TE ANT
de la Confédération était chaudement discutée et en Can: da et aux Etats-Unis; les Américains, cela va sans dire, étaient de chauds adversaires de la Confédération parcequ'ils voyaient dans cette mesure la ruine de leurs espérances sur le Canada. Le “New-York Herald,” principal organe du gouvernement et surtout écho fidèle de l'opinion publique aux Etats-Unis, fit une étude spéciale de la question de la confédération et de l'annexion pour en arriver, naturellement -our lui, à la conclusion que les Américains ne devaient pas laisser adopter la confédération ici, mais qu'au contraire ils devaient presser instantanément l’annexion, vu que le Canada, avec ses grands lacs et son beau fleuve St. Laurent, leur était absolument indispensable ; mais suivons notre b \nne hatitude de citer. Nous trouvons donc dans ce journal du 11 Février 1865, à la première colonne de la deuxième page, l'intéressant passage que nous traduisons:
‘ La question imposée à notre gouvernement.”
‘“ Le gouvernement américain doit s'occuper immédiæ‘emens “ de l’importante question de savoir s’il va se croiser les ‘ras et “ laisser sans mot dire l'Angleterre ériger, dans des motifs d'hos- ‘“tilités ouvertement avoués, sur le continent américain une “série de forteresses imprenables, construire et armer de puis- ‘ sants bâtiments de guerre sur les lacs américains et organiser “une milice considérable sous la conduite d'officiers anglais sur
“ les frontières des Etats-Unis.”
nn nent nn nne nn se messes rensne nes soso sssssuues
“ Le temps est venu pour nous d’unir sans délai le Canada à “la république, paisiblement, si possible, par la force, si néces- «ce . 1)
saire.
Plus loin, on trouve encore dans le même article, que les Américains doivent se hater d’annexer le Canada avant la passation du projet de confédération. Cet article, long de treize colonnes, est curieux à étudier. On y voit une volonté bien arrêtée chez les Américains de nous posséder, surtout parce que nous leur sommes utiles.
Nous disions, en second lieu, que les difficultés sectionnelles entre le Haut et le Bas-Canada avaient été pour nos hommes d'état, une occasion de hâter la mesure. De ces deux causes, il n’est rien dit dans le fameux pamphlet. Et, lecteur, savez-vous la vérité sur le sujet? Vous croiriez, d’après ce pamphlet, que les rouges ont toujours ignoré les difficultés cntre le Haut et le Bas- Cunada ; vous croiriez encore qu’ils ont toujours été étrangers à ces difficultés; vous croiriez encore que leur grand chef, leur idole, l'Hon. A. A. Dorion, 4 toujours été contre la confédération
et qu’il n’en a jamais reconnu la nécessité, Puisque le pamphlet, écrit pour M. Dorion, revisé par lui, avoue carrément que la seule cause de la confédération était l'amour du pouvoir chez M. Cartier et son parti, veus êtes bien obligé de le croire jusqu’à preuve du contraire, et de penser que ces bons rouges et cet excellent M, Dorion ont toujours été contre la confédération et n’en ont jamais parlé. Lisez alors, mais bien attentivement, ce que M. Dorion disait en Chambre le 6 Juillet 1858: “ L'abro- # gation de l'Union, l’Union Fédérale basée sur la population ou “quelque autre grand changement constitutionnel, doit, de toute “ nécessité, avoir lieu, et, pour ma part, je suis disposé à exami- “mer la question de la représentation basée sur la popælation “ pour voir si elle ne pourrait pas être concédée avec des guran- ‘€ tèes pour la protection de la region, de la langue et des lois “ des Bas-Cunadiens. Je suis prêt pareillement à prendre en ‘ considération le projet d'une confédération lequel laisserait à “ chaque Province, l'adminis'ration de ses affaires locales, “ comme, par exemple, Ze pouvoir de décrèter ses propres lois “€ civiles, municipales et d'éducation, et au gouvernement génépal, l'administration des travaux publics, des terres publiques, “ du département des postes et du commerce.
