Journal de I.'/on
6. Extrait des refristres de la stction de Porte-Froc, du 13 juin 1*93.
à mitraille^ Il fait signe de la main qu'il veut parler-; le bataillon du Change s'arrôte; on ne doute pas, dans ses rangs, que roffîcier jacobin ne veuille parlementer, mais ce n'est encore là qu'une indigne trahison. Riard s'est rejeté d'un bond dans la boutique d'un marchand de faïences dont il a eu la précaution de laisser la porte ouverte, et là il a fait un signal avec son chapeau^. Aussitôt un feu roulant de mousqueterie a éclaté du côté des Jacobins, leur pièce de canon a tonné et des maisons voisines les coups de feu crépitent sans interruption^. Les sectionnaires comptent encore de nombreuses victimes''; les survivants se sont groupés sous le commandement du chef de bataillon Casterizan, ils onl pu mettre leur pièce en batterie". Ce sont deux simples canonniers qui la servent : Amable (iarnier du bataillon de Porte-Froc, et un canonnier du Port-du-Templedonl le nom ne nous est pas parvenu, ils sont obligés de Tabandonner après avoir tiré un dernier coup de canon' et de se replier sur la colonne restée aux ordres de Madinier, qui occu[)e la place des Carmes.
Sur ce point l'avantage reste aux sections. Les Jacobins se décident à battre en retraite sur la place do la Boucherie des Terreaux. Les volontaires du Mont Blanc, que la municipalité a fait boire outre mesure^, se portent en avant avec du canon, mais sans ordre, sans discipline,
1. Jugement de Riard Beauvernois. (Extrait des Archirrs <lit ij refit» iln /rihjtnal criminpf, 21 juillet 1793.)
2. Morin. Hisfoirr rie Lt/mi depuis la Ih'rnhtfion, t. II. p. ■^^". Cf. note.
3. Jufjetnetif de Riard Hedurernois i^retfe criminel .Cf. aussi Extrait des registres de la seotion de Porte-Froc du 13 juillet \VX\.
4. (fUillon de Monlé«»n, t I, p. 204. — Ac/e d'accusation et Juffenient de Riard Beauvernois. précités.
■o. Jugement précité.
6. Guillon de Monléon mentionne plusieurs pièces de canon dans cette colonne et les fait abandonner au.v sectionnaires aprèsles avoir décharjrées. D'après le Journal de Lyon, il n'y avait qu'un canon, qui ne tomba pas nu pouvoir de l'ennemi.
7. Extrait des registres de la section de Porto-froc <lu 13 juin 17i)3.
8. Affiche inijtritnêe du batîiillon du Mfuit lUnnc. Archives natimnilcs, AF". 339-34^.4^.}
en chantant, aussi les bataillons de Madinier les repoussent-ils aisément jusqu'à la place de la Boucherie. Un poste avancé des sections avec un canon est placé à Tangle de la cour des Carmes ^
Des pièces d'artillerie arrivent de l'Arsenal, Madinier les fait mettre en batterie aux débouchés des rues de la Lanterne et de la Cage^. Avant que cette artillerie n'ait ouvert le feu, le bataillon du Port-du-Temple reprend de lui-même l'ofiFensive, sa compagnie de grenadiers charge à la baïonnette le bataillon du Mont Blanc, qui se replie en désordre sur l'Hôtel de Ville -^ Les canons des sections tirent à mitraille sur les Jacobins qui évacuent la place des Terreaux, essayent de pénétrer dans l'édifice municipal déjà encombré et, ne pouvant y arriver, se réfugient dans les cafés et les maisons de la place.
Les sectionnaires, massés à tous les débouchés, échangent des coups de fusil avec les tireurs postés aux fenôtres ou sur des terrasses. Une pièce en fer du bataillon du Portdu-Temple éclate, tuant ou blessant plusieurs de ses servants'* qui sont aussitôt remplacés'*. Les grenadiers de ce bataillon, voulant venger leurs camarades, se reportent en avant et veulent tenter à la baïonnette l'assaut de THôtel de Ville, Madinier les retient à grand'peine et fait redoubler lo feu de son artillerie^, réduite à deux pièces et disposant de peu de munitions; elle ne perd d'ailleurs pas un boulet. Un de ces projectiles traverse la grande porte de l'Hôtel de Ville et va briser l'inscription d'une plaque
1. a Placé entre le feu des indignes anarchistes qui faisaient boire contre mes ordres les volontaires du bataillon et celui des sincères amis des lois » [fiéclaralion du commandant).