LA MODE DE NOS MESSIEURS
— Le Pape a autorisé les ecclésiastiques à porter la moustache. Naturellement Haby (le coiffeur de l'empereur) a fait tout aussitôt une propagande acharnée pour la moustache jésuito-allemande.
I r//,. de Berlin, 24 juin 1904.)
— Cible d'ébène, très noire, pour exercices politiques.
\(Die Alisier, de Munich.)
— Tronc en métal, pour églises.
(Die Auster, de Munich.
Contre cette Pfafferei, contre ces Schwarçen lutte, dans l'Allemagne du Sud, toute une imagerie pittoresque, amusante au possible, une imagerie qui a ses racines dans le pays même, qui a eu de véritables trouvailles; qui, souvent, a des comparaisons ingénieuses : — qu'on me permette de rappeler les tours de la cathédrale de Munich recouvertes du chapeau des Jésuites, image reproduite dans mon livre :
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Les Mœurs et la Caricature en Allemagne (i); — qui ne cesse de ridiculariser le clergé dans ses mœurs publiques et dans sa vie intime, dans cette immoralité flagrante en laquelle il se prélasse, et devenue en quelque sorte naturelle, à force d'avoir été tolérée.
En cette douce et grasse Bavière, où règne encore l'âge d'or, la vieille loi canonique exigeant que la cuisinière du prêtre n'ait pas moins de quarante ans, continue à être très judicieusement « interprétée », comme au bon vieux temps, en ce sens que le chapelain, le Herr Capellan, prend facilement deux cuisinières, l'une à la cure, l'autre au
dehors. Si l'une compte 24 printemps et l'autre 18, cela fait en tout 42, donc deux ans de plus que l'âge prescrit.
« Autrefois », dit Ernest Hackel, dans son remarquable ouvrage :
Les Enigmes de l'Univers (2) « on revenait toujours, de temps en temps, à proposer la suppression définitive du célibat, par exemple dans les Chambres du duché de Bade, de la Bavière, de la Hesse, de la Saxe et d'autres pays.
Malheureusement, jusqu'ici, cela a été en vain ! » Mais ce que la
DEKRII Kl I ES COI LISSES
— Catherine, sors un peu fermer 1rs volets, et viens me lire la pornographique Aiister (L'Huître, journal de mœurs légères, qui paraissail a Munich).
Composition de R. lirai! (1904).
(1) Paris, Li>uis Westhausser, éditeur, 1880.
1 vol. i ii—4 .
('') Edition française, chez Schleicher frères.
IMAGERIE ANTICLERICALE CONTEMPORAINE
Kellnerin est au civil, la cuisinière du curé l'est au point de vue ecclésiastique : c'est elle qui, dans cette imagerie allemande, tient la place capitale: c'est elle qui est le point de mire de toutes les satires, de tous les pamphlets illustrés; adornée, choyée par les crayons, comme elle l'est par tous dans la vie réelle. « Cuisinière de curé », m'écrivait, un jour, Hermann Lingg, le grand poète allemand, « mais c'est l'idéal auquel aspirent toutes les familles de nos braves paysans ultramontains. Il faut voir quel respect on a pour le vieux qui vous dit : Ma cadette, ma Katbi, elle cuit cbe% M. le curé ». Et j'ajoute qu'il n'est point rare de rencontrer dans les feuilles locales, dans ces papiers à informations qu'on appelle feuilles d'avis, des annonces ainsi libellées : Bonne cuisinière ayant cuit che{ M. le curé de *** demande place chcç personnes pratiquantes.
— Ex-cuisinière de curé, bien dressée et bien pensante, demande place cheç monsieur fréquentant les services religieux.
Risum teneatis amici.
Non, ne retenons point notre rire. Rions, au contraire, devant ces images qui nous montrent un peuple, bon enfant, ayant fini par s'accoutumer à ces mœurs bizarres. Rions, devant ces amusantes créations de Jugend, devant ces ordres et récompenses inventés par le noir Auguste, (satire de journal clérical), devant ces jeux de cartes, d'une si pittoresque fantaisie, devant ce^ médailles