1860, il l’appeluit de tous ses vœux. Le 3 mai 1860, il disait encore:
“ J'avertis les députés du Bas-Canada que, lorsque le temps “ viendra, toute la représentation du Haut-Canada s’unira et “ obtiendra la représentation bâsée sur la population avec l’aide ‘ des députés des townships de l'Est. Je regarde l'Union fédé- “rale du Haut et du Bas-Canada comme le noyau de la grande “ confédérati * des provinces de Amérique du Nord, que j'ap- “pelle de mes vœux. En concluant, je dois dire que je voterai “ pour la résclution, parce que c’est le seul moyen qu’aient les ‘{ deux provinces de sortir de leurs difficultés actuelles. Je crois ‘ que l'union de toutes les provinces viendra avec le temps.”
Est-ce clair ? oui ou non ? C’est le chef qui a parlé ainsi ; son organe le “ Pays,” taus ses disciples l'ont alors approuvé. Et maintenant ces gens crient que la confédération n'était pas nécessaire et n’a été proposée que comme expédient ministériel! Il y a encore quelque chose de pis; on a vu plus haut que les pouvoirs locaux ont l'administration de foules leurs terres publiques ;
let,
e la
qu’à
, cet mn et t, ce 1bron OU toute amiation Tan s lois re en rait à
0e; en disait
temps ira et l’aide fédérande à j'apoteral nt les e crois
i ; son 6. Et nécestIly s pouiques ;
qu'on relise le numéro 5 de la clause 92. M. Dorion, lui, voulait, dans son discours de 1:58, laisser l'administration des terres publiques au gouvernement fédéral ; la confédération que nous avons obtenue est donc bien plus avantageuse que celle que M. Dorion appelait de tous ses vœux en 1860. Nous avouons ici ingénumeut que la plume nous tombe des mains en présence de tant de manvaise foi, de tant de contradiction et de tant d'abaissement, Comment! Vous, M. Dorion; vous MM. les rouges, vous avez, depuis 1858, reconnu la nécessité d'un changement constitutionnel, vous avez, depuis 1858 et 1860, acclamé l’idée d'une confédération moins avantageuse que celle que nous a gagnée M. Cartier, et aujourd'hui, vous vous prononcez contre cette confédération, jadis objet de tous vos vœux !
Au fond peut-être avons nous tort de nous indigner d'un phénomène qui n’est que naturel ; tout peut s'expliquer aisément uand on a suivi de près les évolutions du parti rouge et de ses chefs. En 1858 en 1860 ils espéraient parvenir au pouvoir et voyaient les américains peu s'occuper de nous. En 1867 tout espoir d'arriver au pouvoir est pour eux’ perdu ; mais les intrigues américaines et les invasions féniennes les ramènent à leurs projets chéris d’annexer leur pays au territoire de l'oncle Sam et ils se prononcent contre la confédération, qui est notre seul préservatif contre les dommages et les maux de l'annexion et les infamies féniennes.
Et ces gens-là ont l'audace de parler d'honneur et de probitél ! !
Ab uno disce omnes. D'après ce premier mensonge du petit pamphiet, jugez du reste, qui est de la même force.
Le petit pamphlet des rouges, dit en second lieu, que la confédération ne nous à été donnée, que pour réaliser le fameux rapport de Lord Durham. Nous avons presque honte d'avoir à nous occuper de cette ineptie. Il faut être bien malhonnête ou croire le peuple bien ignorant, pour faire un tel avancé. Lord Durham venait en Canada à la suite des troubles de 1837 et 1838, étudier les moyens d’anglifier le Canada Français, afin de prévenir le retour de nouveaux troubles civils. Imbu des préjugés de race que lui inculqua en arrivant l'oligarchie anglaise, acharnée à nous tyraniser depuis 1791, il proposa à la métropole trois systèmes qui, suivant lui, devaient nous angjlifier, nous anéantir et rétablir par là la paix sur des bases permaucntes :
1. L'Union législative du Haut et du Bas-Canada ; 2. l'Union législative de toutes les Provinces de l'Amérique Britannique du Nord, ou, 3. la Confédération de ces dernières Provinces. Le projet de confédération fut mis de coté, comme inefficace à at-
teinäre le résultat désiré et l’on eut recours à l'Union législative pure et simple du Bas-Canadu,
Voilà toute l'histoire de ce fameux rapport, L’union fut adoptée comme le plus sûr moyen de nous réduire ; elle nous fut imposée en 1840 et ses uni”"1es effets ont été de nous grandir et de nous permettre de nous aflirmer comme nation ainsi que nous l'avons surabondamment démontré plus haut.
