L’APOSTAT CHINIQUY D'IMPOSTURE, D'IGNORANCE OU DE MAUVAISE FOI
Le Membre de j'Tnstitut-Canadien.— Vous citez St. Cyrille, k mais C’est À unc autorité isolée et qui ne prouve pas le sentiment des Pères et des Docteurs &e la primitive Egiise.
L’Instituteur.—$i l'autorité de ce saint ne vous suffit pas, je puis vous satisfaire en vous apportant le témoignage unanime de
tous les saints Docteurs et de tous les saints Pères de la primitive Eglise.
Le Membre de l’Institut-Canadien.—Franchement, monsieur l’Instituteur, je crois que votre tâche sera rude.—Vous ne trouverez pas beaucoup de docteurs de l'Eglise qui pensent comme St. Cyrille.
L'Instituteur.—C'est ce que nous allons voir,
St. Jacques de Nisibe, l'un des Pères les plus distingués qui, en 325, assistèrent au concile de Nicée, s'exprime ainsi :
«Notre Seigneur, avant d'être crucifié, donna de ses propres mains son corps pour nourriture et son sang pour breuvage. » SERY, 11.
Naint Pylrem d'Edesse est du même sentiment.
«Cou-:icrez, mes chers frères, quelle est la crainte respectueuse « de ceux qui entourent le trône d’un roi mortel ; combien, à plus « forte raison, devons-nous paraître avec crainte et tremblement « devant le roi du ciel! Quelles doivent être notre gravité et notre « retenue ! Ainsi il ne convient pas que nous portions des re- « gards hardis sur les mystères du corps et du sang de Notre KSei- « gneur, qui sont devant nous.» PARAEN. 19. « L'œil de la foi «voit manifestement le Seigneur, lorsque nous mangeons son « corps et que nous buvons son sang, et il ne permet pas une re- «€ cherche curieuse. Vous croyez que Jésus-Christ, le Fils de Dieu, « est né pour vous dans la chair, alors pourquoi vouloir sonder ce « qui est impénétrable ? En agissant ainsi, vous montrez votre cu- « riosité et non votre foi. Croyez done, et avec une foi ferme, recevez le corps ct le sang de Notre Seigneur.» DE NAT. DEr.
Naint Basile tient le même langage:
« Lorsque Dieu à parlé, il ne doit plus y avoir ni doute ni hési- « tation, mais on doit croire que tout est possible, quoique la na- «ture s'y oppose. C'est À qu'est le combat de la foi. DE REGULA « VIII Mona. €. Les paroles du Seigneur : Ceci est mon corps « qui scra livré pour vous, produisent une inébranlable conviction. € IBtp. IN REG. BREV»
Saint Grézoire de Nysse parle ainsi de l'Eucharistie :
« Nous pouvons nous demander maintenant comment un corps « qui est coutiauellement distribué par tout l'univers à tant de mil-
a liers de fidèles peut être tout entier dans chacun de ceux qui le « reçoivent et rester lui-même entier. Ce pain, comme dit l'apô- «tre, est sanctifié par la parole äe Dieu et Ja prière, non que com- « me la nourriture, il passe peu à peu dans le corps, mais parce «qu'il est instantanément changé au corps du Christ, d'après ce «qu'il a dit lui-même : « Ceci est mon corps. » Trat. Cutech.
Pour Saint Jérôme, voici Son sentiment :
« Moïse n'a pas donné le vrai pain, mais Jésus-Christ seul le « donne. Z{ nous invite au festin, et il est lui-même notre aliment ; «il mange avec nous et nous le mangeons lui-même. » Er. 150, AD HEpi8.
Le forgeron, —s’udressant au membre de l'Insttut que les ci tations de l'Instituteur rendent piteuxc.—Vous me faites l'effet d’un homme heureux d'apprendre des choses qu'il ignorait—Vous n’auriez jamais cru, n'est-ce pas, qu'en interrogeant les Docteurs de la primitive Eglise, on pût leur faire rendre tant et de si beaux témoisnages en faveur de la Présence réelle.
Le Membre de l'Institut-Canadien,—d'un air piqué.—Je vous prie de ne pas vous fatiguer à deviner mes sentiments et mes impressions.
