CHAPITRE Vil
Dans sa séance du l" juillet, la Commission départementale avait décidé que la fabrication des armes et des
arsenaux devait être soumise à son contrôle. Le 8 juillet, la môme commission arrêtait que les autorités constituées
de Saint-Etienne feraient transférer dans Tarsenal de Lyon toutes les armes ù feu de guerre actuellement fabriquées et tous les jours celles qui seraient fabriquées à Tavcnir*. L'idée de résistance ouverte ne se discutait plus, elle s'imposait, il fut de nouveau question d'organiser la force départementale et de nommer un général pour la commander.
Ce choix faisait naître d'ardentes discussions parmi les membres de la commission et ceux de la municipalité. On avait d'abord songé à Madinier, le commandant de la Garde nationale, mais celui-ci avait avoué modestement qu'un tel rôle était fort au-dessus de ses connaissances militaires.
L'ancien commandant de la garde nationale lors de la formation, Dervieu de Villars qui, à bord de la liclle-Poule s'était montré héroïque pendant la guerre contre les Anglais, passait pour un esprit futile et n'avait plus aucune influence.
On songea à M. de Chônelelte, l'ancien officier supérieur d'artillerie, dont nous avons rappelé la belle carrière militaire et qui appartenait à une vieille famille lyonnaise
!. Gilibert, président; Morillon, vice-président; Raymond, Dutronay, Lover, Gros et Petit, secrétaires. Cf. Gonon, Rihl'wg. hist. de Lyon '8 juillet"^!793].
fort considérée et d'une inépuisable charité. Notoirement connu comme un ardent royaliste, il fut le premier à le rappeler et à décliner la proposition de ses amis de la municipalité L
Le même motif lit écarter le nom du comte de Virieu, le brillant colonel et l'éloquent orateur parlementaire-.
Les sutfrages se portèrent alors sur un officier général en retraite depuis deux ans, que nous avons cité parmi les anciens officiers décidés à la résistance, M. Giraud des Echerolles, maréchal de camp, originaire du Bourbonnais^ d'où Tavait chassé la Révolution. Son âge et surtout son mauvais état de santé^ ne pouvaient lui permettre d'exercer le commandement en chef^. Toutefois, comme MM. de Virieu et de Cht^nelette, il manifesta le désir de servir activement.
C'est alors que, très probablement à Tinstigation de . Fréminville, plusieurs membres de la Commission départementale songèrent à M. dePrécy.
Dès que ce nom fut prononcé à la séance de la Commission où il devait être procédé à la désignation d*un général», la plupart des membres lui firent bon accueil en raison de la réputation dont jouissait Précy dans toute la région. Cependant quelqu'un objecta qu'il était l'ami du
1. K. Bonnardetf ifS Julliaciens au siège de Lyon. [Revue du Lyonnais^ octobre 1901.)
2. « Ancien colonel, mon père, dit M"' de Virieu, était l'officier le plus avancé en grade et le plus instruit qui fut à Lyon, mais il refusa Tolfre qui lui ('tait faite de prendre le commandement. 11 avait trop marqué parmi les défenseurs de la monarchie pour ne pas donner au soulèvement un caractère politique qu'il fallait éviter. » (.Marquis Costa de Bcauregard, le Roman d'un royaliste pendant la Re'rolutimi^ Souvenirs du comte de Virieu^ p. 326, Paris, Pion.)
3. Alexandrine des Echerolles, Une Famille noble soùs la Terreur, Paris, Pion. \Souve7iirs publiés par M. René de Lespinasse, p. 74.)