Quelle analogie peut-il done y avoir, entre ce rapport de Lord Durham et la Confédération de 1867, que nous avons demandée et acceptée spontanément et volontairement, C'en est assez pour nous édifier sur la bonne foi et les connaissances historiques de Messieurs les rouges.
La confédération qui nous régit fournit la plus ample protection possible à nos lois, à notre religion, à notre langue et nos intérêts matériels. Il suffit de lire les attributions conférées au gouvernement de la Province de Québec pour prouver notre assertion. Toutes ces choses précieuses et sacrées sont placées sous notre coatrôle immédiat et exclusif et tout droit d'ingérenee à ce sujet est formellement enlevé au gorvernement fédéral. Mais il y a plus ; non-seulement notre belle langue française sera la seule parlée dans le Parlement de la Province de Québec où nous formons la presque totalité, mais elle sera encore la langue officielle dans le Parlement Fédéral conjointement avec la langue anglaise et l'usrge en sera facultatif dans les débats. C'est
là la disposition formelle de la clause 133 de la Constitution :
133. Dans les chambres du parlement du Canada et les chambres de la législature de Québec, l'usage de la langue française ou de la langue anglaise, dans ies débats, sera facultatif; mais dans la rédaction des archives, procès-verbaux et journaux respectifs de ces chambres, l’usage de ces deux langues sera obligatoire ; et dans toute plaidoirie ou pièce de procédure par-devant les tribunaux ou émanant des tribunaux du Canada qui seront établis sous l'autorité du présent acte, et par-devant tous les tribunaux ou émanant des tribunaux de Québec, il pourra être fait également usage, à faculté, de l’une ou de l'autre de ces langues.
Les actes du parlement du Canada et de la législature de Québec devront être imprimés et publiés dans ces deux langues.
Les américains eux-mêmes, dont les rouges nous vantent tant la libéralité, accordent moins aux Français de la Louisiane, que nous n’avons obtenu de l’Angleterre et des colonies anglaise confédérées avec nous. Dans le parlement local de l'Etat de la Louisiane, la langue française n’est en effet que facultative dans les débats, mais n’est pas langue officielle et tous les procèsverbaux, archives, registres, projets de lois et statuts ne sont écrits et imprimés qu’en anglais. Mais il existe encore une preuve bien plus éclatante de l'excellence de la Confédération pour nous,
de la protection illimitée qu'elle donne à tous nos intérêts religieux, moraux, matériels et nationaux, dans les narules sacrées des hauts dignitaires de l'église du Canada.
Quiconque sait un peu son histoire de la nouvelle France, n'igaore pas que le clergé catholique a rendu au pays d'immenses services et que c'est à lui que nous devons d'être restés Français et catholiques, dans la plus belle acception du mot. A toutes les époques critiques de notre histoire, nous voyons toujours nos évêques pleins de dévouement et de zèle pour nos intérêts, intervenir dans la politique, pour prévenir les mesures dangereuses projetées par les ennemis de notre race et de notre religion ; et, en cela, l'épiscopat usait non-sculement d'un droit, mais remplissait un devoir, Tout le monde sait en effet, comme le Pape l'a plusieurs fois déclaré dans des encycliques demeurées célèbres, que le clergé a le droit, bien plus, le devoir d'intervenir dans toutes les questions politiques et gouvernementales qui touchent à la religion, à la morale, et aux intérêts généraux des peuples. L'Episcopat actuel s'est montré digne de son prédécesseur ; il a suivi avec attention et anxiété, toute les discussions sur le projet de Confédération depuis 1864, et lorsqu’e février ou mars dernier, la Confédération devint'un fait accompli, tous les évêques catholiques tant du Bas-Canada, que des autres Provinces confédérées, ont approuvé la constitution, l'ont déclarée bonne et avantageuse aux intérêts des catholiques, et ont conseillé fortement à leurs diocésains de ne travailler et de ne voter dans les prochaines élections, que pour les candidats qui avaient contribué à la passation de cette mesure, ou qui déclareraienrt, formellement l'approuver et vouloir la soutenir en tous points.
