‹ Contre-poison (volume 2)Chapitre 2 sur 9 · SCÈNE IT · texte numérisé non relu

SCÈNE IT

QUE L'APOSTAT CITTNIQUY A BLASPHÉMÉ EN DISANT QUE LA. CONFESSION EST UNE INVENTION DES PRÊTRES. LA VÉRITÉ- EST QUE LA CONFESSION PRATIQUÉE, MÊME CHEZ LES' PAÏENS ET LES INFIDÈLES, EST UNE INSTITUTION DE l'aN- CIENNE LOI. QUE JÉSUS-CHRIST A ÉLEVÉ LA CONFESSION A LA DIGNITÉ DE SACREMENT EN DONNANT A SES APÔTRES *E POUVOIR DE REMETTRE LES PÉCHÉS. ENFIN, QUE LES PROTESTANTS HONNÊTES SONT FORCÉS DE RECONNAÎTRE DANS LA CONFESSION UNE INSTITUTION DU TEMPS DES APÔTRES.

Le Membre de l'Institut-Canadien. — M. l'Instituteur, je suis satisfait de vos réponses. Tl me parait certain que la confession est aussi ancienne que les apôtres, et, malgré ce qu'en disent les protestants, je veux bien voir eu elle une institution apostolique.. Cependant

L'Instituteur. — Permettez, monsieur, une observation. Vous venez de mentionner les protestants. Vous supposez qu'ils n acceptent pas que la confession des catholiques remonte aux f.pôtres. Vous êtes dans l'erreur Les protestants instruits et honnêtes s'accordent à reconnaître que, de tout temps, les catholiques se sont confessés.. .. .

Le Membre de 1 Institut-Canadien. — Ah ! pour le coup, c est trop fort !

L Instituteur. — Je vais vous en donner la preuve. Gibbon, le grand historien protestant, avoue dans son Histoire de la décadence de l'Empire romain que : « L'homme instruit ne peut pas « résister au poids de V évidence historique, qui établit que la .«confession a été un des principaux points delà croi/ance de <■ l'Eglise ]>apiste, dans tonte la période des quatre premier* ti sikhs.r- Letbnitz, Merkel et beaucoup d'autres grands génies parmi les protestants, ont fait le même aveu. Aussi, voit-on de nos jours, les protestants, les plus riches et les plus honnêtes, revenir à la confession et la recommandé* comme une institution des temps apostolique .- .

Le forgeron. — Il n'y a plus guère que les ignorants et les apostats, comme le père Chiniquy, qui se permettent, de crier à l'inmention de la confession par les prêtres.

Le Membre de l'Tnstitut-Canadien. — Soit, j'accepte que la -confession date du premier siècle de l'Eglise

L'Instituteur. — Dites plus, si vous voulez dire toute la vérité. Dites que la confession est de tous les temps. Qu'elle existait avant Notre Seigneur, non-seulement chez les juifs, mais même chez les peuples païens. Qu'elle existe encore aujourd'hui chez les nations infidèles. Jésus-Christ n'a fait que l'élever à la dignité de sacrement de la nouvelle loi, en y attachant la grâce de la rémission des péchés.

Le Membre de l'Institut-Canadien. — Vous voulez vous moquer de moi, monsieur.

L'Instituteur. — Non, monsieur. Je ne me moque ni ne me ris de vous. La confession, scus une forme ou sous une autre, est une institution de tous les temps et de partout. Le sacrement ^seul n'appartient et n'est propre qu'à l'Eglise. Chez les Grecs et les Romains, les sacrifices offerts sur les autels des faux dieux étaient presque toujours accompagnés de la confession. Voltaire, dans son Histoire Générale, dit qu'o/i se confessait dans les mystères païens. Les prêtres idolâtres, chargés d'entendre les confessions, portaient une clef pendue aux épaules. Cette clef était le symbole du secret de la confession.

Dans i ancienne Grèce, selon le témoignage de tous les historiens, personne ne pouvait assister à un sacrifice expiatoire sans faire une confession détaillée au Ko'és (prêtre sacrificateur) qui remettait, croyait-on, tous les péchés, excepté le parjure. N'avezvous pas lu que l'empereur païen Marc- Aurèle voulant participer aux mystères de Cérès, dut faire sa confession à l'hiérophante, c'est-à-dire au prêtre de cette déesse ?

