‹ Contre la terreurChapitre 213 sur 400 · Atxhives dêparLenien taies, 26 août · texte numérisé non relu

Atxhives dêparLenien taies, 26 août

310 l/lNSURRECTION DE LYON EN 1793

Précy en rase campagne. Peut-ôtre même ces troupes auraient-elles acquis assez vite les qualités militaires qui leur manquaient mais leur petit nombre, six mille au maximum et non pas dix mille comme on Tavait espéré, ne leur permettait pas d'affronter, en dehors des opérations de sortie et de la défense de leurs positions, les trois divisions du général Kellerraann, qu'allaient d'ailleurs incessamment renforcer les réquisitionnaires recrutés par la Convention.

Précy avait organisé, avec Tesprit méthodique de la vieille armée à laquelle il avait appartenu si longtemps, un service de surveillance d'une extrême vigilance. 11 s'en occupait personnellement et sans la moindre négligence; une partie de son état-major parcourait tous les postes et lui signalait les imperfections auxquelles il remédiait aussitôt dans la mesure du possible.

Chaque jour, le général Madinier commandait, dans chacune des sections, un détachement de 24 hommes armés pour un service de garde ou de piquet de vingtquatre heures, 15 hommes sans arme, de service chaque nuit de six heures du soir à sept heures du matin ; ils devaient être prêts à porter des secours partout où il serait besoin pour les divers incendies ou éboulemonts.

Des ouvriers d'art, forgerons, maîtres maçons et maîtres couvreurs, devaient également se tenir à la disposition du commandant des pompiers, leur nombre était déterminé par les comités de section.

Au sommet des édilices élevés, des hommes connus pour leur sang-froid et ayant bonne vue étaient placés le jour en vigies et signalaient les points de chute des bombes.

Il devait y avoir des cuves remplies d'eau à l'entrée (le chaque maison. Le pavé des quais et des rues principales avait été enlevé pour éviter les éclats de pierre toujours dangereux.

Ces mesures de sécurité ne suffisaient pas pour maintenir l'ordre et le calme dans une ville soumise à toutes

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les péripéties d'un bombardement, à toutes les menaces d'une prise d'assaut. Il fallait assurer la vie matérielle de la cité, tenter de ressusciter un semblant de commerce, de relever un peu les quelques affaires qui se traitaient encore et enfin de constituer une sorte de trésor public.

Les ressources numéraires, provenant de l'emprunt de trois millions de francs, étaient presque épuisées, le Comité de Surveillance générale et de Salut public décida la création d'un papier-monnaie, dit papier obsidional, jusqu'à concurrence de 1.5(X).0<3<) francs. Cette valeur avait pour garantie les engagements écrits d'un grand nombre d'habitants de Lyon, propriétaires d'immeubles ou capitalistes qui s'engageaient à fournir les fonds.

Une caisse ouverte k l'hôtel commun remboursait les coupures quand on en présentait pour 400 livres. Il y en avait de 5 et de 20 livres et de 25 à 50 sous.

Lorsque le papier fut mis en circulation, on s'aperçut que le filigrane renfermait une fleur de lys placée à l'un des coins, un grand nombre de Lyonnais protestèrent* ;les sections se firent les interprètes de ce mécontentement, le Comité de Sûreté générale déclara que les employés du bureau financier avaient fait usaged'ancien papier fabriqué en 1790, « faute de temps et de moyens pour s'en procurer autrement », mais que l'emblème proscrit allait disparaître'^. En effet le papier fut coupé dans l'angle qui portait la fleur de lys -^

Cet incident fut exploité contre le Comité et surtout contre le général en chef qu'on accusait, malgré la correction de son attitude, de trahir la cause républicaine. Le

i. Louis Rlanc, lllsttnre de la Hévo/nHon, i. IX, p. 2ri6. Voir note, p. i46 hh.

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