‹ Contre la terreurChapitre 56 sur 400 · Archives nati&nales^ AF · texte numérisé non relu

Archives nati&nales^ AF

4. Le commissaire des guerres Desormeaux rend compte au ministre de la Guerre Bou<*hotte, le 30 mai, que Duchambon, commissaire ordcmnaleur de la \^ division vient d'être arrêté. — Cf. cotte lettre: Archives nationales^ AFn, 43.

64 l/iNSLRRECTION DE LYON EN 1793

Ce dernier, malgré ses vociférations habituelles, s'était tenu prudemment enfermé dans THôtel de Ville pendant la journée du 29mai^ Aussi n'avail-il pas pris son arrestation au sérieux, comptant sur l'intervention des commissaires de la Convention. Quand il réclama impérieusement le droit de correspondre directement avec le gouvernement de Paris, les gardiens intimidés y consentirent et remirent à la poste les déclarations furibondes de Tex-religieux.

Les autorités lyonnaises s'efforçaient d'ailleurs d'affirmer leurs sentiments de républicanisme et d'obéissance à la Convention. Le 31 mai, elles faisaient afficher de nouveau leur proclamation*'.

Redoutant d'avoir ordonné un peu légèrement l'arrestation de plusieurs citoyens qui contestaient les faits dont on les accusait, la municipalité provisoire rendit un arrêté aux termes duquel « il était adjoint au comité de police, de surveillance et de sûreté générale, un membre de chaque comité de surveillance établi dans chaque section. Le comité ainsi composé devait s'occuper sans relâche des moyens de reconnaître les innocents qui étaient parmi les détenus, pour pouvoir sans danger pour la cité et sans blesser la loi, leur rendre promptement la liberté-^ ».

Cette mesure fut accueillie favorablement; la population sentait que l'ère de la persécution était passée. Imprudemment quelques royalistes ne cachèrent point leurs

1. Chalier élait rentré pendant la nuit à son domicile cl avait j^anlé auprès de lui sa gouvernante « la Pia » et son ami tternascun. 11 fut arrêté dans la matinée du 30. Sur le parcours de sou logement à la i>rison de Roanne, la foule le hua et le frappa. (Louis Blanc, Histoire de la Révolution, t. VllI, p. 386 )

2. Lyon 31 mai 1793. A.-V. Delaroche Cf. aussi Gonon bibliographie historique de Lyon, p. 231, n* 19. Seules les signatures de Bourbon procureur syndic du district, et de Gonon, secrétaire-général remplacent celles d'Angelot, président et de Bregnier secrétaire. La te.xte est le même.

3. Arrêté portant la date du 1". Fonds Coste, classé par MM. Desvernay et Molinier à la Bibliothèque municipale de Lyon, n" 629.

AFHÈS LA VICTOIRE 65

espérances, ce qui motiva une nouvelle proclamation de la municipalité en date du 2 juin^ :

« Défense à tous les citoyens d'élever des cris séditieux contre le gouvernement républicain, de calomnier par des signes révoltants le vœu des citoyens manifesté dans tous leurs actes et en imposer à la République et à la Convention nationale, ni d'arborer aucun signe contre-révolutionnaire, il est enjoint à tous les citoyens et à la force armée de courir sur les factieux, de les arrêter, de les livrer sur le champ aux tribunaux pour être jugés dans les vingt-quatre heures ».

De leur côté, les trente et une sections de Lyon, c'est-àdire Funanimilé, crurent devoir affirmer leur dévouement à l'unité et à Tindivisibilité de la République ainsi d'ailleurs que leur respect pour les personnes et les propriétés*.

Seule, mais tout en exprimant les mêmes principes, la section de Saint- Vincent déclara qu'après s'être défendus « contre les' scélérats qui voulaient les piller et les égorger », les citoyens de Lyon devaient « pardonner Terreur à laquelle un grand nombre avaient été induits-^ ». C'était un appel à la clémence.

Alors que les vainqueurs du 29 mai manifestaient à l'égard de leurs adversaires des sentiments de conciliation, les Jacobins de Paris venaient d'affirmer leur suprématie et préparaient leurs vengeances. La Commune de Paris, de connivence avec Robespierre, Marat et les principaux membres de « la Montagne » avait soudoyé la plus basse populace, cerné la Convention et obtenu de ses membres, épouvantés pour la plupart, la mise en accusation de vingt-deux de leurs collègues « les Girondins »

1. LyoQ, A. V. Delaroche, 2 juin. Voir Gonon, Bibliographie historique de Lyon, p. 223, n* 1200.

Page 1