Et de nos jours, est-ce que les infidèles ne se confessent pas ? L'empereur chinois lui-même n'écrit-il pas tous ses péchés sur une pièce de satin, qu'il brûle après avoir lu publiquement aux pieds des autels tout ce qu'elle contient de fautes et de péchés ? Chaque infidèle au Thibet n a t-ii pas son \ ère spirituel à qui il «déclare tous ses péchés ? N'est-ce pas une maxime parmi lep

Indiens qu'il faut confesser ses péchés sur les rivages de la mer . des neuves et des rivières ?

Le forgeron. —Une institution que l'on retrouve partout et dans tous les siècles, me fait l'effet d'être bien respectable !

L'Instituteur. — J'ai encore affirmé, monsieur de l'Institut, que la confession existait chez les juifs avant la venue de Jésus- Christ. En voici les preuves: dans l'ancienne loi, il fallait se confesser aux prêtres, se confesser en détaillant ses péchés, avant d'offrir le sacrifice et d'obtenir le pardon de ses péchés On voit dans les Saintes-Ecritures, au livre des Proverbes, chapitre 28,. verset 13, que « celui qui cache ses péchés ne réussira pas et que celui qui les confesse obtiendra miséricorde.

Le chapitre quatrième de V Ecclésiastique porte, au trente-uniè me verset, cet avis important : « Ne rougissez donc pas deconfes- « ser vos péchés. )>

Rien de plus fréquent dans l'histoire du peuple de Dieu, que la confession des péchés. La confession, c"est évident, a toujours été chez ce peuple un des points essentiels de la religion. Les Protestants eux-mêmes sont forcés de le reconnaître « Je tiens. dit le protestant Grotius, je tiens pour très-probable Vopinion de ceux qui veulent que chez les Juifs on ait fait une confession particulière de ses péchés aux prêtres . »

Le forgeron — Que dites-vous de toutes ces preuves, monsieur de l'Institut ? Est-ce que l'on se confessait dans fancienne loi ?

Le Membre de l'Institut-Canadien --Le Père Chiniquy a pourtant enseigné que Notre-Seigneur était venu, non démolir l'ancienne loi, mais la confirmer et la développer. Cependant Chiniquy assure que la confession est contraire à l'ancienne loi.

L'Instituteur. — C'est une nouvelle fausseté de l'apostat Chiniquy ajoutée à tant d'autres qu'il a proférées depuis qu'il a renié la vraie religion. L'apostat Chiniquy invoque cette parole de Notre-Seigneur : « Je ne suis pas venu abolir l'ancienne loi, mais la confirmer » C'est cette parole même du divin Sauveur qui condamne le pauvre hérétique et qui le couvre de confusion.

La confession existait dans l'ancienne loi/ comme je vous l'ai prouvé- il y a un instant : dose Notre-Seigneur qui venait, non; pour détruire, mais pour confirmer, pour développer l'ancienne

loi, devait laisser subsister la confession qui existait dans l'ancienne loi ; il devait développer cette môme confession, et c'est ce qu'il a fait en l'élevant à la dignité de sacrement de la nouvelle "loi.

Le forgeron. — C'est clair comme le jour.

Le Membre de l'Institut-Canadien. — Attendez un peu, n'allez pas si vite ! Monsieur l'instituteur établit qu'en effet on s'est confessé dans l'ancienne loi. Il appuie cette preuve de textes positifs et formels des Saintes Ecritures. Mais si tout cela dit beaucoup, je trouve que ce n'est pas suffisant. En effet, la confession qui a pu être en usage autrefois chez le peuple Juif, avait cessé de l'être à l'époque de la venue du Christ, et .,

L'Instituteur. — Vous êtes dans l'erreur. La confession était encore en usage chez les Juifs quand notre divin Rédempteur parut. L'apostat Chiniquy ne peut pas l'ignorer, s'il a lu saint Mathieu. Le chapitre troisième de l'Évangile de cet apôtre raconte que saint Jean-Baptiste préparait, les hommes à la venue du Sauveur. On venait à lui de Jérusalem, de toute la Judée et ^le tout le pays qui borde le Jourdain, et on recevait de lui le baptême, et l'on se confessait : « Tune exibat ad eum Jerosolyma, et omnis Judeea, et ottlnis regio cirea Jordanem ; et baptizabantur ab co in Jordane, CONFITENTES PECCATA SUA. »

