‹ Contre-poison [microforme]Chapitre 10 sur 21 · G., ÉVÊQUE DE MONTRÉAL · texte numérisé non relu

G., ÉVÊQUE DE MONTRÉAL

A l'Hon. G. E. Carrier, Proc.-Gén., etc. |

Palais de Westminster, Londres. ]

Il nous semble modestement que l'opinion des évêques, que

nous venons de ranporter, vaut bien celle de Messieurs Lanctot et Dorion, les deux chefs du parti anti-fédéral. Nous est avis même, que le peuple préfère ses saints évêques à ces deux glorieux personnages, et surtout dans les affaires politiques ; en effet, l’hon. A. A. Dorion en fait de sublimes concentions politiques, n’a jamais dépassé l'invention des juges à paix élecuirs. Pourtant, il a eu des moments d’oubli ; lorsque son parti ne l'obsédait pas, il a eu le noble courage d'appeler de tous ses vœux, une Confédération bien moins bonne que celle de M. Cartier ; mais C'était dans l’heureux temps où ses partisans, éloignés de lui, voulaient bien lui laisser démentir le spirituel Gaspard Lemage : l'on sait en effet qu’un jour, M. Dorion fatigué de n'être que la queue du parti qui l’avait choisi pour chef, s'est écrié dans un moment d'amer découragement : “ Je suis leur chef, il faut bien que je les suive.” M. Dorion avait été créé et mis au monde pour être un excellent homme d'état de cinquième ordre et il eut été admirable, s’il eut voulu comprendre que ses partisans exploitaient sa réputation d'hionnêteté professionnelle pour en faire un chef qu’ils pussent décider à sc contredire aussi souvent que les besoins de la cause l’auraient exigé. Nous déplorons sin-

cèrement son sort. Quant à M. Médéric Lanctot, il a plus de courage et n’a jamais reculé dans les grandes occasions où il s’agissait d'affirmer les beaux principes du parti: combat au poing, bris de vitres et de maisons, cour de police, amende ou emprisonnement, rien ne l’effrayait. Aussi, s'est-il fait un nom notoire et remarquable parmi la gent démagogique. Nous pouvons même prédire qu'il ira loin, si, surtout, le gouvernement veut s’en occuper. Lors de l'invasion fénienne, il put faire, grâce aux fonds secrets qu'il reçut de la confrérié fénienne, tous ses efforts et dans le club St. Jean-Baptiste et dans un journal extorqué sous de faux prétextes, pour attirer sur lui, l'attention de la police et des autorités militaires. On le dédaigna : il en conçut une rage morbide. Il espérait être emprisonné ; il le criait même sur les toits, dans l’espoir de mieux vendre sa feuilie barbouillée aux épiciers peu fiers. Un jour, pourtant, il eut occasion de manifester son héroïque bravoure. La police eut à faire une descente dans sa boutique, pour cofrer un de ses employés, qui avait trop honoré Bacchus. M. Médéric Lanctot, crut que le bonheur lui arrivait et qu’on en voulait à son auguste personne. Ce fut sa journée ‘ des éperons,” et pour prouver qu’il était vaillant, il alla faire une petite promenade aux Etats-Unis. Son employé récalcitrant ayant réglé avec M. Penton, M. Lanctot revint se livrer aux autorités qui ne l'avaient jamais réclamé. Il fut heureux d’avoir échappé à un aussi grand péril, et ses collaborateurs l'en félicitèrent bien cordialement, Pour lui, en vrai héros espagnol, il ne pardonna jamais à M. Cartier et à la police, de lui avoir fait une aussi mauvaise affaire, et il ne se considéra comme bien vengé de cet odieux attentat contre sa liberté, que lorsqu'il eut essayé de corrompre nos braves ouvriers du faubourg Québec, qui malheureusement commencent déjà à le connaître et à l’apprécier. Mais il a déjà ponrvu à cette sombre éventualité, et le jour où la banqueroute le délaissera lui-même pour fondre sur ses magasins au prix coûtant, il ira offrir ses services gratis, bien entendu, à ses frères, les nobles Féniens, et leur vendra son intéressante feuille, argent comptant, afin de micux assurer le paiement de la créance du père Marier.

Nous venons de faire impartialement l'historique de la confédération et de ses avantages, de même que nous avons fait connaître l'hypocrisie et la mauvaise foi de ceux qui combattent cette mesure. On sait maintenant que penser des mensonges du petit pamphlet rouge et de ce qu’il dit au sujet du rapport de Lord Durham, de la question d'éducation et des mandements

de nos évèques. Nous pouvons ajouter que dans la confédératioa les intérêts catholiques seront toujours protégés efficacement. Voyons en effet, quel sera le nombre des catholiques dans la

confédération. Disons d’abord, en prenant pour base le recensement de 1861, et en comprenant de suite, comme faisant partie de la confédération, l’Ile du Prirre-Edouard et Terre-Neuve, qui de fait y entreront bientôt, que le chiffre total de la population de la confédération est de 3,292,706 âmes; sur ce total, la confédération comptera 1,465,979 catholiques, répartis comme suit, savoir :

Haut-Canada ss élire 258,141

Bas-Oanada sisi sé issdisseice RAT

Nouveau-Brunswick

Nouvelle-Ecosse ban la R able dd dUee de di

Ile du Prince-Edouard

Terre-Neuve

Ce qui fait à peu près la moitié de catholiques. Ainsi done, si les protestants daus le Parlement Fédéral voulaient molester les catholiques, nous nous trouverions à lutter à peu près moitié contre moitié, en mettant les choses au pis. Mais il y a des circonstances qui changent complètement les chances et les tournent toutes du côté des catholiques.

