‹ Contre la terreurChapitre 246 sur 400 · Collection Goste, pièce · texte numérisé non relu

Collection Goste, pièce

lA VIE A LYON SOUS LES BOMBES 353

Certains cavaliers, surtout dans le détachement d'Oullins, faisaient preuve d'un esprit d'initiative et de qualités d'observation que pouvaient leur envier bien des officiers de carrière. L'un d'eux, nommé Deboze, d'une famille de petits commerçants, se distinguait en toutes circonstances par sa hardiesse. D'une taille élevée et d'une force exceptionnelle, il cherchait toujours à provoquer les soldats de Dubois-Crancé. Deboze comprenait mal les ménagements dont on usait à Lyon à l'égard des prisonniers faits à Tennemi alors que nul n'ignorait l'exécution du lieutenant Guillot, des chasseurs à cheval, capturé dans l'escarmouche du 8 août. On savait que les blessés eux-mêmes n'étaient pas épargnés par les Crancéens'.

L'un des défenseurs de Lyon, M. J.-B.-M. Xolhac, qui a laissé d'intéressants souvenirs '-^ a mis en relief les qualités de ses camarades. « Les jeunes gens lettrés » fai^saient preuve de fermeté devant le danger et s'acquittaient avec exactitude de leurs devoirs militaires, mais ils manquaient d'enthousiasme et d'entrain. Ces qualités s'affirmaient, au contraire, dans cette classe si nombreuse connue à Lyon sous la dénomination des commis de magasins et faisaient la principale force de la petite armée-* . Il y avait aussi des jeunes ouvriers pleins de dévouement et de courage '* avec lesquels rivalisaient d'ailleurs beaucoup de jeunes gens appartenant à des familles riches et bien posées; « rien dans leur allure ne dénotait de la pusillanimité, mais les poltrons étaient, sauf cependant les exceptions, les gens à écritoire, ceux qui, par quelque minime emploi, tenaient à ce qu'on appelle la bazoche. Ceux-là parlaient beaucoup, faisaient

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