Récit de Barge dans l'appendice déjà cité, p
330 l'insurrection de lyon en 1793
cherchent à gagner la montagne, du côté d'Eculieux ou de Saint-Bonnet.
Servant ordonne la poursuite dans ce pays difficile, mais les paysans qui onl battu en retraite reviennent brusquement par les pentes de droite, qui dominent la petite infanterie lyonnaise, cherchant à la tourner et à surprendre Montbrison *.
Un détachement de 50 Lyonnais composé de bons tireurs les arrête, en engageant le feu par-dessus un ravin qui les sépare et les oblige de nouveau à la retraite en dessinant contre eux un mouvement offensif sur la droite.
Le combat s'était borné à une longue fusillade sans grand effet, à cause de Téloignement; la nature du terrain se prêtait mal à Temploi de l'artillerie. La nuit venait et il pouvait être imprudent de rentrer à Montbrison dans Tobscurité, en s'exposant à tomber dans quelque ^uet-à-pens. Les vainqueurs du 3 août bivouaquèrent joyeusement, tout en faisant bonne garde.
• Au point du jour, Servant ordonna le retour à Montbrison, co qui se fît sans incident. On apprit alors qu'une troisième colonne de paysans jacobins avait tenté d'attaquer Montbrison parla route de Saint-Rambert. Arrivés à Sury-le-Comtal, ils avaient rencontré quelques-uns des fuyards de Moingt et appris le succès des Lyonnais dans la matinée. Ils s'étaient alors débandés et retirés dans la direction de Sainl-Rambcrt et de Saint-Marcellin, ne se doutant pas que la troupe de Servant était tout entière employée à combattre les insurgés de Boën et que Montbrison n'était pas défendu '•.
Les administrateurs du district avaient quitté la ville et n'osaient y rentrer après l'appui qu'ils avai(»nt ouvertement donné aux adversaires des Lyonnais; ces derniers appréciaient de plus en plus l'accueil sympathique de la population.