaise.
Le commandant général,
Phégy.
{Même source.)
« coureurs de tripots » qui discutent au café les chances de la guerre ^ .
Dans la matinée du 10 août, les corps administratifs, dont le nouveau président s'appelait Bémani, écrivaient encore à Kellermann pour le prier d'envoyer à Lyon une députation de son armée, composée de trois ou quatre membres, à son choix, pour prendre part à la fête civique. Ces délégués jugeraient ainsi « de la pureté des principes comme des actions de la population^ ». Kellermann leur répondit le même jour, mais la lettre ne parvint qu'après avoir été soumise à l'approbation des représentants, ce qui en retarda Tenvoi jusqu'au lendemain. Le commandant de Tarmée des Alpes leur déclarait que tant que les habitants de Lyon ne se seraient pas soumis aux décrets de la Convention, il ne reconnaîtrait pas en eux des républicains et qu'il les traiterait en rebelles. Les troupes de Kellermann célébrèrent dans leurs camps la fête de la Fédération, pendant que leurs batteries d'avant-postes de Montessuy tiraient, sans résultat d'ailleurs, sur le pont Saint-Clair. Les canons de 16 avaient cette portée, mais les mortiers de 12 pouces ne l'atteignaient pas^. Kellermann ordonna de ménager les munitions^ sans toutefois cesser complètement le tir.
A Lyon, au bruit lointain de cette canonnade intermittente et inoffensive, h laquelle les batteries de la place s'abstenaient de répondre, lesautoritésavaientdifféré les réjouissances républicaines jusqu'au retourdu trompette envoyéau camp de l'armée de la Convention. Cehii-ci revint en disant, sans aucun ménagement, que les soldats de Kellermann avaient déclaré célébrer la fôte de la Fédération en républicains « purs », sans se mêler « aux rebelles ».