‹ Contre la terreurChapitre 5 sur 400 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

d'adversaires longtemps disséminés, sans liaison entre eux, avec des avant-postes imprudemment exposés. Précy n'essaya pas de prendre l'offensive, de surprendre l'ennemi, de bouleverser ses ouvrages.

Jomini, le grand écrivain militaire aux critiques presque toujours si justes, l'a blâmé de n'avoir rien tenté contre les camps de Kellermann. Pourquoi « ne pas déboucher sur l'un de ses camps, avec 12 à 15.000 hommes » en tenant en échec les autres centres de rassemblement « par des démonstrations* ». Mais Précy n'eut jamais à sa disposition pour une opération à l'extérieur plus de 5.000 hommes; la faiblesse des effectifs des troupes de sortie est l'excuse de son système de défensive sur place.

Selon le mot que nous empruntons encore à Jomini-, le général en chef des Lyonnais s'est contenté de disputer le terrain « pied à pied »; ce fut une tactique d'étroite conception, mais une U\che héroïque. Précy a défendu, avec une irréductible ténacité, toutes les positions attaquées et son intervention personnelle dans les combats de Sainte-Foy et de la Chaussée de Perrache empêcha les colonnes d'assaut de pénétrer dans la place.

A\ant fait le sacrifice de sa vie modestement et résolument, il a voulu rester étranger aux pourparlers engagés entre les représentants et les corps administratifs lyonnais. Les pages douloureuses de notre histoire contemporaine nous apprennent que le commandant d'une place assiégée ne doit pas négocier avec l'ennemi et qu'à l'heure où la défense n'est plus possible, la garnison doit tenter de s'ouvrir un pas-

i. Histoire critique et militaire des guerres de la Révolution ^ t. IV, p. 188. 2. Ibid.

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