DU CAPITAL DE LA BANQUE DE FRANCE
Est-il vrai que ce soit un capital de garantie, et que doit-il garantir?
S'il doit garantir le payement des lettres de change escomptées par la Banque, le capital est excessif. La Banque n'escompte que du papier à trois signatures, papier excellent : la banque ne subit jamais de pertes; toutes les échéances lui sont ponctuellement payées par les souscripteurs ou les endosseurs.
S'il doit garantir le remboursement en métal des billets de banque, ce capital est impuissant. La Banque posséderait en propre toute la rente française et toute la rente anglaise qu'elle n'en serait pas davantage en état de rembourser ses billets.
' Donc le capital de la Banque est autre chose qu'un capital de garantie.
L'État, en accordant le monopole de rémission et en prorogeant ce privilège, a posé comme condition que la compagnie concessionnaire prêterait un certain nombre de millions au trésor public. Il a bien fallu que les actionnaires versassent les sommes promises à l'Etat. Là est le capital de la Banque, C'est le prix du privilège.
NOTE r 10