Le forgeron.— Vous êtes bien aimable, inonsieur de l’Institut. Maisje vous porte tant d'intérêt que je ne puis ne pas observer dans quelles réflexions profondes vous jette l'enseignement des Docteurs de l'Eglise. Il est vrai qne vous pouvez être tout d'abord plus ébahi que réjoui de toucher du doi l'ignorance du prêtre apostat dont vous vous constituez l'avocat. 1l en coûte toujours de cons tater qu'on était dans l'erreur. Toutefois, ce n'est à qu'un déplaisir passager. Prêtez une oreille attentive, un cœur docile à la parole de M. l’Instituteur, et bientôt vous serez tout fier, tout heureux d'être en possession de la vérité.
L'’Instituteur.—Permettez-moi de continuer la citation des Pères et des Docteurs du quatrième «iècle. Voici comment St. Gaudence de Brescia s'exprime sur la Présence réelle dans l’Eucharistie :
« Dans les ombres et les fizures de l’ancienne Pâque, on n’immo- «lait pas un seul agneau : chaque maison avait son sacrifice, car «une seule victime n'aurait pu suffire à tout le peuple ; c'étaitaus-
ST
gi parce que ce mystère n'était qu’une figuré et non la réalité de la passion du Scigneur ; car la figure d’une chose n'est pas la réalité, mois seulement l'image et la représentation de la chose sisnifiée ; mais maintenant que la figure a cessé, celui qui seul est mort pour tous, immolé dansle mystère du pain :t du vin, donne la vie dans toutes les églises, et, étant consacré, sanctifie ceux qui consacrent Celui qui est le Créateur et le Seigneur de toute la nature, qui produit le pain de la terre, fait du pain
« son propre corps (car il le peut et ila promis de le faire,) ct celui
qui de l'eau à frit du vin, du vin fait son sang. » Tract. IT, de
Pasch.
Dans presque toutes ses homélies, Saint Jcan Chrysostome parle
. de la Présence réelle. Citons-en quelques-unes :
« Croyons Dieu en toutes choses et ne le contredisons pas, lors même que ec qu'il dit semble contraire à notre raison ou à notre
«vue: sa parole uoit soumettre l'une et l'autre. Ainsi dans les
iaystères, no regardons pas seulement les choses qui sont devant nous, mais attachons-nous à sa parole, car sa parole ne peut tromper, tandis que nos sens sont sujets à l'erreur. Puis donc que sa parole dit: Ceci est mon corps, soumettons-nous ct voyonsle des yeux de l'intelligence. »—Homiz. 82 IN MATTH. « Quelque soit le nombre de ceax qui participent à ce corps et qui boivent ce sang, ne croyez pas qu'il diffère de celui qui est #1 plus haut des cieux, et que les anges ador2nt.» Homir. 3, IN cab. L, AD ÊPHES. « Quelle merveille! Ja table est couverte de mystères ; l'Asneau de Dieu est immolé pour toi, ex le sang
« spirituel coule de la tabie sacrée. Le feu spirituel descend du
ciel : le sang qui est dans ce calice est tiré de ce côté, ouvert pour te purifier. Pensestu voir du pain et du vin, et qu'il en soit de ces choses comme des aucres nourritures ? Que cette pensée soit loin de toi: mais comme la cire qu’on approche du feu se consume et change de substance, de mênr. il faut croire que les mystères (le pain et le vin) sont consumés par la substance du corps. » oui. 9, DE PoEnIT. Mais y a-t-il plusieurs Christ parce qu’on offre en plusieurs lieux ? Non, sans doute, c’est partout le même Christ ici entier, là entier, un seul corps. Ausäi il n'y a qu'un seul corps, quoiqu'il soit offert en
«x plusieurs lieux, et il n’y a aussi qu’un seul sacrifice. » Hoi. 4 17,1x. ©. 9. AD HE.
Le Membre de l'Institut-Canadien.—Tous ces pères et ces docteurs de l'Eglise sont du quatrième siècle. Veuillez, s’il vous plaît, m'apporter le témoignage des saints des trois premiers siècles de l'Eglise. Un seul par siècle suffira.
