INTRODUCTION IX
sage, les armes à la main, Précy et ses soldats ront tenté...
Pour ravitailler la ville assiégée et surtout pour provoquer dans la région un mouvement insurrectionnel cootre la Convention, une petite colonne d'aventureux Lyonnais a parcouru le Forez et occupé Saint- Etienne, Montbrison, Saint-Chamond, Feurs, Rive-de- Gier et d'autres localités de moindre importance, livrant plusieurs combats, dont quelques-uns à leur avantage. Des gentilshommes et des bourgeois du pays se joignirent à eux, le peuple des campagnes ne leur donna pas de recrues.
Cependant Tesprit religieux de certaines contrées montagnardes pouvait amener le soulèvement des habitants, si les cheTs lyonnais avaient su prendre contact avec eux et surtout avec leurs prêtres qui, dans leurs paroisses, bravaient la persécution. Les Lyonnais sont restés des citadins, même en devenant soldats, ils n'ont pas demandé leur appui fralernel aux paysans de Chevrières, simples, rudes et braves, dont l'exemple eût peut-être entraîné une nouvelle insurrection des Cévennes et paralysé les réquisitions d'Auvergne. Tout soulèvement qui ne s'appuie pas sur le peuple des campagnes est condamné h l'insuccès.
Les Foréziens qui rentrèrent à Lyon s'y comportèrent vaillamment jusqu'à la fm du siège et prirent part à la sortie désespérée. Aujourd'hui encore, dans plus d'un château du Forez, la tradition évoque les diverses phases delà guerre aux Jacobins. Nous en avons recueilli de multiples échos restés vibrants de vaillance et de fierté, alors que dans les familles lyonnaises un vague et mélancolique souvenir subsiste seulement, il semble que l'odieuse épitaphe rédigée par les terroristes :
X INTIIODUCTION
« Lyon fit la guerre h la liberté, Lyon n'est plus » ait conlribué à préparer l'oubli.
Pour réagir contre ces indifférences, il y a cependant tout un dossier d'histoire que chacun peut feuilleter dans nos archives publiques : à Paris, au dépôt de la Guerre et aux Archives Nationales ; à Lyon aux archives départementales, aux Archives municipales et aux collections Coste et Rosas.
La communication de ces témoignages si intéressants n'avait été accordée que partiellement aux historiens lyonnais qui se sont efforcés de mettre en lumière les péripéties du siège : Clerjon, un peu diffus dans ses vagues récits, Morin, dont il convient de louer l'œuvre sérieuse et généralement impartiale, Balleydier plus intéressant que documenté. Gonon a recueilli de nombreuses pièces imprimées. Aussi sa volumineuse nomenclature et la connaissance des pièces d'archives, ainsi que certains mémoires, ont facilité les travaux récents et importants de MM. Sleyert,Vaësen,Vingtrinier, WahP, Charléty-, Costa de Beauregard, Desvernays, Raverat, etc.
Quelques articles peu connus des revues régionales et surtout de nombreux opuscles, écrits par des contemporains et qui figurent oubliés sur les rayons de nos grandes bibliothèques, tels que les récits de Précy, les « souvenirs» de Nolhac, de Doppet, de M"*desEcherolles
1. M. Wahl a Ocrit V Histoire des premières années tle la Hévolufinn à Lyon^ et bien (lue les événements décrits par lui soient antérieurs à 1793, l'ouvrage est indispensable à consulter pour Vllisluire du Sièf/e^ ne serait-ce qu'au point de vue des sources à étudier.
2. M. Charléty est l'auteur d'une remarquable Dihliofjraphie hisiorifjue de Lf/on depuis la Révolution.