Journal (le Lyon, numéro du 29 juin
commis les plus méprisables excès de pouvoir ^ Le 27 juin, aussitôt après son élargissement, il était entré dans un des caféis du quai de Saône, sur la terrasse de l'évôché. Son air de jactance le fait reconnaître; la foule s'écrie : « C'est le meurtrier des demoiselles Cognet ! » Des citoyens indignés de sa mise en liberté Tarrètent sans qu'il tente de se défendre ; les uns veulent le ramener en prison, d'autres le jeter dans la Saône. Le débat se prolonge, la foule qui gronde devient plus menaçante. Des cris : « A la lanterne! » se font entendre. Malgré les supplications de l'ex-officier municipal, on procède aux préparatifs du triste supplice que lui-môme et les siens ont si souvent préconisé. Une lanterne est descendue, la corde va être passée au cou du malheureux lorsqu'un coup de sabre lui est porté au côté gauche et le renverse sans vie'-. Un jeune homme, parent de ses victimes, l'avait frappé mortellement.
Le cadavre fut jeté dans la rivière, il surnagea quelques temps, puis s'engloutit sous une grêle de pierres.
La justice, et non point la cruauté lâche de la foule, aurait dû frapper Sautemouche. Pour prévenir de semblables représailles, le tribunal criminel de Lyon rendit de nouvelles ordonnances « de prise de corps » contre « des complices du 29 mai » jusqu'alors impunis : « les citoyens Dumanoir, Alexis Nesme, Millet'*, Genis, Jacques Gâche, Fremiset, Jean-Louis Doret'», François Le Berger, Louis Lambert, Thonion, ce dernier administrateur du district'' ». Ces ordonnances étaient signées de Renard,
1. Lors de la taxe des six millions, Sautemouche dévalisait avec une indigne brutalité les personnes arbitrairement imposées. Deux jeunes filles, M"** Cognet, avaient été tellement effrayées et molestées que Time mourut de frayeur et l'autre devint folle.
2. Tous ces tristes détails sont empruntés au Journal de Lyon, numéro du 29 juin.