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AU NOM DE LA LOI SUPRÊME

Les membres du Comité de Salut public du département de Rhône-et-Loire requièrent le commandant de l'Arsenal de ne reconnaître aucune force armée, soit pour lui donner des secours, soit pour entrer de force dans ledit arsenal, ils le requièrent, en outre, de faire agir sa troupe en cas de résistance avec fermeté et de concert avec le commandant de Tarlillerie, pour repousser la force par la force.

A Lyon, le 28 mai 1793.

Bertrand '.

Le commandant était absent de l'Arsenal au moment où se présentèrent les délégués des sections. Ceux-ci s'adressèrent au lieutenant-colonel de Gueriot de Rué, qui

1. Alexandrine clos Echorolles, une Famille noble sous la Terreur, publiée et annotée par M. Hené «le Lespi nasse. Paris, Pion.

2. Rapport de police. {Arc/iives historiques de la Guerre j armée des Alpes.)

3. Mrme domment. — Cf. aussi Jmu^nal fie Lyon {Histoire parlementaire de lu Révolution, par Biichr'Z et Koux. p. 29).

4. R'illevdier, Histoire politique et militaire du peuple de Lyon, t. 1, p. 107.

n'ayant reçu personnellement aucun ordre, n'opposa point de résistance ^ et laissa les bataillons des Sections occuper le bâtiment. Une partie de ces troupes revint d'ailleurs sur la place Bellecour, où se trouvaient rangés déjà vingt bataillons en armes, dévoués à la cause de l'indépendance.

Un officier fut envoyé à la recherche des commissaires des Sections pour leur olfrir de siéger dans le vaste local dont on venait de s'emparer si facilement. Il était onze heures du matin ^.

Les commissaires ne s'étaient réunis qu a dix heures et demie dans la salle de la bibliothèque de l'ancien couvent des Jacobins*, à peu de distance de la place Bellecour. Ils étaient au nombre de vingt-sept, représentant vingt-sept sections, et avaient procédé à l'élection de leur bureau. On avaitnommé président M. de Fréminvillc, ancien membre du Conseil général du département, très estimé pour son caractère honorable et ses connaissances juridiques, et vice-président M. Mathon de Lacour, qui s'était toujours occupé d'œuvres philanthropiques; les fonctions de secrétaire étaient confiées à un honnête comnaerçant, nommé Napoli.

Aussitôt le bureau constitué, les commissaires des sections avaient juré de maintenir la liberté, l'égalité, la République une et indivisible et la représentation nationale'*. Ils avaient prêté, tous, un second serment non moins solennel : « Sauver la cité ou attendre la mort à leur poste"\ » C'est alors que leur parvient la nouvelle de l'occupation de l'Arsenal par les bataillons scction-

1. Rapport de polûre au Comité de Salut public. {Archives historiques de la (fuerre^ Armée des Alpes^ d<tssier des pièces historiques.)

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