Le menuisier. — Ainsi, voilà qui est sérieux. Jésus se fait annoncer par un grand prophète. Et tout le monde va vers ce prophète pour recevoir le baptême et pour se confesser. Si la confession est un si grand mal, pensez-vous, monsieur de l'Institut, que N. S. Jésus-Christ aurait permis que l'on se confessât en allant demander le baptême à celui qu'il envoyait pour lui préparer les voies.

Le cultivateur. — Et, monsieur de l'Institut, puisque l'on se confessait dans l'ancienne loi au moment même de la venue du Sauveur, est-il étonnant que ce divin Rédempteur qui venait, non •pour abolir l'ancienne loi, mais pour la confirmer et la développer, ait chargé les apôtres de conserver la confession ?

Le forgeron. — Est-il étonnant qu'il ait donné à ses apôtres 1» moyen de développer l'ancienne loi de la confession, en l'élevant' i la dignité de sacrement ?

L'Instituteur. — Vous voyez, monsieur de l'Institut, l'audace ou la prodigieuse ignorance de l'apostat Chiniquy. Il veut parler contre la confession. Il cherche des paroles de Notre-Seigneur contre la confession. Et les paroles qu'il invoque sont précisément celles qui prouvent en faveur de la confession.

Le Membre de l'Institut-Canadien. — Je me rends à l'évidence.. La confession existait sous l'ancienne loi, elle existait à la venue de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Je convieus encore que le Père Chiniquy a tort d'interpréter contre la confession les paroles de Jésus-Christ. Mais si Ton ne voit pas dans l'Evangile que Notre- Seigneur ait prononcé des paroles contre la confession, on ne voit pas non plus qu'il ait parlé en faveur de cette institution

L'Instituteur. — Vous ne savez donc pas l'Evangile? Yous n'avez donc jamais lu ce livre admirable !

Au chapitre XVI de saint Mathieu, Jésus Christ ne dit-il pas à saint Pierre : « Je vous donnerai les clefs du royaume des deux, et tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le Ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le Ciel? » Dans le chapitre XVIII du même Evangile, Notre Seigneur s'adresse, non plus seulement à Pierre, mais à tous ses Apôtres, et il leur dit : « Je vous dis, en vérité, que tout ce que vous lierez surjia terre sera lié dans le ciel, et que tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans Je ciel. » Notre divin Rédempteur s'exprime d'une manière plus précise encore au XXe chapitre de l'Evangile de saint Jean. « Recevez le Saint-Esprit, les péchés « seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus « à ceux à qui vous les retiendrez, r Or, je vous le demande, monsieur de l'Institut, ces paroles de N. S. Jésus-Christ signifientelles, oui ou non, que les apôtres ont reçu le pouvoir de pardonner les péchés ?

Le Membre de llnstttut-Canadien. — « Tout ce que vous lierez ou délierez sur la terre sera lié ou délié dans le ciel, signifie qu'on doit se pardonner les injures ; mais non que les apôtres ont le pouvoir de remettre les péchés

L'Instituteur. — Vous voulez rire, monsieur !

Le Membre de 1 Institut-Canadien. — Non, monsieur !

L'Instituteur. — Est-on obligé de toujours pardonner les injures ?

Le Membre de l'Institut-Canadien. — Sans doute !

L'Instituteur. — En êtes-vous certain ?

Le Membre de l' Institut-Canadien. — Bien sûr !

L'Instituteur. — Est-ce que Notre- Seigneur nous aurait donné la liberté de pardonner et de ne pas pardonner les injures ?

Le Membre de l'Institut-Canadien. — Il nous a fait un commandement exprès d'aimer nos ennemis, de pardonner à ceux qui nous font du mal !

L Instituteur. — Très-bien. Notre-Seigneur a-t-il pu se contredire ? Après nous avoir fait un commandement de pardonner les injures, a-t-il pu nous donner la permission de pardonner ou de ne pas pardonner ?

