Id
ttentif au moindre bruil. Vers deux heures du matin, par un temps de brume, il réveille ses compagnons et les remet en marche. A la sortie des bois d'Alix, il prend comme guides des paysans qui l'égarent. Enfin la colonne atteint Bagnols *, où elle trouve quelques vivres. Le temps qu'elle y passe à se ravitailler, environ une heure, permet à de nombreux détachements de gardes nationales de se rassembler et de se placer en embuscade dans la direction d'Amplepuis. « Le tocsin nous suivait partout, a dit Précy», et h cette sonnerie de guerre civile, les paysans se cachent derrière les haies, les arbres et tirent de préférence sur Tarrière-garde. Les malheureux Lyonnais qui tombent sont achevés à coups de crosse, de fourche ou de gourdin.
Précy fait quitter le chemin d'Amplepuis et prendre la direction des bois de Saint-Romain, en évitant les chemins et les villages*. La troupe, qui est maintenant réduite h 200 hommes, marche souvent en deux colonnes, quelquefois en bataille. Son général, h cheval, avec son [)etit groupe d'aides de camp, se met au centre, un peu en avant; il a reçu deux balles. Tune dans son chapeau, l'autre dans sa grande redingote bleue, que ne décorent plus les épaulettes étoilées. Sur la demande de ses officiers, il vient de les retirer et de les jeter dans un fourré. On rengage à changer de nom, à s'appeler le capitaine Antoine, il faut affirmer que le vrai général de Précy a été tué... N'est-il pas touchant, cet ingénieux stratagème des compagnons du proscrit**?
Les Lyonnais contournent le village de Saint-Vérand, dont le tocsin redouble à leur approche; les habitants,
1. La relation du f^'énéral de Précy ne parle pas d'une halte à Iloisd'Oingt, ainsi que rindicjue Ualleydier ;p. i73). Il semble d'ailleurs que cette petite ville, chef-lieu de canton, avec une garde nationale assez considérable, pouvait servir de loin de point de repaire, mais qu'il eût été imprudent d'y pénétrer.