Id
l.e jeune commandant (lu corps lyonnais accepte volontiers les conseils des officiers qui font partie de la colonne, à condition qu'il ne soit pas question de retraite; il écoute surtout ceux des gentilshommes foréziens qui connaissent bien le pays, comme MM. de Meaux de Merlieux et de Vaugirard.
Vne vague rumeur annonçait le voisinage de rennemi. On l'apercevait brusquement, marchant en bandes plutôt qu'en troupe ; gardes nationaux, paysans, chemineaux, au nombre de deux ou trois mille ^ agitaient, les uns des fusils, les autres des piques, des serpes emmanchées. Bruyas et Barge étaient au milieu de cette foule ^ qui venait déjà de commettre une tentative d'assassinat, à la sortie de Boën, sur M. Burdel, commissaire lyonnais qui l'avait rejointe par dos chemins détournés et rengageait èi ne pas continuer sa marche. Dus ses premières paroles, les Jacobins lui tirèrent plusieurs coups de fusil et de pistolet. On le laissa pour mort ou mortellement blessé. Il n'en était rien heureusement, car la nuit M. Burdel se traîna malgré ses blessures jusqu'à Montbrison.
Les Lyonnais et leurs amis de Montbrison formaient un petit bataillon de 250 fantassins seulement, avec une cinquantaine de cavaliers et quelques canonniers. Leur contenance calme et résolue, leur attitude disciplinée, leur tenue militaire bien qu'un peu bigarrée, mais propre et soignée, leur donnaient l'aspect d'une troupe de ligne, en présence d'émeutiers.
Les deux pièces d'artillerie ouvrent le feu au commandement de Servant, à bonne portée; les fantassins lyonnais tirent par salves. Les assaillants ripostent mal, sans précision, précipitamment, bientôt ils reculent et se débandent. Les uns, administrateurs en tète, courent se réfugier à Feurs^; d'autres se rejettent sur Boèn ou
i. Cette évaluation est donnre par le manuscrit de M. dcPoncins,p.l26.
2. Cf. récit de Har^e dans l'appendice de l'Expédition du Forez, par Puy.