‹ Contre-poison [microforme]Chapitre 2 sur 17 · DE L'ÉGLISE SUR CE DIVIN MYSTÈRE DE NOS AUTELS · texte numérisé non relu

DE L'ÉGLISE SUR CE DIVIN MYSTÈRE DE NOS AUTELS

Le Membre de l’Institut-Canadien.— Allons, je n’ai pas l’intention de me refuser à l'évidence des faits que vous m'apzortez. Mais, si, comme le prouvent les schismes des Grecs et des Docètes, l'Eglise Romaine a toujours cru à la Presence réelle, comment se faitil que les Pères et les Docteurs des premiers siècles de l'Eglise n'aient jamais parlé, dans ce sens, du sacrement de l'Eucharistie ?

L’Instituteur.—Qui vous dit que les Pères et les Docteurs de l'Eglise n’ont pas enseigné la Présence réelle de Notre Seigneur dans l’Eucharistie ?

Le Membre de l’Institut-Canadien.—Chiniquy.

L'Institutenr.—Ce prêtre apostat est un imposteur. Il ne peut pas plaider ignorance, car il n’a pu autrefois réciter son bréviaire sans lire dans les divers offices du Saint-Sacrement, les leçons des Pères et des Docteurs, qui tous disent formellement, qu'après la

consécration, le pain est changé au vrai corps et le vin au vrai sang de Notre Seigneur Jésus-Christ.

, Le Membre de l’Institut-Canadien.— Vous m'étonnez.

lL'Instituteur.—C’est pourtant comme je vous le dis. Tenez, voici un bréviaire. La quatrième leçon et les deux suivantes de l'office de la Fête- Dieu sont tirées d’un sermon du grand Thomas d'Aquin. Lisons une de ces leçons, la quatrième.

« Les faveurs que Dieu répand sur le peuple chrétien, avee une «abondance si prodigieuse l’élèvent à une dignité sublime et ines- «timable. En effet, jamais nation, quelque illustre et quelque « glorieuse qu'elle ait été, n’a eu des dieux qui se soient commuke niqués aussi familièrement à elle, que notre Dieu se communique

ns

« À nous, qui sommes son peuple. Car le Fils unique de Dieu, « voulant nous rendre participants de sa divinité, n'a pas « dédaigné de se revêtir de notre nature, afin qu'étant devenu « homme, il fit que les hommes devinssent des dieux. Mais il a « encore passé au-delà pour l'amour de: nous en faisant servir à « notre salut tout ce qu'il avait emprunté de nous. Car il a offert « son corps comme une hostie sainte, sur l'autel de la Croix, à « Dieu son Père, afin de nous réconcilier «vec lui; et il a répandu « son sang, pour être tout ensemble, et le prix qui nous devait « racheter de notre misérable servitude et le bain qui nous devait « laver de tous nos péchés. Or, afin que le souvenir d’un si grand « bienfait demeurât éternellenent gravé dans notre mémoire, il a « laissé aux fidèles, sous les espèces du pain et du vin, son corps « pour leur servir de viande ot son sang pour leur servir de breu- « VAS. » |

Le forgeron.—Ainsi St. Thomas d’Aquin ne se gêne pas d’affirmer que Notre Seigneur a laissé aux fidèles, sous les espèces du pain et du vin, son corps pour leur servir de viande, et son sang pour leur servir de breuvage. Donc, St. Thomas, qui est un des Docteurs de l'Eglise, enseigne sur l'Eucharistie exactement ce que l'Eglise romaine nous enscigne aujourd'hui.

Le menuisier.—Donc le prêtre apostat, qui a eu si longtemps un bréviaire entre les mains, est d’une effronteric incroyable lorsqu'il affirme que les Pères de l'Eglise n’ont pas cru à la Présence réelle.

Le Membre de l'Institut-Canadien.—Mais St Thomas est du treizième siècle. Chiniquy a voulu parler des Pères et des Docteurs des premiers temps de l'Eglise.

L'Inséituteur.—Cette objection ne vaut rien pour excuser votre apostat. Le Bréviaire ne renferme pas seulement le témoignage de St. Thomas. Il contient aussi le texte des sermons de $t. Augustin, de St. Ambroise, de St. Jean-Chrysostome, de St. Cyprien et de St. Cyrille de Jérusalem. Ecoutez, voici la leçon vi que l'office du Bréviaire pour novembre et décembre emærante à un sermon de Saint Cyrille : |

« La doctrine du bienheureux Paul suffit-clle seule pour vous « rendre des témoignages ccrtains de la vérité des divins mystères, « et l'Eglise vous ayant jugés dignes d'y participær, vous à, par ce

AT

| « moyen, unis à Jésus-Christ si étroitement que vous n'êtes plus « avec lui, pour le dire ainsi, qu'un même corps et qu'un même « sang Car ce grand Apôtre disait dans la lecture qu'on vient « de faire, que Notre-Seigneur dans cette même nuit où il fut livré « à ses ennemis, ayant pris du pain et rendu grâces à Dieu son « Père, il le rompit et le donna à ses disciples en leur disant : « Prenez et mangez, ceci est mon corps. Ensuite, il prit le calice, «et rendant grâces leur dit: Prenez et buvez, ceci est mon sang. « Puis donc qu’en parlant du pain il a déclaré que c’est son corps, « qui osera révoquer en doute cette vérité ? Et puisqu’en parlant « du vin ii a assuré si positivement que c'était son sang, qui jamais « en pourrait douter et osera dire qu'il n’est pas vrai que ce soit (SON Sang. »

Le forgeron.—Ki je ne me trompe, Saint Cyrille vivait au quatrième siècle ?

L’Instituteur.—Oui, monsieur, et vous voyez que dans ce siècle si rapproché des temps apostoliques, les Pères cet ies Docteurs de l'Eglise n’hésitaient pas à affirmer la foi des Apôtres à la Présence réelle, |

Le menuisier—$t. Cyrille de Jérusalem dit bien formellement que telle était la doctrine de l’Apôtre Saint Paul.

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