Ecoutons d’abord, Monseigneur Cook, évêque de Trois- Rivières, dans son admirable mandement du huit juin dernier (1867) dont nous extrayons ies quelques lignes suivantes, où il parle particulièrement du projet de confédération.
Vous n'ignorez pas, N. T. C. F., quelle fut la vivacité des débats sur ce projet dans la Chambre d'Assemblée. La grande majorité des députés le regardaient comme la seule planche de salut que la Providence offrait à notre nationalité, tandis que la minorité le repoussait de toutes ses forces, sans avoir toutefois de plan bien arrêté à mettre à la place pour arracher le pays de l'impasse où il se trouvait. Un certain nombre des membres de cette minorité laissait entrevoir assez clairement que l'annexion du Canada aux Etats-Unis était bien la condition indispensable au salut de notre nation. Quelques-uns auraient préféré laisser les choses comme elles étaient, ou amener tout au plus quelques modifications à la constitution qui n'auraient fait que reculer pour quelque temps la crise en l'aggravant.
Pour tout homme, tant soit peu observateur, il était évident qu’à peu près tous reconnaissaient la nécessité d’un changement de constitution,
LE
nes TA ris Me ve
et que la lutte véritable était entre la confédération et l'annexiou, c'est-àdire, qu'il s'agissait de décider si le Canada allait se préparer à devenir - un grand Etat prospère et libre, en marchant courageusement vers l’accomplissement des destinées que la FP >vidence semble lu’ réserver ; cu
jen si, renonçant à la vie de peuple lil.e et maitre chez lui, il allait pour toujours enchs ner son avenir au sort d'une république qui n’a encore vécu qu’à veu près l’âge d’un homme, et qui a déjà traversé plusieurs guerres et notamment Ha Gernière, la plus épouvantable des guerres civiles dont les annales des nations fassent mention ; guerre civile qui lui a dévoré plus d'un million de ses enfants, ct creusé un ab:me où se sont englouties pour des années ses richesses et sa propérité,
Queïques rouges, encore plus imbécilles que malksnnêtes, ont osé lachement vociférer, que M. Cartier et on parii étuit traitres à la religion et à la nationalité parce qu'ils avaient proposé et adopté la confédération ; le public intelligent ne les a pas crus. À part quelques Béotiens arrièrés du rougisme, tout le monde a fait justice de ces honteuses uccusations. ie saint évêque de Trois-Rivières, apprécie justement ces déclamations inspirées par la sottise et la méchanceté et venge nohlement nos patriotiques hommes d'état ; jamais plus bel hommage n’a été rendu à l’intelligence et aux sentiments nationaux, de M. Cartier et de son parti :
Cependant, N.T. C. F., attendu que les divers moyens par lesquels on pouvait essayer de tirer notre pays des difficultés où il se trouvait. étaient matière d'opinion, et qu'il était libre à chacun de choisir celui qu’il croyait le plus avantageux, Nous n'avons pas cru qu'il fut nécessaire délever la voi” en cette circonstance; mais Nous n’en avons pas suivi avec moins de vigilance lu question dans toutes ser phases, aîn de sauvegarder, dans la mesure de nos forces, nos intérêts reiigicux, et de «ous assurer qu'ils seraient pour le moins aussi efficacemen£ protégés sous la’ nouvelle constitution. Voilà pourquoi ncus avons dû faire parvenir nos réclamations respectueuses auprès du gouvernement impérial pour assurer aux Catholiques du Haut-Canada une égalité de protection avec les protestants du Bas-Canada sur la question de l'éducation.
