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wous lierez sur la terre sera lié dans le ciel ait voulu signifier le pardon des injures. Quand on leur rappellera qu’ils doivent pardonner à ceux qui les insultent, que tel est le commandement divin, ils pourront riposter que Jésus-Christ leur a permis de ne pas pardonner les injures, parce qu'il a aussi dit: « Tout ce que vous lierez sur la terre, sera lié dans le ciel. »
Le Membre de l’Institut-Canadien.—Allons, je vois que Chiniquy peutavoir tort d'interpréter, comme il le fait, cette parole : « Tout’ce que vous lierez ete.» Mais je ne suis pas encore satisfait. Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez et retenus à ceux à qui vous les retiendrez, ces paroles signifient bien que les apôtres ont le pouvoir de retenir ou de remettre les péchés ; -mais'pour remplir cette mission, les prêtres n'ont pas besoin qu’on
‘leur confesse tous nos péchés. Il suffit qu’ils sachent qu'on est
pécheur, sans qu’on°leur raconte toutes nos fautes,
L’'Instituteur. Alors, Notre Seigneur a donné à ses apôtres ‘un pouvoir arbitraire. Alors les prêtres pourront absoudre ou ‘ne pas absoudre selon leur caprice et d’après l'impression qu'ils recevront à la simple vue des pécheurs. Pour retenir les péchés de celui-ci et remettre les péchés de celui-là, ils n'auront qu’à les regarder en face l’un et l’autre et se dire : En voilà un qui a J'air d'un brave homme, il s'accuse d’être pécheur ; mais il n’a pas dû commettre des péchés énormes, il est bien contrit de ses peccadilles, je le délie. En voilà un autre qui a dû faire bien du mal ; il semble capable de tout ; je le Ze, je lui refuse l’absolution. Comprenez-vous, monsieur de l'Institut, que s’il n’entend pas la confession et toute la confession de ses pénitents, le prêtre ne peut pas exercer, d’une manière juste et raisonnable, le pouvoir qu’il a de remettre ou de retenir les péchés ?
Le forgeron.—Qne diriez-vous, monsieur de l'Institut, d’un malade qui voudrait se faire guérir sans découvrir son mal à son médecin ? Je suis malade, dirait-il, donnez-moi un remède. —Quelle est votre maladie ?—Je n'ai pas besoin de vous le dire. ‘Vous êtes médecin : donnez-moi des remèdes.--Mais, mon cher ami, il y a bien des remèdes ; les uns guérissent une maladie, les autres ne la guérissent pas.—N'’importe, je suis malade et je veux des remèdes.—Je ne puis vous soigner au hasard. + Si vous ne
le
me dites pas où est le mal chez vous, je ne puis vous prescrirede remèdes.—Vous n'êtes pas un bon médecin, car quand je vous ai demandé un remède, vous auriez, de suite deviné que je souffre: d’un violent mal d’entrailles. N'est-ce pas qu’un malade qui parlerait ainsi serait encore plus affligé du cerveau que des entrailles ?
L'Instituteur. Ilen est ainsi des maladies de l'âme. Pour que le prêtre nous guérisse, il faut que nous lui fassions connaître l'état de notre âme, nos maladies, c'est-à-dire nos péchés. Donc, quand Notre Seigneur a dit à ses apôtres : Les péchès seront remis à ceux à ‘qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez, il a posé le principe de la confession des péchés.
Le Membre de l'Institut-Canadien. Je n'avais pas fait cette. réflexion. Je ne suis pas éloigné de croire qu’en prononçant ces. paroles, Jésus-Christ a autorisé la confession des péchés.
L’Instituteur.— Surtout, quand vous savez que la confession existait, au moins en germe, chez le peuple Juif au moment où N. S. Jésus-Christ donnait à ses apôtres le pouvoir de remettre les péchés.
Le forgeron.—La confession existait sous l’ancienne loi. Le divin Sauveur affirmait qu'il n'était point venu pour détruire l’ancienne loi, mais pour la confirmer et la perfectionner. Aussi at-il dit à ses apôtres : Vous ne détruirez pas la confession qui est de l’ancienne lui. Vous la confirmerez au contraire en remettant les péchés. N'est-ce pas, en effet, ce que signifie ce pouvoir qu’il leur donne : « Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez ?»