En premier lieu, la population catholique est toute homogêne, nullement dévorée par les divisions intestines des différentes sectes, comme l’est le protestantisme ; elle devra opérer et il sera toujours de son intérêt de marcher en un faisceau uni ct compact, pour que rien ne la divise. Il n’en est pas de même du protestantisme, partagé en plusieurs dénominations dont quelques-unes se jalousent ou se détestent, et qui ne pourront jamais se réunir pour tyranniser les catholiques, parce que chacune de ces dénominations étant faible, aura besoin, dans certains cas donnés, du concours des catholiques de sa province.

Quelques chiffres, puisés aux meilleures sources vont nous prouver ce fait. La confédération comptera :

ON ide eisesnitnisimiatsehe te asrentaette 517,542

Presbytériens

Wesleyens et Méthodistes

Baptistes

Luthériens

Congrégationalistes .............. PAT NET VIT

Croyances diverses... oran

Sans aucune religion

«x dont les croyances ne sont pas connues

Ces dénominations comparées vis-à-vis la population totale, de la Confédération, donnent le résultat géométrique suivant :

Les Anglicans EDENAEAR Er vérordee RÉ TRS À KUNR où 154 par 100 Les Presbytériens.........,.........,..s.n 15 EL Wesleyens et Méthodistes..…..... états ee anaee 14 d Baptistes......... ei reines ph ten due ns HS En vba 208 fé MUNAROTIOR Es serdiandecéreien done ponte ve 64 dcr Congréganiates......sssusssemsorenens cr @ 2 #6 Croyances diverses... ride sen gens nd, Sans religion.......... HR NRA LEd satenensé : ES Croyances non connus.........,....,.......... D: Les catholiques, eux, représentent vis-à-vis le

LE ire cenesée es been et 1e sp SD €

Nous voyons de suite quelle supériorité numérique nous possédons sur chacune des dénominations protestantes séparées.

Un second avantage qui éloigne tout danger des catholiques, c’est la libéralité bien connue et presque extraordinaire des protestants des provinces maritimes. Dans ces provinces la haute éducation est presque toute entre les mains du clergé catholique et notamment des Jésuites; la plus grande partie de leurs hommes politiques ont puisé, quoique p:otestants, leur éducation dans des institutions catholiques et sont conséquemment pieins de tolérance à l'égard de notre croyance. Là, les institutions catholiques sont vues du même œil que les protestantes par toute

‘la population et par le gouvernement. Pour ne p:rler que de

la Nouvelle-Ecosse, il ÿy a dans cette province deux colléges catholiques, sous la direction exclusive de prêtres et de jésuites, et ces deux colléges reçoivent du gouvernement la même subvention annuelle que les colléges protestants, savoir, mille piastres par année: ce sont les colléges de Ste. Marie et de St. François- Xavier, et il en est ainsi do toutes les autres provinces. Mais, bien plus, dans chacune de ces provinces, la population catholique excède de beaucoup le nombre de chaque dénomination protestante, et dans deux d’entre elles, Terre Neuve et l'Ile du Prince Edouard, l'élément catholique figure à peu près par moitié dans le chiffre total de la population.

Il est donc de la dernière évidence que les cathcliques dans la confédération ne peuvent être molestés, et il faut être bien peu soucieux de son honneur et de la vérité, pour prétendre que la confédération met ans le gouvernement général, nos intérêts religieux en danger, et ce, pour les deux bonnes raisons que nous venons de développer, lo pour que le parlement fédéral n'a pas juridiction sur l'éducation et nos institutions religieuses, 20 parce

que #’il y avait appel d'un gouvernement local au ministère fédéral, sur une question d'éducation publique, et que cet appel serait fait dans le but de molester les catholiques, (et nous maintenons que la supposition est impossible) nous verrions tous les protestants des Provinces d’en bas, s’allier à la moitié catholique pour influencer victorieusement le gouvernement fédéral. Nous pouvons conclure hardiment que sous la confédération, nos intérêts religieux et nationaux se trouvent coraplètement à l'abri de tout danger : la constitution nous le promet, et tous nos vénérables évêques et les honnêtes gens ont trouvé la promesse suffisante et l’ont sanctionnée par leur approbation.

Mais disent les rouges, et leur organe, Le Pays et le petit pamphlet la confédération nous ruine, et va nous amener la taxe directe. Nouveau mensonge que nous allons de suite mettre en poussière,

Page 1