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Rapport de Couthon, i)récité

DÉCOURAGEMENTS ET DÉSORDRE 51 i

subsistances manquaient de plus en plus, on battait en cachette, dans la cathédrale, quelques gerbes de blé prises dans les campagnes et destinées à faire un peu de pain pour les blessés. En dehors de la troupe, les habitants, même les plus fortunés, ne mangeaient plus qu'une poignée d'avoine et quelques amandes. Les chevaux tués dans la journée du 29 étaient vendus 40 sols la livre. Cinquante gendarmes auraient cessé leur service et un bataillon tout entier de la garde nationale, celui de la place des Cordeliers, se serait muliné, on avait dû le désarmer et le faire travailler de force aux redoutes *.

L'allégresse fut grande au quartier général do la Pape oii les huit représentants se tenaient en conseil de guerre permanent. L'épuisement et le découragement allaient avoir raison de la ville rebelle.

Ses défenseurs veillaient encore, du moins les plus dévoués, les plus énergiques. Saint-Irénée et Saint-Just, devenus les points les plus menacés, avaient été réunis sous le commandement du chevalier de Melon, avecMonlcolon, le neveu de Précy, comme commandant en second. Ces deux officiers pouvaient parler en toute liberté de l'émigration et des campagnes de l'armée de Condé, les e*spions s'occupaient de découvrir les derniers vivres. Précy ne sermonait plus les jeunes imprudents mais il rappelait h son lieutenant Arnaud que le recueillement de l'ennemi faisait prévoir une reprise d'offensive :

Lyon, le 4 octobre 1793.

Tout annonce que vous serez attaqué. Je vais vous envoyer ce que je pourrai de forces. Disposez de très bonne heure vos postes. Placez-les le long des murs entre Saint-Irénée et Trion avec deux redoutes de retraite. Que ces retraites soient garnies d'avance de troupes. Je vais travailler à vous fournir ce que je

1. Bulletins imprimés, n* 32 : Hap/wrl d'un citofjen sorti ce matin (4 octobre) de Lyon, fait au représentant du peuple Gauthier.

512 l'insurrection de lyon en 1793

pourrai. Je ne puis vous assurer d'être de très matin auprès de vous, parce que Ton m'annonce plusieurs attaques. Je m'en rapporte à votre valeur et votre obligeance.

Votre concitoyen y ' Prkcy.

Et de récriture d'un aide de camp ;

Je vous envoie le nouveau mot d'ordre que le général vient de changer et que vous ferez passer à vos postes : Mot dC ordre : Saint-Marc et Marseille.

Ralliement : Espérance.

Au Citoyen Arnaud, commandant au cantonnement de Saint-Justet Saint-Irènée*.

Le chevalier de Melon recevait en môme temps un autre avis de son camarade, le comte de Clermont-Tonnerre qui, en raison de son expérience militaire et de son grade de maréchal de camp, donne d'utiles conseils à Tancien sous-lieutenant du régiment de Penthièvre :

Du camp de Saint-Gcor«res, le 4 octobre 1793.

Tout annonce, mon cher camarade, que vous serez attaqué ainsi que moi et le poste de Perrache demain de bonne heure. Je vous invite à faire construire promptement une batterie de deux pièces sur le plateau que je vous ai indiqué, le tout sera de la plus grande utilité et peut seul sauver votre poste qui sera fouaillé vigoureusement avec du 24.

Si on avait, dès la nuit dernière commencé l'épaulement de ces deux pièces, vous auriez été couvert pour demain. Cependant ne négligez rien et observez que cette batterie est le pendant de celle de la maison Loyasse - et gênera au moins autant qu'elle les batteries ennemies. Je prends encore la liberté de vous conseiller de chercher à masquer sur le terrain de Saint-Irénée une pièce de i, qui correspond sur la même ligne

1, Ciilleclion Cos/e. liihliothèque /nunici/Kile de Lt/oti

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