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Délibération du conseil général du déparlemenl

2. Le rapport de Nioche et Gauthier à la Convention, rédigé dix jours après, s'exprime ainsi : « Beaucoup d'arrestations ont suivi ce triomphe d'un parti contre lautre, les corps administratifs les ont fait discontinuer dès qu'ils l'ont pu. »

De nombreuses dénonciations parvinrent aux corps administratifs, qui en différèrent Texamen jusqu'à la réorganisation du service judiciaire.

Redoutant à juste titre Tanimosité des représentants, les nouvelles autorités de Lyon déléguèrent douze membres pour se rendre en toute hâte à la barre de la Convention, afin de protester du «civisme de la cité ». M. de Fréminville, Tancien président des sections, fut désigné pour présenter cette délégation et pour porter la parole, mission délicate et dangereuse. Ses collègues et lui partirent en chaises de poste, le 1*"" juin, comptant arriver le surlendemain a Paris. De graves événements devaient les y précéder.

11 s'agissait maintenant à Lyon d'honorer les victimes. A deux heures de l'après-midi, deux groupes de bataillons se dirigeaient vers la place Bellecour et la place des Terreaux, ils formaient bientôt sur chacune de ces places un vaste carré, au centre duquel des mains pieuses avaient amoncelé les dépouilles mortelles des victimes du combat. On en comptait plus de deux cents*. Le chiffre ne put jamais en èlre constaté officiellement*-.

Le maire Bertrand, si coupable par son inertie et surtout par ses complaisances à Tégard des Jacobins, fut extrait de sa prison et conduit sous escorte sur les deux places publiques pour assister à la reconnaissance des morts.

Péricaud, Tun des membres de la commission, lui reprocha brusquement sa responsabilité ; Bertrand balbutia et pleura -^ Un prêtre catholique prononça les dernières prières devant une assistance recueillie.

Les corps des victimes furent ensuite conduits au

1. L'abbé Guillon de Moiiléon, déclare que 600 Lyonnais avaient péri dans le combat. {Histoire du Sièye de Lijon, Paris et Lyon, an V, t. I, p. 213.) C'est aussi le chiffre que donne Vallès dans ses Réflexions historiques, Paris, Maurice, 1825, p. 25. Ce dernier compte en outre 1.000 blessés.

2. J. Morin, Histoire de Lyon depuis la Hérolution, t. Il, Paris, 1847.

APRÈS lùA VICTOIRE 61

champ du repos, la garde nationale formait la haie. La foule suivait en manifestant fréquemment sa douleur, des femmes et des enfants, vêtus de deuil, achevaient de donner à cette cérémonie le caractère le plus émouvante On remarqua Texcellente attitude de plusieurs délégués de la section du Port-Saint-Paul, qui Tavant-veille, avaient combattu pour la municipalité jacobine'-'.

Dans la matinée du 31 mai, le général en chef de Tarmée des Alpes, Kellermann, arrivait à Lyon^et se présentait aux représentants Nioche et Gauthier. Revenant de Paris et se rendant à son quartier général de Grenoble, il avait appris à quarante lieues de Lyon^ qu*à la suite d'un combat sanglant, la municipalité avait été renversée. Des causes du conflit, Kellermann ne savait rien et ne voulait connaître que Topinion des représentants dont il ignorait le triste rôle et les humiliations.

Tempérament alsacien calme et discipliné, un peu alourdi par les approches de la soixantaine, redoutant avant tout le mécontentement du Comité de Salut public si mal disposé pour les généraux de Tancien régime'», en dépit des gages donnés à la Révolution, le vainqueur de Valmy représentait bien Tobéissance passive militaire poussée jusqu'à ses extrêmes limites. Ni le glorieux passé de ce grand soldat, ni sa constante déférence à T égard de l'autorité civile ne devaient cependant lui éviter les injustes suspicions de Robespierre et de ses amis.

Les représentants dissimulèrent leur mécontentement et lui affirmèrent qu'ils avaient été des conciliateurs ; ils

1. Balleydier, Histoire du peuple de Lf/on, Paris, Ciirmer, 1845.

2. Les citoyens de cette section firent imprimer dans la nuit une afûche où ils déclaraient avoir subi la pression des réquisitions de Julliard, déclarant s'en repentir et se rallier au nom de la concorde générale, à la manicipalité provisoire. (Gonon, Bihlioffraphie de Li/on, pièce 1191.)

3. Il était accompagné de deux aides-de-camp dont son fils, le futur général de division d*Austerlitz et de toute l'épopée impériale.

4. Lettre de Kellermann à Bouchotte, ministre de la Guerre. Grenoble, 4 juin 1793. {Archives kisloriques de la ffuerre : Armée des /1/pes, juin 1193.)

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