Morin, t. III, p. 283-28 i
3. Nous donnons ici ce qu'a rapporté la tradilion. Toutefois, M. Steyert, le savant historien de Lyon, conteste l'exactitude do la fleur de lys et dé clare qu'il y avait seideuient un timbre sec, fij^urant un faisceau surmonté d'un bonnet rouge et entouré de canons et de drapeaux, et que le filigrane portait seulement le nom de Ly(»n. '^Steyert, Souvc/tc hisfoitu' tie L;/on, p. 531.)
312 l/lNSLRRECTIOX DE LVO> EN 1793
ComiU^ demanda à Précy de rassurer Topinion, il fit afficher une très lonf^e protestation qui commençait ainsi :
CiTOYSXS,
Si quelque chose pouvait altérer les sentiments d*un homme qui, sans autre intérêt que celui du bonheur public s'est dévoué à la défense d*une cité où il fut appelé par le vœu de tous les gens de bien, ce seraient sans contredit les propos que la multitude eiïrénée et soldée par les ennemis se plait à répandre contre moi.
Citoyens, mon âme est pure, ma conduite est sans reproche et je n'entrerais dans aucun détail, si je ne craignais que des ûmes faibles ne se laissassent séduire par ces calomnies outrées et astucieuses... une pusillanimité aussi impardonnable chez des hommes libres entraînerait nécessairement la chute et la perte d'une ville immense.
Précy continuait sur ce ton de mémoire judiciaire plutôt que de proclamation militaire. Il rappelait que les Lyonnais avaient pris les armes pour résister à l'oppression, etc., toutes vc^rités connues, dans une phrase imprégn(^e de IVmphaso du temps :
Des Français qui tirent sur des Français avec autant d'acharnement, et aussi exécrablement ne devraient-ils pas rougir de servir d'instrument à la haine et à la passion du plus despote des mortels?
Le gt^n(^ral constatait que le bombardement était peu de chose h ccMé des menées perfides de certains habitants de Lvon:
Vos vrais cMinemis sont dans votre sein, ce sont eux qui ont incendié votre arsenal, ce qui a entraîné la perle des maisons voisines, ce sont eux qui la première nuit du bombardement se hAtèrent de mettre le feu aux différentes maisons de la rue PJal-d'argent et de la Grande-Rue. Ce sont eux qui, par leurs cris incendiaires, répandirent l'alarme dans la ville et empô-
chèrent les honnêtes gens timides, de porter des secours; ce sont encore les mêmes ennemis qui, dans ce moment, par des bruits sourds et calomnieux, cherchent à semer le découragement... Braves Lyonnais, votre sort est entre vos mains, la destinée de la République dépend de votre fermeté, donnez à Tunivers entier Texemple du courage et du désintéressement le plus déterminé, surveillez vos ennemis intérieurs, chassezles de votre sein, mais soyez fîdèles observateurs des lois, que rinjustice ne vous en fasse point commettre, forcer Tennemi commun à respecter votre modération et à craindre votre courage et si vous mourez en défendant votre patrie, il n'existera pas d'honnête homme dans les siècles les plus reculés qui ne jalouse votre sort.
L'ennemi peut détruire, brûler vos maisons, mais au milieu de ses désastres le bon Lyonnais doit paraître ferme et inébranlable. Prononcez donc bien votre vœu : que les méchants tremblent et que les gens de bien vous admirent !
Précy*.
Le Comité de Surveillance générale et de Salut public, intervenant à son tour, rappelait les mesures indulgentes qu'il avait prises. Ce n'était vraiment pas la peine d'avoir constitué un tribunal militaire, Dubois-Crancé frappait plus dur:
Citoyens,
Depuis vingt jours des monstres altérés de notre sang et de nos fortunes égarent nos frères des départements et font couler par des mains fratricides le sang français ; assiégés, bombardés, incendiés nous usons d'une légitime défense et résistons à Toppression.
Nos ennemis sont appuyés par un parti qu'ils fomentent, soutiennent et soudoient au centre même de cette cité. C'est le parti qui nous fait tout le mal, c'est lui qui a incendié l'arsenal qui a mis le feu aux maisons des rues Longue et du Plat-d'argent, qui par des signaux a indiqué aux assiégeants les endroits où ils devaient diriger leurs bombes et leurs boulets, qui a