Maïs c'est avec peine que nous avons vu la viclence avec laquelle quelques-uns de nos compatriotes se snnt élevés contre le projet de confédération ; non qu'il ne fût perinis de le discuter dans le temps ; mais il est toujours repréhensible de manquer de modération. Nous eussious été heureux de voir plus de calme dans la discussion : c'eut été la voie la plus propre à faire juger sainement ce projet, qai après tout, était regardé par la maiorité de nos concitoyens comme une nécessité bien grave, à la vérité, mais comme le moyen le plus praticable de sortir des circonstances ditfciles où nous nous trouvions. Nous avons surtout regretté les efforts qui ont été faits pour ïeter l'alarme parmi vous, lorsque l’on a cherché à vous faire croire que ce projet n'était rien moins qu'une trahison.
Ce sont là, des excès extrémement regrettables, N. T. C. F., que la charité chrétienne condamne, et dont il faut se gardor avec un grand soin. Nous devons toujours observer les règles de I& justice envers tout le monde, et nous défier de semblabies exagérations. Elles ne sont propres qu’à empirer la douloureuse division qui nous à déjà fait tant de mal.
C'est à la vérité, la justice et la modération que nous aurons la consolation de voir renaître ru milieu de nous la concords: et l'union. Tel est l’enseignement de nos iivres saints; 4 Wisericordia et veritas obviaverunt subi : Justitia et pax osculatæ sunt. * (La miséricorde et la vérité se sont recontrées : la justice et la paix se sont embrassées.” Ps. 84, v. 11. Non, Nous ve voyons aucune raison pour justifier une accusation aussi odieuse et aussi grave, Nous ne connaissons rien qui puisse autorise: à croire que la confédération soit un acts de trahison. Elle a été discutée assez long- ‘ temps, examinée assez scrupuleusement par les hommes les plus dévoués et les plus éclairés de toutes les provinces pour lever tout le doute à cet égard. Cependant, il n’en est par moins vrai que ce n'est toujours qu'avec crainte et en tremblant qu'il faut porter la main à la base sur laquelle repose un édifice tout entier, pour lui en substituer une autre; tant le moindre défaut d'équilibre pourrait entrainer de funestes consèquences,
Le vénérable prélat ne s'est pas contenté d'approuver la confédération et de louer le zèle et l’intcligence de ses auteurs; il a encore voulu conseiller à ses diocésains de s'unir dans un même edort patriotique, pour se soumettre au nouveac rés'me ct n'élire que des hommes disposés à l’approuver et à le faire fonctionner pour la promotion de nos meilleurs intérêts. Nous ne pouvons résister au plaisir de mettre devant les yeux du public la civation suivante qui rappelle les plus beaux temps apostoliques :
Aujourd'hui que ce pojet a reçu la sanction du gouvernement impérial et qu'il est devenu la loi fondamentale d'1 pays, nous devons nous rappeler que notre devoir, comme catholiques, est de mettre un terme à toute discussion sur ce sujet ; si nous avons eu parfaite liberté d'opinion dans les limites du juste et de l’honnète, tant que la confédération n'a été qu'à J'état de projet, si nous avons pu en toute sûreté de conscience être pour ou contre, la combattre avec chaleur ou la défendre avec conviction, suivant que nous l'avons cru utile ou dangereuse, &/ n'en est plus ainsi depuis qu’elle est passée à l'état de loi. Elle est devenue aujourd'hui une chose jugée et obligatoire ; et c'est le temps de vous rappeler ce grand principe du Catholicisme . Omnis anima potestatibue sublimioribus subdita sit : non est enim poteslas nisi à Deo: quæ autem sunt à Deo ordinatæ sunt. (“Que tout le monde soit soumis aux puissances supérieures ; car il n’y a point de puissance qui ae vienne de Dieu, et c’est lui qui a établi tout:s celles qui sont sur la terre.” Rom. XII. v. 1. Quelles qu'aient été nos opinions antérieures, le bien de notre pays, et les enseignements de notre religion nous font un égal de, oir de l’accepter et de nous y soumettre. Vous devez en conscience, N. T. C. F , et comme catholiques, et comme amis sincères de l'ordre, de l'union et de la paix,, vous devez favoriser dans la mesure de vos forces, et par le concours de votre bonne volonté, le bon fonctionnement de l& constitution qui va bientot être
