‹ Contre-poison [microforme]Chapitre 8 sur 17 · LE FONT LES CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

LE FONT LES CATHOLIQUES

Le Membre de l’Institut-Canadien.—Les protestants sont donc: les seuls qui ne croient pas à la Présence réelle ?

T'Tnstituteur.—Les protestants qui zient la Présence réelle ne savent pas trop que croir, ni quel sens donner à ces paroles du divin Maitre: “ Cect est mor corps : Ceci est mon sang : ” Luther affirnne que le corps de Jésus-Christ est dans le pain sans que le pain change de substance ; Zuingle et Carlstat chantent.

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que le pain nest que la représentation, l’image du corps du Fils de Dieu : Calvin veut que Jésus-Christ soit présent dans l’Eucharistie, mais seulement au moment ou l’on reçoit l’hostie. Ainsi les chefs, les fondateurs du Protestantisme ne s’entendent pas entre eux. Les uns interprètent les paroles de Notre-Seisneur dans un sens ; les autres l’interprètent dans un autre. En sorte que l’on pe sait plus ni ce que les Protestants croient, ni ce qu'ils ne croient pas. °

Le cultivateur.-—C’est tellement le cas que dans les endroits où il y a un seul ministre desservant des protestants de diverses sectes, ce ministre présente à chacun le pain de la communion, en disant : Voulez-vous le corps de Jésus-Christ ? Recevez ce pain comme le corps de Jésus-Christ. Ne voulez-vous que le symbole, que la figure du corps de Jésus-Christ ? Eh bien ! prenez ce pain comme symbole, comme figure.

Le forgeron.—Voilà qui s'appelle être accommodant. ÆEn veuxtu? En voilà ! Tu n’en veux pas. C’est encore pareil : il n’y en a pas |

Le menuisier.—Vraiment, les protestants ont bonnes grâces de nous reprocher de mal interpréter les paroles de Notre Seigneur, eux qui ne savent même pas s’accurder pour en donner une explication raisonnable |

L’Instituteur.—Chose remarquable ! Pendant que les fonda-

teurs des différentes sectes protestantes donnent chacun leur interprétation des paroles de Notre-Seigneur instituant l’Eucharistie ;

pendant que la multitude des réformés de toute nusnce généralisent le combat de l'erreur contre la Vérité Eucharistique, nous

voyons les grands génies protestants, les grands philosophes procla-

mer hautement que l'Eglise catholique seule interprète bien ces paroles de Jésus-Christ : “ Ceci est mon corps ; ceci est mon sang.

Le Membre de l’Institut-Canadien.—Je suis curieux d'entendre ces témoignages de la science, de la Philosophie des Protestants en faveur de la Présencel Réelle.

L'Instituteur.—Je vous citerai d’abord le Protestant Grotius qui reconnait que la croyance à la Présence Réelle est aussi ancienne que les apôtres et qui déclare en même temps que cette croyance n’aurait jamais dû être abolie.

« Je trouve, dit-il, dans toutes les Liturgies, grecques, latines, « arabes, syriaques et autres, des prières à Dieu, afin qu'il veuille « consacrer par son Saint Esprit les dons offerts, et les faire le: « corps ct le sang de son Fils. J'avais donc raison de dire qu’une « coutume si ancienne et si universelle, qu’elle peut être considérée. « comme venue des premiers temps, n’aurait pas dû être chan;ée. » VOoTUM PRO PACE.

De son côté, l’illustre Lord Fitz- William, à la page 174 de ses Leitres à Atticus, établit que la Présence Réelle est une vérité divine. |

« Qu'on ne dise pas que la croyance à la Présence Réelle, dit-il, « soit illusoire et fausse. Elle est certainement trop absurde en « elle-même pour qu’un homme, de son propre chef, ait osé la « présenter à d’autres hommes. Si un des Apôtres l’eût proposée à « ses collaborateurs, ils l’auraient regardé comme frappé de dé- « mence, et en auraient fait l’objet de leur risée.—Puisqu'il est im- « possible qu’elle vienne des hommes, il semble donc qu’elle vienne- « de Dieu et comme divine elle perd toute son absurdité, quelque « incompréhensible qu'on la suppose. »

Le forgeror.-—C'est tonjours beau d'entendre parler les grandsgénies. Ils finissent toujours par rendre hommage à la vérité.

L'Instituteur.— Enfin l'illustre Leibnitz, après avoir mpporté. les fausses interprétations de ses frères les protestants, touchant la Présence Réelle, finit par déclarer que, pour lui, il croit ce que l'Eglise enseigne.

«J'arrive, dit-il dans sa Théologie, au sacrement d'Eucharistie, « qui a été l'objet des plus grands débats. Quelques-uns, raison- « nant avec trop de licence dans leurs jugements sur les divins « mystères, ct, abusant de quelques expressions de Chrysostome et « d'Augustin et d’autres anciens, soutiennent que dans la cène du « Seigneur, le cerps et le sang du Christ n’est pas réellement pré- « sent, mais qu'il est seulement représenté ou signifié; qu’il est: « aussi éloigné de nous que le ciel l’est de la terre et que tout ce « qui a la véritable nature des corps ne peut être en plusieurs «lieux. D’autres semblent convenir plus volontiers, quoique avec « quelque ambiguité, que nous recevons réellement le corps du « Christ, mais en élevant notre esprit par la foi vers le ciel, et.

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