‹ Contre la terreurChapitre 9 sur 400 · Mt^mc document · texte numérisé non relu

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3. L'adjudant général Le Doyen, faisant fonctions de commandant de la place, «''tait arrivé à Lyon, le 2s. à dix heures du matin, et s'était mis de suite à In disposition des commissaires de la Convention. Voir sa déclaralion : Arrh'nes natinnales, AK'i 339-3il.43.

2 l'insurrection de LYON EN 1793

se pressaient des bandes d'hommes armés, la plupart en carmagnole, quelques-uns revêtus d'effets riches ou élégants, qui provenaient évidemment de récentes visites domiciliaires. Plusieurs d'entre eux entouraient huit pièces de canon, placées en batterie devant l'Hôtel de Ville, et s'en constituaient ouvertement les gardiens.

De l'autre côté de la place, une maison de modeste apparence, l'hôtel de Milan ^ était l'objet de la curiosité générale. Des membres du Club des Jacobins en franchissaient fréquemment le seuil. Reconnaissables à la carte qu'ils portaient au côté gauche de la poitrine, ils pénétraient parfois dans les groupes; ce n'étaient point des messagers de paix, car ils s'effor(^aient sans répit de surexciter la colère populaire. L'un d'entre eux se faisait remarquer par la fougueuse agitation qu'il manifestait; les gens de mauvaise mine, disséminés sur toute la place, l'acclamaient en criant : «Chalier! Vive Chalier!» On rappelait dans certains groupes, en l'approuvant, qu'il avait demandé au Club des Jacobins la mise à mort de ses adversaires politiques -.

L'homme dont on connaissait trop les projets sanguinaires et qui semblait le véritable chef de tous ces furieux était de petite taille. Sa démarche convulsive, son teint bilieux^, son crâne dégarni*, l'expression égarée de ses yeux, tout inspirait la répulsion. Nul n'ignorait, parmi ceux qui l'acclamaient, sa nationalité de Piémontais, beaucoup savaient aussi qu'il avait quitté inopinément le

1. Ce fut seulement dans la suirôe que quarante dragons vinrent se former en piquet devant l'hôtel de Milan. Cf. Archives nationa/es, le dossier précité.

2. « Qu'il est aussi convaincu d'avoir, le 27 mai, provoqué à l'assassinat, en disant dans l'Assemblée du Club, dit des Jacobins, qu'il fallait faire un aisceau des présidents et secrétaires des sections, leur trancher la tète et fse laver les mains dans leur sang; qu'il fallait aussi guillotiner les administrateurs du département. » (Extrait du Jugement prononçant la condamnation fie Joseph Challier, le 16 juillet 1793.)

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