Cf. H. Wallon, la HévoluUon du 31 mat\ t. II, p
3. Archives historiques de la Guerre ; Armée des Alpes, juin 1793.
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i*' bataillon de la Drôme^
2« et 3« — —
2* — des Basses-Alpes
1* — des Hautes-Alpes
8* dragons (Ex-4ragons de Penthièvre) à Nimes
— six compagnies du 4'' d'artillerie parties de Nîmes
Albitte et Dubois-Crancé demandaient, en outre instamment à leurs amis, les Jacobins de Paris, de dissiper les dernières hésitations de la Convention et de l'amener à commencer les hostilités contre les Lyonnais. Dans une lettre datée de Grenoble le 27 juin", ils annonçaient Tarrestation par leurs soins de doux administrateurs de Lyon : « Comptez sur notre zèle, frères et amis, mais nous pleurons du sang sur la faiblesse et Tinsouciance de la Convention. Nous avions prévu les événements de Lyon. » Après avoir regretté que TAssemblée n'eût pas ordonné l'exécution immédiate de leur arrêté, les représentants ajoutaient : « Eh bien. Lyon pourra coûter aujourd'hui bien de la peine et bien du sang pour le rendre à la République. La Convention nous paralyse, elle ne nous ordonne rien, elle défend môme de dégarnir la frontière. » Ainsi les deux conventionnels préféraient courir les risques de l'invasion étrangère, ils ajoutaient : « Les généraux flottent et sont encore plus incertains que nous et, sans notre activité^, tous les départements où nous sommes seraient aujourd'hui coalisés avec Lyon. »
Albitte et Dubois-Crancé exagéraient singulièrement leurs services, ils s'étaient bornés à intimider la paisible population de Grenoble, en ordonnant des arrestations qui n'étaient nullement nécessaires. Ils n'en préconisaient pas moins les mesures dictatoriales les plus vexatoires pour la malheureuse population lyonnaise :
i. Sans indication de cantonnement.
2. Archives historiques de la Guerre : Armée des Alpes, juin 1793.
3. « Matheron et PecoJet qui étaient venus prêcher le fédéralisme départemental et que nous tenons en prison. Nous y tenons de même quelques administrateurs de risère. » (Même document.)
86 l'insurrection de lyon en 1793
« Il faut déclarer Lyon en état de révolte, appeler contre lui tous les départements environnants, ordonner à Kellermann de marcher contre (sic) avec des forces suffisantes et sur sa responsabilité, alors vous verrez, sans effort et sans même aucune effusion de sang, se dissiper ce fantôme noir de contre-révolution imaginée par les écrivassiers de la République et si Lyon rentre dans Tordre, on peut garantir le succès de nos armes et la tranquillité du Midi le long des Alpes...
« Nous avons trouvé tout ce pays gangrené ou égaré, mais nous ne perdons pas courage, le patriotisme renaît avec la lumière et nous pouvons encore dire : Ça ira !
tt Albitte et Dubois-Crancé *. »
Le détestable jeu de mots n'était d'ailleurs qu'une basse flatterie pour les Jacobins, c'est-à-dire pour les véritables vainqueurs de la Gironde, le 31 mai.
A Lyon, la population n'avait pas accepté le décret de la Convention qui mettait sous la sauvegarde de la loi et des autorités constituées les personnes arrêtées dans cette ville à Toccasion des derniers troubles et détenues dans les prisons de Roanne et de Saint- Joseph. Elle réclamait avec instance, par l'organe de ses sections'^, la formation d'une commission militaire ou d'un tribunal populaire, pour faire prompte et énergique justice. Les autorités lyonnaises déclarèrent que la justice régulière suivrait son cours et qu'il ne serait point créé des tribunaux d'exception.
La police correctionnelle avait absous, par une inexplicable indulgence^, un misérable no^mmé Sautemouche qui, comme membre de l'ancienne municipalité, avait
1. Archives histoiHques de la Guerre : Année des Alpes ^ juin 1793.
2. Les sections de l'Union, de la Paix, de l'Egalité, de Guillaume-Tell, expriment ces vœux sous différents arrêtés qui portent les dates des 12, 20,22 et 23 juin. Toutefois, la section de Porte-Froc déclara s'opposer à toute juridiction d'exception.