Lieutenant-colonel Bicliot. p
Bien que la redoute.de la Tour Salvagny dépendît de la zone confiée au général Rivaz, commandant le camp de Limoncst, elle était distante de ce camp de plus de deux lieues au Sud-Ouest, sur la route du Bourbonnais. Trois lieues la séparaient du bourg Saint-lrénée où se fit, à quatre heures du matin, la concentration de la colonne. Au dernier moment Précy, craignant dedégarnirTenceinte, n'emmena que 500 hommes d'infanterie, 80 cavaliers et quelques canonniers *.
Les troupes lyonnaises gardaient la formation de marche habituelle : en avant et formant Tavant-garde, les grenadiers recrutés parmi les hommes les plus grands, le bataillon de vétérans venait ensuite, suivi du bataillon dit de la Convention, la cavalerie était à Tarrière-garde, escortant un certain nombre de chariots • pour emmener les prisonniers... ou les blessés.
La colonne passa par Ecully, les Flachères et arriva vers sept heures du matin en face de la redoute sans avoir été découverte par aucun avant- poste.
Les ordres de Précy paraissent avoir été mal compris, car, au lieu d'attendre que les troupes lyonnaises eussent pris leurs dispositions d'attaque, Tavant-garde se précipita sans être soutenue, sur le front de la redoute. L'escarpement en était difficile à gravir, ce qui donna le temps au l*"" bataillon de l'Ariè^e de prendre les armes et d'accourir. Le bataillon des vétérans devait contourner la redoute sur la gauche et prendre les défenseurs à revers, M. de Savaron crut devoir soutenir l'avant-garde qui avait été promptement repoussée et attaquer de front ^. Son
\. Vallès, Réfleuioris historiques^ p. 94.
2. Archives historiques de la Guerre : Rapports des trois camps^ du 6 au 1 septembre 1193.
3. Archives historiques de la Guerre : Armée des Alpes^ septembre 1193 ; Rapports des trois camps^ précités.
4. « Le commandant du détachement était âgé et relevé du service depuis longtemps. C'était un Lyonnais brave, mais voilà tout. » (Vallès, Réflexions historiques, p. 94.)
406 l'insurrection de lyon en 1793
bataillon reçut alors plusieurs déciiarges de mitraille, ce qui mit le désordre non seulement dans ses rangs mais dans ceux du reste de la colonne. En vain le général de Précy ordonna-t-il de se disperser en tirailleurs pour offrir moins de prise au tir de lartillerie, ses soldats inhabiles à manœuvrer restèrent groupés en pelotons, se gênaient les uns les autres.
Deux escadrons dnb'' régiment de cavalerie les chargent à Timproviste. Au lieu de les repousser par des feux d'ensemble et de se diriger ensuite vers un bouquet de bois pour prévenir uûe nouvelle charge, les fantassins lyonnais attendent de pied ferme les cavaliers ennemis, gênant leurs proprescavaliers qu'ils ont enfermésdans leurs rangs et qui ne peuvent même pas faire le coup de pistolet, prisonniers de leurs propres camarades. Enfin Précy rétablit Tordre et avec la compagnie de canonniersdu bataillon dit de la Convention ^ qui a marché en fantassins, sans canons, il couvre le mouvement rétrograde du gros de sa troupe. Les cavaliers, avec le colonel de Vichy, exécutent à leur tour deux charges heureuses sur deux ou trois compagnies du bataillon de TArioge qui ont quitté leurs parapets pour couper la retraite aux Lyonnais.
La surprise est manquée. Du côté de l'ennemi, sur la droite, on entend battre la générale ; bientôt apparaissent deux têtes de colonne qui convergent vers la redoute. Précy, qui s'est tellement exposé que Tennemi Ta reconnu et que le bulletin destiné à la Convention le mentionnera comme blessé ', ordonne la retraite; il reste à Tarrière-garde avec les vétérans de M. de Savaron.
La colontie revient lentemonl en bon ordre, jusqu'à une lieue et demie de la Tour, elle fait halle sur un endroit élevé garni de bosquets, facile à défendre appelé le Puy d'or^ à peu do distance du villaj^e de Charbonnières.