Bulletin départemental^ w* 30, des "ï et 8 septembre
4. Lire Civens, commune voisine de Salvizinet et de Feurs, comme on verra piu.s loin, et non Sauvain, du canton de Saint-Georges-en-Gouzan, à peu de dislance de l'Auvergne.
que Montbrisonnais, vers ce rassemblement que j'ai évalué à 3 à 4.000 hommes. Je Tai attaqué sur les onze heures et je l'ai entièrement dispersé après leur avoir tué plus de 100 hommes. Nous n'avons point fait de prisonniers parce que les fuyards se sont trouvés de bonnesjambes. Nous n'avons eu qu'un chasseur de tué, point de blessé. Je ne saurai trop me louer de la valeur et de rintrépidtté de nos braves frères d'armes. On a pris trois chevaux et quelques provisions qui ont servi à ravitailler la troupe.
RiMBERG.
Ce que ne disait pas le Bulletin^ c est que Précy avait remis à rémîssaire de Rimberg un laconique billet le félicitant d'avoir vaincu Icnnemi, mais lui demandant «des farines ou des grains à tout prix; ceci seulement pouvait sauver Lyon ».
Le même Bulletin assurait que Tarmée de Carteaux n'était entrée à Marseille que par trahison, qifil y avait eu dans les rues une bataille de trente-six heures, que la ville avait été pillée pendant plusieurs jours, que les Anglais survenant inopinément avaient battu Tarmée de la Convention, que son général avait été pris et fusillé*. Une telle fable n'aurait pas dû être inventée par les corps administratifs, surtout pour mentionner une prétendue victoire de l'étranger. La population intelligente de Lyon ne parait y avoir accordé d'ailleurs aucune créance.
Si les courages se soutenaient, les ressources n'en commençaient pas moins à s'épuiser. Rien n'était encore arrivé du Forez que des prisonniers, c'est-à-dire des bouches à nourrir que les autorités administratives ne pouvaient jeter à la guillotine comme l'eut fait Dubois-Crancé. Dès le 10 septembre, le Comité des Subsistances décida que chaque citoyen devait se contenter d'une livre de pain; la ration de la force armée devait être provisoirement
Bulletin déparlemenlal, n» 30, des 7 et 8 septembre.
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maintenue à une livre et demie pour chaque soldait Les officiers étaient au môme tarif.
Pour relever le crédit de la ville vis-à-vis de ses fournisseurs, les corps administratifs autorisaient les sections à faire saisir, jusqu'à concurrence du quadruple de la contribution publique, tous les fonds et dépôts connus appartenant aux citoyens absents qui n'avaient pas concouru à ladite conlribution arrêtée par les sections. Les fonds saisis devaient être de suite versés dans les caisses des sections, sous la surveillance des juges de paix ou de leurs assesseurs.
Uniquement préoccupe de son devoir militaire et sans illusion pour Tissue de la lutte, Précy organise le service de place par Tordre du jour qui suit :
Au quartier général le. H septembre 1793. An II de la République française
Dans la position où se trouve la cité, il est nécessaire d'y établir un ordre qui en assure la défense.
D'après ces considérations :
1° Les bataillons, les compagnies casernées et tous les postes quelconques prendront les armes à la pointe du jour et y resteront jusqu'à huit heures.
2" Tous les citoyens s'arrangeront de manière à ce qu'ils aient soupe à cinq heures du soir pour pouvoir être rassemblés au besoin et répartis dans les dilTérents points d'attaque.
3" Les bataillons placés le long du Rhône iront alternativement renforcer les postes des Brotteaux; ce mouvement se fera tous les soirs à six heures pour que chaque commandant puisse reconnaître les postes qui lui seront confiés'.
De nouvelles mesures étaient édictées contre « Taccaparenient )^ des subsistances : les commissaires de police devaient faire enlever (^ les farines fines et les sons » chez
1. Var-sen, Documenh imprimt's : Lyon en 1"1)3, le Siège, p. 116.
2. Par ordre du général, si^aié : Boyriveii. secrétaire (collection d'autographes Hosas .
les boulangers pour empêcher qu'ils ne puissent en faire un usage pernicieux, ces agents de Taulorilé devaient empêcher les boulangers et pâtissiers de faire aucune espèce de pâtisserie, biscuits, ctc^ Les particuliers ne devaient garder chez eux aucun approvisionnement de farines ou de grains *. Il fallait « aux citoyens soldats, même casernes » une carte du commandant de bataillon pour pouvoir acheter du pain: mais ils ne devaient point figurer sur les cartes de famille délivrées par les comités de section. Une forte amende et un emprisonnement de huit jours punissaient toute fausse déclaration.
Ordre était donné aussi à tous les propriétaires, débitants et marchands de poudres de remettre les poudres qu'ils possédaient entre les mains du général Précy ou de son délégué qui leur en paierait la valeur -^
Dans cette atmosphère dé surveillance, de délation, avec les angoisses du lendemain et déjà les premières affres de la faim, le bombardement continuait ; « les différentes batteries ont fait un feu soutenu pendant la nuit », dit le rapport du camp de la Guillotière*.
Les prisonniers et les citoyens incendiés devaient être nourris avec du gruau et des légumes, d'après les rations fixées par le Comité de Subsistance*'». La section de Guillaume Tell demandait que les prisonniers du 29 mai fussent alimentés lutif armement et sana luxe, prétention bien naturelle de la part de leurs vainqueurs, qui réclamaient aussi que toute communication leur fût interdite avec les étrangers.
La section de Saint-Vincent émettait le vœu, en raison du petit nombre des moulins du Rhône, que Tadministra-
1. A peine de 500 livres (ramendcs. dont la moitié pour le dénonciateur.
2. L'II(UeI-Dieu. la Charité, les hôpitaux militaires et les boulangers seuls exceptés. (Huile tin départemental, du 7 septembre.)