‘ inuugurée,
Ce devoir, vous aurez à le remplir dans les prochaines élections, en vous assurant que les hommes dont vous allez faire choix pour vous représenter Gans les parlements, seront animés de cet esprit de conciliation de cette bonne volonté dont le concours est indispensable pour tirer de Ja æouvelle constitution tout : bien que nous devons attendre,
Sa Grandeur Monseigneur l’Evêque de Rimouski n’est pas moins explicite :
La Constitution qui fonde ainsi au Nord des Etats un grand et riche empire, a été, Nous le croyons sincèrement, amenée providentiellement par une suite de circonstances exceptionnelles. Les rouages de la machine gouvernementale ne pouvaient plus fonctionner ; mille rivalités ñe races, de croyances religieuses, d'intérêts politiques ou sectionnels, ous menaçaient d’une anaschie complète ; lorsque plusieurs de nos hommes d'Etat les plus éminents ont formé le projet, pour mettre fin à ces difficultés interminables et toujours renaissantes, d'agrandir leur sphére d'action, et d’unir en un puissant Etat des Provinces qui, dans leur isolement, n’avaint que bien peu de moyens de développer leurs ressources. C’est ce projet, fruit de mûres délibérations, qui a été soumis à l'approbation des Parlements Provinciaux et à celle du Parlement Impérial, et qui est devenu dans toutes ces dispositions essentielles la loi du pays.
Vous allez donc choisir, N. C. F. den Reptésentants capables de soutenir vos intérê.s et de vous faire honneur par leurs principes honnêtes, par leur éducation, par leur expériences des affaires publiques. Ils devront vous promettre de travailler franchement et cordialement à faire fonctionner le nouvel ordre de choses, et à seconder à cet effet ceux qui vont être appelés à l’inaugurer. Vous vous défierez, s’il s’en rencontrait parmi vous, de ces esprits mécontents qui rêvent le bonheur et la prospérité dans l’annexion à un pays voisin. S'ils réussissaient dans leurs sinistrc: projets, ce qu’à Dieu ne plaise, ce serait, à moins d’un miracle de la Frovidenc?, la ruine de notre peuple, la perte de nos mœurs, de nos coutumes de notre langue, l’anéantissement de notre nationalité. Vous exigerez donc des Candidats une déclaration, explicite et formelle de privcipes, l'ergagement positif de soutenir la nouvelle Constitution.
L’Archevêque de Québec dans un mandement publié, il y a quelques jours, disait encore, entre autres choues: .
{Ainsi à nc, N. T. OC. E , comme l’uaion fédérale qui vient de s’opérer émane de l'autorité légitime, vous 18 regarderez comme loi, et vous obéirez à l'ordre de Dieu, en l’acceptant en toute sincérité. Il est, d’ailleurs, de votre intérêt, comme c'est pour vous un devoir de conscience, de le faire, pour qu’elle puisse contribuer à la prospérité commune, et procurer par là l'avantage des individus. Bientôt vous serez appelés à -hoisir ceux qui soit dans le parlement fédéral soit dans le parlement ic 4l, devronr iravailler à mettre en pratique la nouvelle constitution, Vous vous garderez donc de donner vos voix à des hommes disposés à la combattre ou à mettre des entraves à son fonctionnement, mais vous les donnerez à des citoyens éprouvés et reconnus comme ayant à cœur de la faire servir au plus grand bien du pays.
