L'ordonnance rovale est du 15 octobre
230 l'insurrection de lyon en 1793
généralissime sans avoir jamais fait la guerre et en ne comptant comme services militaires que des factions d'antichambre et des escortes de carrosses royaux*.
Les officiers dont il prétendait diriger la délibération n*avaient rien de commun avec ses origines et ses violences. Sortis des rangs du peuple, pour la plupart, ayant gardé toutes les ardeurs généreuses de leur jeunesse, aimant passionnément la République, mais une République de conciliation, ils ne cachaient pas leurs sympathies pour les Lyonnais, républicains comme eux et ne comprenaient point qu'on bombardât une ville parce qu'elle avait chassé sa municipalité. Indignés de ce que Dubois- Oancé eût dégarni la frontière qu'ils étaient chargés de défendre contre les Autrichiens et les Piémontais, généraux et officiers supérieurs détestaient ce membre de la Convention aux regards inquisiteurs, au commandement impérieux, aux caprices brutaux.
Nul n'ignorait les scènes odieuses dont le grand quartier général avait été le théâtre : l'exécution sans jugement de l'officier lyonnais Guillot, des chasseurs de Précy, blessé et fait prisonnier au combat de Cuire, fusillé avec un de ses cavaliers sur Tordre de Dubois-Crancé; l'arrestation d'une jeune femme échappée de Lyon, M"' Chappuis, à laquelle il reprochait de Tavoir traité de scélérat dans une lettre particulière. Bien qu'il Teût maltraitée, sa courageuse captive lui avait tenu tête et avait été remise en liberté sur l'intercession des soldats attirés par ses cris. On citait de nombreux traits de violence où il était d'ailleurs encouragé par sa maîtresse. D'une honnête famille de la bourgeoisie lyonnaise à laquelle elle ne pouvait pardonner les blâmes que méritait son inconduite, M"'' F*** avait tiré elle-mt^me du camp de Caluire un coup de canon sur la ville, dans la direction de la place Bellecour, espérant atteindre quelques voisins dans le quartier qu'elle avait habité.