‹ Contre-poison [microforme]Chapitre 6 sur 17 · RS AR · texte numérisé non relu

RS AR

Jamières mais les lumières de mon Père qui vous ont révélé ceci 7 Et quand l’apôtre dit: ‘“ La chair a des désirs contraires à ceux de l'esprit, ete.” que veut-il signifier ? Sinon que le sens corrompu de l’homme est opposé aux inspirations généreuses qui nous viennent d'en haut? Enfin quand Saint Paul assure ‘qu'il n’y a. plus de condamnations pour ceux qui sont en Jésus-Christ et qui ne marchent pas selon la chair” qu'enseigne-t-il, sinon que ceux. qui obéissent à Notre Seigneur et qui n’écoutent pas la loi de Zeurs: sens dépravés ne seront point condamnés ?

Le menuisier.—D'ailleurs, si je me rappelle bien les Evangiles. que les Frères m'oit er :ignés, les juifs et les disciples incrédules comprirent que ces paroles: “ C’est l'esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien,» confirmaient ce que Notre-Seigneur avait dit. Ils eomprirent que Jésus-Christ promettait réellement de donner un jour sa chair à manger et son sang à boire. Et comme ils ne croyaient pas cela possible, il abandonnèrent Jésus, selon qu'il est rapporté dans l'Evangile: « Dès lors plusieurs de ses diciples se retirèrent desa suite et n'allaient plus avec lui.» |

Le menuisier.—Ainsi font les hérétiques. Ils trouvent trop dure la croyance à la Présence réelle, et ils abandonnent le Christ et son Eglise, en se disant: « Comment Jésus-Christ peut-il nous donner sa chair à manger.» Tani il est vrai que les hérétiques de tous les temps sont inspirés du même esprit de révolte contre les ensei-gnements du Verbe Divin!

L’'Instituteur.—Voyant plusieurs de ses diciples l’abandonner,, Notre-Seigneur s'adresse à ses apôtres et leur dit: « £t vous ausst.. n'allez-vous pas m'abaundenner ? » Et saint Pierre de répondre :: «À qui irions-nous, Seigneur, vous avez les parules de la vie éter-nelle. Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant.» Pourquoi St. Pierre en appelait-il ainsi à la divinité de Jésus-Christ? si ce n’est: pour affirmer qu’il croyait à la Présence réelle parce que celui qui l'annonçait était Dieu, et qu’à Dieu rien n’est impossible.

Le forgeron.—Si vous interprêtez bien, monsieur de l’Institut, cette parole de Notre-Seigneur : « La chair ne sert de rien,» savez vous à quoi vous aboutissez? Ni plus, ni moins à un blasphême.. En effet, si votre interprétation est bonne, Jésus, après avoir dit :: si vous ne mangez ma chair, yous n’aurez point la vic en vous, ax:

RARE NT Eu 7 PAT So SUP DTA

serait empressé d'ajouter, que sa chair ne sert de rien ! Quelle con. tradiction ! Quel blasphème surtout! Car la chair du filsde Dieu fait homme, loin de servir à rien, a servi au salut du genre humain. N'est-ce pas qu’à force de torturer les textes de l'Evangile pour leur faire dire ce qu'il ne disent pas, on finit par débiter des énormités, des simplicités prodigieuses ?

L'Instituteur.—Donc, quand il a annoncé l’Institution de la Présence réelle de son corps et de son sang et, par suite, de son âme et de sa divinité dans le sacrement de nos autels, Jésus a parlé d’une manière nette et précise. Il s’est rencontré là des incrédules qui, comprenant qu'il annonçait cette Présence réelle ct refusant d'y croire, abandonnèrent le Divin Maître. Pour les retenir, le Sau. veur ne leur dit point qu’ils ne l'ont pas compris, qu'il n’a pas voulu parler de la Présence réelle. Non! Loin de là, il affirme plus fortement que jamais que c’est bien la Présence réelle de son corps qu’il annonce devoir instituer prochainement, et que si on ne croit pas à sa parole, c’est que la chair, c’est-à-dire le sens corrompu de l'homme, est impuissant à croire les vérités de la religion.

Le forgeron.—La conclusion pratique de tout ce que je viens d'entendre, la voici: Ne nous étonnons pas si l’Eucharistie renconti des incrédules au dix-neuvième siècle, puisqu'elle en a rencontré alors qu’elle n’était encore qu’annoncée par la bouche même du Fils de Dieu. Ne nous étonnons pas non plus si ce sacrement rencontre aujourd'hui des croyants, puisqu'il en a rencontré, alcrs qu'il n’était encore qu’annoncé. Seulement, comme ceux qui ont cru d’abord s’appelaient les apôtres ; comme ceux qui ont cru depuis s'appellent les Pères, les Docteurs, les Saints; comme tous ces croyants n'ont pas cessé de vivre par l'Eglise, leur mére; comme, d’un autre côté, les incrédules sont morts les uns après les autres sans laisser autre chose après eux que des religions d’un jour: si nous voulons vivre, croyons à la lettre cette parole de Notre-Seigneur, confirmée par dix-neuf siècles : «Celui qui range ma chair et qui boit mon sang vivra éternellement .»

een rennes eee

|. ee

Page 1