t Ce qui doit nons rassurer, N. T. C. F. c'est que la nouvelle forme de gouvernement qui vient de nous être donnée, a été préparée avec soin par des hommes bien connus, eux aussi, par leur patriotisme, aussi bien que par les services qu'ils ont rendus à leur comraune patrie. Si elle n'est pas sans défauts ; ei eile u'est pas tout ce qu’on aurait pu désirer qu’elle fut, rappelons nous que rien n’est parfait dans ce monde, et que, dans un pays comm le .Ôtre, ou tant d'intérêts divers sont en présence il était
a8 impossible de se refuser à de mutuelles concessions, et d'arriver à un arrangement qui pût donner satisfaction à tout le monde. C'est aux hommes à qui vous allez confier le soin de vous représenter dans l'un et l’auhe tre parlement, Ale s'unir fortement ensemble pour conjurer le danger, s'il { nt existe, et pour tirer le meilleur parti possible de la situation. Vous avez ail 1A- donc une raison de les choisir parmi ceux quise distingnent davantage sil 2e par leur honnêteté, leur énergie et leur déronement à l& chose publique. 4 L'éloquent évêque de St. Hyacinthe n'est pas resté en arrière f- de ses vénérables frères en Episcopat. Il nous trace de mzin de AC- maître, un portrait fidèle des adversaires de Ja Confédération, nt, c'est-à-dire des rouges et des annexionnistes. En lisant les lignes Fa suivantes, on croirait voir Notre-Seigneur flagellant les pro- | Fo fanateurs di temile :
ses... Que la prudence vous mette en garde contre les ten- Fr dances de certains esprits et de certains journaux exaltés, qui sont loin te- de Mous apparaître comme des guides que vous puissiez suivre sans Jar danger i Fermez vos oreilles à l’insinuation perfide, assez souvent répétée ! nt Plutôt l'annexion que la confédération telle qu'elle nous est donnée. De- Dn- m'urez convaincus que pour ceux qui tiennent ce langage, la confétré dération n’est qu'un prétexte mis en avant: l'annexion est clair-ment rmi l’objet de leur conviction politique, et d’une convoitise qu'ils flaitent et rité fomentent. depuis assez longtemps, Nous en sommes témoin | rez Et à notre estime, l’Annexion si jamais elle a lieu, sera la mort ou la ro- destruction certaine de notre nationalité, qui ne vit que par nos institunes tions, notre langue, nos lois, et surtout notre R-ligion, et c’est parce que rez à Nous sommes plein de la conviction que tous nos intérêts religieux es, auraient grandement à souffrir de notre Annexion aux EtatsiUnis que 4 Ncus nous fesous un devoir de vous signaler le danger. De sorte qu’en vous parlant ainsi, Nous abordons un sujet qui intére.se plus la Religion Ll È que la politique. Et Nous demandons aux hommes sérieux et sans passions, s’il y aurait moyen d’oser affirmer le contraire ? rer . ‘ Et malgré cela, il demeure plus que certain qu'il y a parmi nous des 11 Le à gens qui pensent et poussent à l'annexion ! Qui ignore, en efiet, aujour- 1: de d'hui que lx société secrète, designée sous le nom de Club de St. Jean- 4: re, Baptiste, qui se formait, il y 4 quelque temps à Montréal, et que des zéla- L bar teurs coupables ont cherché à répandre dans les campagnes, avait pour 11 ui but et pour fin de créer un courant annexionniste? Qui ne sait m°me que. 4 ; À quelques-uns de ses membres, dans le but de favoriser et de hâter l’'An- + e- nexion, ont eu le triste courage de fraterniser avec la bande méprisable Î à des Féniens, qui, l'an dernier, ort envahi notre sol, et fait couler le sang es de nos concitoyens ?
Las Nous serions curieux de savoir ce que pensent de ce portrait, les ci-devant députés des comtés d’Iberville, de Bagot et de Ride chelieu.
ar Sa Grandeur, Monseigneur l’Evêque de Montréal, avait déjà LR e depuis longtemps devancé ses illustres coilègues, dans une lettre ï vb du 11 mars 1867, adressée à l'honorable George Etienne Cartier, j
et dans une circulaire à son clergé du 25 mai dernier (1867), il hit lettre et circulaire que tout le monde connaît et qui viennent