CHAPITRE XXX
11 n'entre pas dans le cadre de cette étude de décrire avec détails la période de répressions à outrance qui terrorisa Lyon jusqu'à la mort de Robespierre. Nous en rappellerons brièvement et tristement les principales phrases. La commission militaire instituée auprès des représentants pour juger les Lyonnais rebelles et qui avait fait déjà exécuter au camp de Montessuy plusieurs prisonniers, vint opérer dans la ville. Elle fit comparaître sansdélai, sans instruction, tous les Lyonnais capturés pendant les deux journées du 9 et 10 octobre, et qui avaient été ontassés dans les prisons de Lyon (les Recluses, Roanne et Saint-Joseph) et jusque dans les caves de THotel de Ville. Le 12 octobre, Ferrus de Planligny Villeneuve et Lebon, aides de camp de Précy, furent condamnés et fusillés. Tous les trois, comme d'ailleurs l'immense majorité do leurs compagnons d'infortune, restèrent pleins (le dignité devant leurs juges et se montrèrent intrépides devant la mort.
Le surlendemain, 14 octobre, le chevalier de Melon restant toujours le général Arnaud, terminait son aventureuse carrière avec le courage chevaleresque dont il était coutumier. A ses cotés tombaient bravement aussi, sous les balles du peloton d'exécution, le lieutenantcolonel (irilîet (le Labaume et le lieutenant-colonel Schniidl, resté le compagnon de Précy jusqu'au dernier moment.
Mais ce n'était pas assez de fusiller des soldats, Couthon
et ses collègues créèrent * sous le nom de Commission de justice populaire- une juridiction spéciale pour tous les prévenus accusés d'avoir pris parla la contre-révolution, autres que ceux qui avaient été capturés, les armes à la main. Chaque Lyonnais ne pouvait désormais se flatter d'échapper à la proscription. Pour ne pas épargner le Forez, les représentants décidèrent qu'une commission spéciale fonctionnerait à Feurs dans les mômes conditions qu'à Lyon. Les vainqueurs de Lyon pouvaient ainsi se venger impunément de ceux-mômes qui n'avaient pas pris part à la lutte, la Convention manifesta son approbation.
Le 12 octobre 1793. sur la proposition de Barrère et îjans discussion, elle avait rendu le décret suivant:
La Convention nationale, après avoir entendu le rapport du Comité de Salut public, décrète :
Ahticlk premier. — 11 sera nommé, par la Convention nationale, sur la présentation du Comité de Salut public, une commission extraordinaire, composée de 5 membres pour faire punir militairement et sans délai, les contre-révolutionnaires de Lyon.
Art. 2. — Tous les habitants de Lyon seront désarmés, leurs armes seront distribuées sur le champ aux défenseurs, de de la République; une partie sera remise aux patriotes de I^yon qui ont été opprimés par les riches et les contre-révolutionnaires.
Art. 3. — La ville de Lyon sera détruite, tout ce qui fut habité par le riche sera démoli. 11 ne restera plus que la maison du pauvre, les ha])itation8 des patriotes égorgés ou proscrits, les édifices spécialement employés à Tindustrie et les monuments consacrés à Thumanité et à Tinstruction publique.
Art. 4. — Le nom de Lyon sera effacé du tableau des villes de la République. La réunion des maisons conservées portera désormais le nom de Ville- Affranchie.
Art. 5. — Il sera élevé sur les ruines de Lyon une colonne
\. Par arrêté du 11 octobre nî»3.