LES SOMMATIONS DE CHATEAUNEL'F-RANDON
La colonne Lécuyer n'eut qu'une douzaine d'hommes hors de combat. L'adjudanl-général Lécuyer, le chef de bataillon Roussin et les capitaines Boullet, du 5" bataillon des grenadiers, Glottes et Andrieux, du l'' bataillon de TAude, entraînèrent leurs compagnies en tôte de colonne et derrière elles les grenadiers de la Côte d'Or avec les piquets de la Charente. Ils enlevèrent une maison qu'on appelait la maison Bachilas^, à côté du poste du centre.
Les troupes de la Convention, encouragées parleur succès, voulurent attaquer alors le poste du centre, ainsi appelé comme nous l'avons dit, parce qu'il occupait le centre du plateau de la Croix-Rousse, à la hauteur du chemin de la Boucle. La batterie Gingenne les couvrit de mitraille* et l'infanterie lyonnaise reprit l'otlensive, avec un merveilleux entrain. Les gendarmes à pied et les grenadiers du Change montrèrent beaucoup de solidité. Le brave Gingenne eut la jambe gauche emportée par un boulet.
Précy, qui était accouru dès le début de Tattaque et qui ne s'était pas ménagé à la défense du poste du centre, rendit justice h l'intervention de la batterie Gingenne*"*, ainsi qu'à la bravoure des grenadiers et chasseurs de rUnion, de la Convention et de Washington et des gendarmes à pied ; ces derniers, en vrais soldats, avaient résolument chargé à la baïonnette. De part et d'autre, l'estimation des pertes nous parait très contestable. L'appréciation du Bulletin départemental porte celles de l'ennemi à 200 hommes tués ou grièvement blessés, elle est certainement exagérée.
On tenta de cacher la blessure de Gingenne pour ne pas attrister la population qui l'aimait beaucoup. L'organe départemental rendit un juste hommage à la jolie Marie Adrian qui, en servant les pièces, avait été blessée aux