Souvenirs de la Révolu f ion à Lt/on. p
2. Et non à l'Hôtel de Ville, comme le dit par distraction M. Nolhac dans ses SouvernrSy p. 198.
L'ennemi reprenait son bombardement avec une intensité inaccoutumée et le commandant des Brotteaux en faisait prévenir d'urgence le général en chef qui, attendant une communication des corps administratifs, s'était rendu à THôtel de Ville et, dans une petite salle basse, s'était couché sur un matelas. Au jeune Nolhac qui lui rendait compte de cette pluie de projectiles, ce dont il était resté très naturellement impressionné, le vieux soldat répondit avec flegme : « Tant pis pour les cheminées. » Le mot fut répété aux avant-postes et obtint un franc succès*. La bonne humeur ne se démentait pas et contribuait à tenir en éveil la surveillance des sentinelles et des troupes de piquet.
En dépit des bombes et des boulets, les femmes applaudissaient volontiers aux actes de courage ou d'adresse, on les voyait souvent auprès des batteries, surtout sur le quai du Rhône où la canonnade était engagée avec Tartillerie du camp de la Guillotière. L'une d'elle, âgée de dix-sept ans, Marie Adrian, s'était enrôlée dans la même compagnie que son frère '*. M"" Deschamps servait aux grenadiers, montait des gardes et faisait le coup de feu à l'avancée. Sans être aussi militantes, deux jeunes femmes fort vertueuses et d'une grande beauté, M"'' Cochet et M"* Subrin, venaient souvent aux avant-postes. Souriantes et gracieuses dans celte atmosphère de danger, elles savaient, par leur charme et leur gais propos, donner du courage aux plus timides. .
Les chasseurs à cheval de Précy formaient le corps aristocratique; beaucoup d'entre eux avaient porté Tépaulette d'oflicior, d'autres appartenaient à la noblesse de la région ou à. la riche bourgeoisie de la ville. Ils recevaient fréquemment des visites de leurs femmes, de leurs fiancées ou de leurs amies. L*une d'elles, de la meilleure noblesse de Bugey, la marquise d'Yvolet, allait en com-