‹ Contre la terreurChapitre 173 sur 400 · ïl était aux mousquetaires de 1762 à · texte numérisé non relu

ïl était aux mousquetaires de 1762 à

Voici ce qu'on murmurait dans le camp républicain sur Dubois-Oancé et sa sanguinaire Egérie.

Le conventionnel sent autour de lui une sourde hostilité qu'il veut dominer, il ordonne à Kellermann de commencer la délibération. Sur Tinvitation du général en chef, le général de division Saint-Remi, chef de Tétat-major, lit les trois propositions qui suivent.

« 1° Est-il convenable d'allaquer de vive force les hauteurs de la Croix-Rousse et quels sont les moyens d'en assurer le succès, sans sacrifier un très grand nombre de défenseurs de la République.

« 2° Serait-il avantageux de se rendre maître du faubourg de la Guillotière et d'établir sur la rive du Rhône des batteries de gros calibre, en canons et mortiers pour attaquer avec une vigueur et un feu soutenus la ville de Lyon par le côté du fleuve ^

« 3° Doit-on passer la Saône avec une grande partie des troupes campées à Caluire ou se rendre vers les hauteurs de Fourvières et les suivantes; attaquer par le côté qui donne lavantage d'un très bon emplacement pour battre la ville de Lyon^?

Le chef de Tétat-major rend compte au conseil de la reconnaissance militaire que le général d'armée lui a ordonné de faire entre les chemins de Tarare et de MAcon et pfès des hauteurs de Fourvières et de Saint-Just. Dans cette reconnaissance, le général Saint-Remi s'est convaincu que Tarraée peut s'approcher et arriver au delà du chemin de Montbrison, sur les hauteurs du coteau de Champagne d'où elle pourrait aisément pénétrer dans le quartier de Sainte-Foy et attaquer Lyon avec de grosses batteries, soit de cet emplacement, soit en se portant sur le quartier Saint-Just. Cependant il fait observer au conseil que cette marche éloignerait trop l'armée des deux rives,

1. Procès-rerhal du conseil dr fjitvtrr assenihié le H août 17î)3 an rhdteau fie la Pape, par l'onlre <lu gOiitM-al d'arinée Kellorinann. {Arc/tires historiques de la Guerre : Armée des Alpes, août 1793.)

232 l'insurrection de lyon en 1793

qu'il est très important de dominer tant pour assurer les convois de subsistances, que pour en ôter aux Lyonnais le cours si utile à leurs vivres et aux objets de leur commerce.

Après cet exposé, le général de division Dumuy et plusieurs chefs de bataillons affirment qu'il est possible d'arriver d^attaques en attaques bien combinées sur la droite et sur la gauche, jusque devant les portes de Lyon en arrière de la Croix-Rousse.

Le chef de Tétat-major fait adopter le projet d'attaquer le pont du Rhône par des batteries de gros calibre et lorsqu'elles auront produit l'effet qu'on en doit attendre, d'attaquer de vive force les hauteurs de la Croix-Rousse, sur lesquelles on ne cessera pas d'inquiéter les rebelles. Nous lisons dans le procès-verbal :

Le Conseil a unanimement donné son vœu pour ces deux attaques et le général a aussitôt donné ses ordres au général de brigade Vaubois qui commande les troupes de la partie opposée au Rhône, au commandant de Tartillerie, à celui du génie, pour préparer les moyens d'exécution et y mettre la plus grande célérité.

Le premier de ces moyens est de détruire à coups de canon le pont de bois dit Morand établi sur le Rhône, d'attaquer ensuite la tête de pont que les rebelles y ont construite. Le second moyen sera de détruire et d'incendier la ville par des bombes et des boulets rouges et d'agir ensuite suivant les ordres que donnera le général d'armée; le tout conformément au décret de la Convention nationale et aux réquisitions des représentants du peuple députés à l'armée des Alpes '.

1. Fait au quartier général de la Pape, le 14 août 1793, Tan il de la République française.

« Signé : Gaujolin, Lirey, Davin, Saint-Privé, Mayer, Victor Coyaile, J. Marignac, Ponvereau, Ponget, Petit, Valette, Lagrange, Laroque, Bayle, Puris, .Massol, Marc Beauniont. Vaubois, Laroche, Félix Dinnuy, Petit- Guillaume, La Serre, Charles Saint-Renii, Alexandre, Lajolais, Kellermann, Dubois-Crancé et Gauthier.

fPour copie conforme à rorigrinâl.) << L e g en étal d'A rm ée , « Kellkrmaxn. ^

(Archircs historiffues de la duerre : Armée des Alpes.)

ENGAf;EMENTS d'aVANT-POSTES 233

Dabois-Crancé, contrairement à ses habitudes, et son docile imitateurGauthier affectaient desurveillorla délibération sans y prendre part, afin de pouvoir rendre l'autorité militaire responsable des événements et de frap[)er les généraux si le succès ne répondait pas au plan arrôlé par eux.

Kellermann et son chef d'état-major pressèrent les mesures d'exécution. Ordre fut immédiatement donné à deux détachements de se rendre au camp de Bron^ et de s'y mettre à la disposition du général Vaubois.

Le 1" bataillon de volontaires du Gard (commandant Marignac) devait partir sur le champ avec ses deux pièces approvisionnées pour aller camper sur la rive droite du Rhône et garder remplacement du pont de bateaux projeté vers le moulin de la F^ape. Le commandant du génie Laroche et son capitaine adjoint devaient tracer et faire construire la tôte de pont sur la rive gauche du Rhône '^

Les pièces et les approvisionnements d'artillerie étaient réclamés d'urgence à Grenoble.

Enfin le chef de brigade Lagrange, commandant l'artillerie des troupes devant Lyon, recevait l'ordre «de faire fabriquer stir-lf-champ quatre grilles à rougir les boulets dans les proportions les plus solides et de se pourvoir du nombre de soufflets et de la quantité de charbon nécessaire pour le service de dix canons approvisionnés chacun à 400 ou 500 coups-^ ».

Le bombardement allait donc commencer, les représentants et les amis de Chalier tenaient leur revanche du 29 mai.

1. Ces détachements (^talent : un demi-bataillon de volontaires cantonnés à Serve, une compagnie d'artillerie légère et nn escadron de dragons à Boiii'g. [Archives historiques de la fiuerre : Armée des Alpes^ août 1793.)

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