L'Instituteur.—St. Cyprien, qui vivait au troisième sicele, écrivait au Pape Corneille en parlant de la communion distribuée aux martyrs. « Comment apprendraient-ils à répandre leur sang pour ‘« Jésus-Christ, si avant de les laisser aller au combat, nous ne leur « donnions pas son sang. » Clément d'Alexaindrie, du même sièele, écrit dans son Puedagoqus : « Mangez ma chuir, a dit Jésus. -€ Christ, et buvez mon sans : c'est 1 la nourriture toute particu- « lière qu'offre le Seigneur ; il nous présente sa chair, il verse son -« sang, et rien ne maïque plus à la croissance du chrétien.» Firmilien dit dans ea lettre à Saint Cyprien en parlant de ceux qui font des communions sacrilèses : « Ils touchent le corps et le sang «de Jésus-Christ, tandis qu'il est écrit : quiconque mangera ce
-« pain ou boira le calice du Seigneur indignement, sera coupable
« du corps ct du sang du Seisneur. »
Le Membre de l'Institut-Canadien.—Mais je ne vous demande
‘qu'un Docteur par siècie et vous m'en citez trois.
Le forgeron.—Certes, vous devenez bien modéré, bien modeste dans vos woûts ! C’est un bon signe. La lumière se fait dans votre esprit... Plus elle vous éclairera, et moins vous aurez besoin de témoignages particuliers des saints Ge chaque siècle. Sans établir de rapprochement cutre votre intellizence et mon aielier, je vous dirai que plus le foyer de ma forge est ardent, et moins il me faut de chandelles pour m'éclairer dans les jours courts ct sombres de l'automne et de l'hiver.
L'Instituteur.—La croyance des chrétiens du second siècle par rapport au sacrement de l'Euctaristie est exprimé par Saint Justin de là manière suivante : « Cette nourriture (qui a été portée « par les diacres) s'appelle chez nous l'Eucharistie. Personne ne « peut y prendre part que ceux qui admettent comme vrai ce qui «est enseigné par nous, qui ont reçu le bain du baptême, pour la
«« rémission des péchés et la régénération, et qui vivent conformé-
RS || De
« ment aux commandements de Jésus-Christ. (Car nbus ne rece- (vous pas ce pain comme du pain ordinaire, ni ce breuvage com- « me un breuvage ordinaire ; mais de même que, par la parole de « Dieu, notre Sauveur Jésus-Christ a été fait chair, a pris notre. « chair et notre sang pour notre salut, ainsi l’on nous enseigne « qu'en vertu de la prière prononcée avec sa parole, cette nourri- « ture bénite, par laquelle notre sang et notre chair sont nourris « au moyen de l'assimilation, est là chair et le sang de ce Jésus « Jait chair. Car les apôtres. dans les mémoires composés par eux « et que &on appelle Evangiles, nous ont rapporté que Jésus leur « avait donné cet ordre, lorsqu'il prit le pain, le bénit, et dit: & Faites ceci en mémoire de moi: Ceci est mon corps, et lorsqu'il « prit le calice, le bénit et dit : Ceci est mon sang, et ne fit part de- « cette formation qu'à eux seuls, » APOLOGIE 1. P. 66.
Au premier siècle, Saint Ignace parlant des ‘ocètes dont je vous: ai rappelé le souvenir il y a un instant, dit dans son ÉPITRE AUX. EPHÉSIENS :
« Ils s'abstiennent de l'Eucharistie, parce qu'ils ne reconnats-- « sent pas avec nous que l'Eucharistie est la chair de Notre-Set-- « gneur Jésus-Christ, cette chair qui a souffert pour nos péchés, « et que le Père a ressuscitée dans su miséricorde. En contredi-- « sant le don de Dieu, ils meurent par l'effet de leur amour pour- « la discussion : mais il serait heureux pour eux qu'ils aimassent. « afin de ressusciter ! »
Le menuisier.—J’espère, monsieur de l’Institut, que vous êter: content et que vous savez maintenant à quoi vous en tenir sur ka: doctrine des Pères et des decteurs de l'Eglise touchant la Présence. réelle dans l'Eucharistie.
Le forgeron.—Vous devez être persuadé que le prêtre apostat est un imposteur qui n’a plus aucun respect pour la vérité. L’histoire pour lui est comme si elle n’existait pas. Il affirme à tort et. à travers sans se douter que ce qui est écrit est écrit, ct que ce ne: sont pas scs discours cn l'air «ui anéantiront Îles enseignements des. faits passés ct la doctrine, la croyance des siècles et des saints qui: ec furent l'orgucil ct la gloire,