‹ Contre la terreurChapitre 79 sur 400 · Décret de la Convention, en date du 26 juin · texte numérisé non relu

Décret de la Convention, en date du 26 juin

'). II. WnWon, In Hév'dut ion du 'S\ mai et le Fédéralisme en l"ï9o, t. Il, p. 2:^5.

force armée, pour être à leur disposition et partager leur surveillance. » La constitution d'une force départementale se trouvait ainsi implicitement décidée.

La séance de la Commission départementale, le 5 juillet, devait être fort mouvementée ^ Dès l'ouverture, on vit pénétrer àTHôtel de Ville le général de brigade Charles Sériziat, de Tarmée des Alpes. C'était un bel officier à l'air énergique, originaire de Lyon, qui avait commandé à Tarmée du Rhin en 1791, le premier bataillon de volontaires: le bataillon de Rhône-et-Loire'-. Son arrivée avait été signalée à la municipalité, Sériziat ne cherchait pas d'ailleurs à se dissimuler, il était investi d'une mission militaire, régulièrement transmise parle chef d'état-major de Kellermann -^ pendant Tabsence du général en chef en tournée d'inspection sur la frontière.

Les représentants Dubois-Crancé et Albitte avaientdonné au général Sériziat l'ordre de se rendre à Lyon, sous le prétexte d'activer la remonte de la cavalerie de l'armée des Alpes. En raison de sa qualité de Lyonnais, peut-être pourrait-il « ramener la ville aux vrais principes et à Tobéissance envers la Convention'* ». En réalité, il était envoyé pour renseigner les représentants sur la situation militaire de Lyon.

Sériziat ne semble pas avoir voulu donner à sa mission C3 caractère d'investigation, il déclara de suite et en toute franchise qu'il se présentait dans un but de conciliation mais comme mandataire de Dubois-Crancé et d'Albitte''. « A ces noms, un tumulte d'indignation se

1. L'extrait du registre des délibérations de la commission populaire républicaine et de Salut public de Rhône-ct-Loire. {Archives nalionaleJt, AF",3i2-43.)

2. Maurice Walil, les Premières années de la Réroluliou à Lyon, Paris, Colin. 1904, p. 395.

3. Archives historiques <ln la Guerre : Armée des Alpes. Bulletin analytir|uc du 4 juillet, chef d'état-major au général Kellermann.

4. Archives hislorifiues de la Guerre: Armée des Alpes, nirme document.

5. Archives nationales : exirsi'xi (les registres dr la rommissian, séance du :i juillet 1893.

100 l'insurrection de LYON EN 1793

déclarai » Toute l'assemblée se leva et s'écria : « Point de paix avec les scélérats, avec les traîtres ! Votre mission à cet égard est finie. »

Le général se retira avec dignité, on prétend même qu'il aurait exprimé sa sympathie pour la cause lyonnaise et son affection pour des compatriotes qu'il chérissait en «frère»'. La Commission interprétant mal ces paroles, espéra que Sériziat prendrait du service dans la force départementale, qu'il accepterait peut-être même de la commander^ cet espoir devait être déçu.

Après le départ de Tancien commandant des volontaires, on avait introduit le Girondin Biroteau revenu, comme nous le savons, de son voyage dans le Midi ; il semblait avoir déjà perdu sa confiance et son énergie, car, après avoir pris place à la droite de fiilibert, président de la Commission^, il se borna èi prononcer quelques vagues paroles de remerciement pour l'honneur qui lui était fait. 11 était évident que Biroteau avait échoué dans ses démarches.

La Commission décida que des chevaux, destinés à la légion des Allobroges au nombre de quatre-vingt huit et déjà réunis au faubourg de Vaise par les soins du général Sériziat, resteraient à Lyon à la disposition de la force départementale qui allait être organisée.

L'ordre du jour appelait ensuite à la tribune Frémin ville, dont la plupart des membres de la Commission ignoraient le retour à Lyon. Après avoir constaté l'hostilité absolue de la Convention, menacé d'être arrêté, le chef de la délégation lyonnaise avait été à la source même du fédéralisme, à l'assemblée de Caen '♦. lien révola l'enthousiasme, il avait vu les Girondins fugitifs fusionnerdans leurs projets de résistance avec les anciens Feuillants. Oubliant leurs

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