Broutin, Histoire de la ville de Feurs, p
yeux les plus doux, tant le sentiment d'une cause juste trempe les courages. Rimberg inspirait à tous une entière confiance avec sa fringante tournure d'officier, sa vigoureuse maturité, sa décision calme et cet air « souriant* » si gracieusement courtois.
La colonne arrivait en vue de Vaugneray quand des émissaires revinrent, dans la soirée du 14, annoncer que les troupes de la Tour Salvagny occupaient tout le pays sur la rive droite de la Saône, depuis Saint-Rambert jusqu'à Eculyetméme les alentours du bourg Saint-lrénée... On avait aperçu des hussards à Craponne, et derrière eux, une longue colonne d'infanterie.
L'arrivée de la troupe de Rimberg doit être signalée. Pour ne pas être cerné, il faut quitter la grande route, tourner le hameau des Aiguillons, franchir l'Izeron presque à sec et marcher sur Francheville, mais les lourds chariots qui portent les approvisionnements de grains ne pourront pas suivre la colonne et celle-ci ne pourra pas aussi facilement se déployer. Le général ordonne do continuer la marche sur la grande route.
IJinspiration était bonne. La fameuse colonne qui avait effrayé ces émissaires avait probablement rejoint son camp ou peut-être n'était-elle qu'une forte patrouille. Quoi qu'il en soit, la colonne du Forez ne fut pas attaquée. Elle marcha jusqu'à une heure assez avancée de la soirée et établit son bivouac, dans une petite vallée sur les bords du ruisseau de Charbonnières, à peu de distance de la route et du village de Tassin. La pluie tombait à flots et si elle rendait pénible ce campement en plein air, elle en étouffait le bruit et en protégeait le secret. Rimberg envoyait à Précy par un soldat lyonnais adroit et brave la nouvelle de l'arrivée de la colonne. Au général en chef maintenant d'orienter le détachement et de lui ouvrir les portes de la place.