LES SOMMATIONS DE CHATEAUNEUF-HANDON
marquis Costa de Beaurogard dans les Souvenirs du comte de Virieu, quand enfin les munitions furent sur le point de (manquer dans la redoute, le feu cessa. Chacun des survivants chargea son fusil de sa dernière cartouche; puis on s'embusqua derrière Téboulis de murailles, et quand chacun eut devant soi une poitrine ennemie, les dix hommes qui restaient firent feu. Se croisant alors les bras, ils attendirent la mort en échange de celle qu'ils venaient de donner, mais si héroïque qu'elle fût, la défaite n'en livrait pas moins à l'ennemi l'accès dé Lyon. 11 pouvait prendre en flanc maintenant toutes les défenses de la Croix-Rousse et rendre la position de ses défenseurs intenables*. »
Une accusation de trahison a été portée à ce sujet par le commissaire des guerres Vallès^ contre M. de Fontet, commandant du quartier de Vaise,dont relevait le post« de la Duchère. Sans aller jusqu'à tenir pour prouvée une telle accusation'^, on peut reprocher tout au moins au colonel de Fontet'' de n'(^tre pas resté en communication avec son poste avancé et, quand il avait entendu la canonnade, de ne pas avoir tenté de le soutenir ou tout au motus de recueUlir ses défenseurs, alors que la porte de Vaise n'était pas attaquée.
Le reproche d'ailleurs, au point de vue militaire, doit porter plus haut et remonter jusqu'au général en chef. Précy avait eu certainement tort de ne pas affecter à la défense du château et à la conservation d'une position dominante deux ou trois bataillons et de l'artillerie, en quantité suffisante. Uu côté des assiégeants l'adjudant-
1. Marquis Costa de Beauregard, ie Roman d'un rof/aliste pendant la Revolution, p. 361-362.