Le Membre de l'Institut-Canadien. — Vous savez bien que cela n'est pas possible. Pourquoi me faire toutes ces questions ? •

L'Instituteur. — Je vous fais toutes ces questions pour vous prouver que le sens que vous donnez à ces paroles de Notre Seigneur: u Tout ce que vous lierez vu délierez sur ia (erre sera lié ou délié dans le ciel, » n'est pas acceptable. Si ces paroles se rapportent au pardon des injures, Notre Seigneur se serait contredit. Tout en nous commandant de pardonner les injures, il nous aurait laissé pleine liberté de pardonner ou de ne pas pardonner.

Le Membre de f Institut -Canadien .— Comment ?

L Instituteur.— -Si Notre Seigneur avait voulu nous enseigner le pardon des injures, lorsqu il a dit : '< Tout ce que vous lierez cm délierez sur la terre, sera lié ou délié dans le ciel, » il nous aurait donné deux pouvoirs bien distincts. Le premier de ne pas pardonner les injures ; le second, de les pardonner. Ceux que l'on aurait liés n'auraient pas reçu leur pardon, tandis que ceux que l'on aurait déliés eussent reçu une entière amnistie. De plus, sans même prendre la peine de nous indiquer les injures qu'il faut pardonner et celles qu'il ne faut pas pardonner, il se serait engagé à lier dans le ciel ceux que nous aurions liés sur la terre, c'est-à-dire ceux à qui nous aurions refusé un généreux pardon. Et est-il raisonnable de croire, avec l'apostat Chiniquy, que Notre Seigneur nous a ainsi mis entièrement libres de lier ou. de délier ceux qui nous font du mal ?

Le forgeron. — Voici comment je comprends l'interprétation que monsieur de l'Institut donne aux paroles en question. Un père aurait dit à ses enfants : « Je vous défends de faire payer ceux qui vous doivent, et je vous commande, sous peine d'être déshérités, de leur donner une quittance générale de leurs dettes. » Et puis, ce même père leur aurait dit, dans une autre circonstance : « Tous ceux qui vous doivent et que vous n'acquitterez pas de leurs dettes, je ne les acquitterai pas; mais ceux que vous acquitterez, je les acquitterai » Que pensez-vous d'une telle contradiction ? Ne serait-elle pas la preuve évidente que le père de ces enfants disait aujourd hui d'une façon et demain d'une autre ? Eh bien ! voilà précisément ce que vous faites de la parole de Notre-Seigneur, en répétant les blasphèmes insensés de l'apostat Chiniquy. Le divin Sauveur, aujourd'hui, nous commande, sous peine de damnation éternelle, de pardonner les injures; et demain, il nous dit : « Ceux que vous lierez, c'est-à-dire ceux à qui vous refuserez de pardonner, je les lierai, dans le ciel, je ne leur pardonnerai pas. h Quelle énormité ! Quelle absurdité 1 Quel blasphème !

Le menuisier. — Pour moi, le pardon des injures et la parole de Notre Seigneur : tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, sont aussi distincte que le jour et la nuit, ou si vous le voulez, que le blanc ou le noir. Que faites-vous, que fait l'apostat Chiniquy en les confondant ? C'est à ne plus s'y reconnaître. C'est faire comme un certain apprenti que j'ai eu, Je lui donnais bien des conseils, entre autres les suivants : « Sois poli envers tout le monde... Ne perds pas ton temps à parler sans cesse. Eh bien ! le pauvre enfant confondait ces deux avis pourtant bien distincts. Aux étrangers qui venaient à l'atelier et qui s'adressaient à lui, il ne répondait pas. Et quand je fui en faisais des reproches, il répondait : « Mais, monsieur, vous me dites toujours de ne pas perdre mon temps à parler ; » et quand je lui fesais remarquer qu'il perdait son temps à jaser avec ses compagnons de travail, il me répondait que je lui recommandais sans cesse d'être poli.

Le cultivateur. — Ainsi pourront faire ceux qui, comme l'apostat Chiniquy, veulent que Notre Seigneur, en disant tout ce que

vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel ait voulu signifier ie pardon des injures. Quand on leur rappellera qu'ils doivent pardonner à ceux qui les insultent, que tel est le commandement divin, ils pourront riposter -que Jésus-Christ leur a permis de ne pas pardonner les injures, parce qu'il a aussi dit: « Tout ce que vous lierez sur la terre, sera lié dans le ciel, y

Le Membre de l'Institut-Canadien. — Allons, je vois que Chiniquy peut avoir tort d'interpréter, comme il le fait, cette parole: « Tout ce que vous lierez etc.» Mais je ne suis pas encore satisfait Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez et retenus à ceux à qui vous les 'retiendrez, ces paroles signifient bien que les apôtres ont le pouvoir de retenir ou de remettre les péchés ; mais pour remplir cette mission, les prêtres n'ont pas besoin qu'on leur confesse tous nos péchés. Tl surfit qu'ils sachent qu'on est pécheur, sans qu'on leur raconte toutes nos fautes.

L'Instituteur. Alors, Notre Seigneur a donné à ses apôtres' un pouvoir arbitraire.. Alors les prêtres pourront absoudre ou ne pas absoudre selon leur caprice et d'après l'impression qu'ils recevront à la simple vue des pécheurs. Pour retenir les péchés de celui-ci et remettre les péchés de celui-là, ils n'auront qu'à les regarder en face l'un et l'autre et se dire : En voilà un qui a l'air d'un brave homme, il s'accuse d'être pécheur ; mais il n'a pas dû commettre des péchés énormes, il est bien contrit de ses peccadilles, je le délie. En voilà un autre qui a dû faire bien du mal ; il semble capable de tout ; je le lie, je lui refuse l'absolution. Comprenez-\ous, monsieur de l'Institut, que s'il n'entend pas la confession et toute la confession de ses pénitents, le prêtre ne peut pas exercer, d'une manière juste et raisonnable, le pouvoir qu'il a de remettre ou de retenir les péchés ?

Le forgeron. — Qne diriez- vous, monsieur de l'Institut, d'un malade qui voudrait se faire guérir sans découvrir son mal à son médecin ? Je suis malade, dirait-il, donnez-moi un remède. — Quelle est votre maladie ? — Je n'ai pas besoin de vous le dire. Vous êtes médecin : donnez-moi des remèdes.- -Mais, mon cher ami, il y a bien des remèdes ; les uns guérissent une maladie, les autres ne la guérissent pas. — N'importe, je suis malade et je veux des remèdes. — Je ne puis vous soigner au hasard. Si vous ne

me dites pas où est le mal chez vous, je ne puis vous prescrire de remèdes. — Vous n'êtes pas un bon médecin, car quand je vous ai demandé un remède, vous auriez de suite deviné que je souffre d'un violent mal d'entrailles. N'est-ce pas qu'un malade qui parlerait ainsi serait encore plus affligé du cerveau que des entrailles ?

L'Instituteur. Il en est ainsi des maladies de lame. Pour que le prêtre nous guérisse, il faut que nous lui fassions connaître l'état de notre âme, nos maladies, c'est-à-dire nos péchés. Donc, quand Notre Seigneur a dit à ses apôtres : Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenu» à ceux à qui vous les retiendrez, il a posé le principe de la confession des péché*.

Le Membre de l'Institut-Canadien. Je n'avais pas fait cette réflexion. Je ne suis pas éloigné de croire qu'en prononçant ces paroles, Jésus-Christ a autorisé la confession des péchés.

L'Instituteur. — Surtout, quand vous savez que la confession -existait, au moins en germe, chez le peuple Juif au moment où N. S. Jésus-Christ donnait à ses apôtres le pouvoir de remettre les péchés.

Le forgeron. — La confession existait sous l'ancienne loi. Le divin Sauveur affirmait qu'il n'était point venu pour détruire l'ancienne loi, mais pour la confirmer et la perfectionner. Aussi a-t-il dit à ses apôtres : Vous ne détruirez pas la confession qui est de l'ancienne loi. Vous la confirmerez au contraire en remettant les péchés. N'est-ce pas, en effet, ce que signifie ce pouvoir qu'il leur donne : « Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez ?n

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