‹ Contre RomeChapitre 2 sur 106 · LE CLERICALISME, VOILA L'ENNEMI · texte numérisé non relu

LE CLERICALISME, VOILA L'ENNEMI

La religion nouvelle. — Les « défenseurs » de la papauté. — L'irrévérence de l'Europe envers Rome. — La France soutenue par l'imagerie européenne.

C'est ici, comme toujours en chacune de mes œuvres, qu'il s'agisse d'un homme ou d'un événement, une page d'histoire exposée à l'aide de documents graphiques, montrant toute la gamme de la satire crayonnée, depuis l'humour bon enfant jusqu'à la caricature âpre et violente, — le tout colligé, mis en ordre dans un but défini, et dans un esprit tellement précis, que toute explication pourrait paraître oiseuse. Mais lorsqu'on touche à certaines questions on ne saurait jamais s'exprimer trop clairement.

N'appartenant à aucun culte reconnu, ne fréquentant aucune Eglise, conséquemment dégagé de tout esprit de concurrence et de propagande, l'auteur a voulu, en assemblant ces documents, démontrer

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l inanité des accusations dirigées contre le Gouvernement de la République, et apprendre — ce que trop de gens ignorent — que l Europe monarchique, soi-disant ultra-catholique , ne cesse de ridiculiser la papauté et ses prétentions d'un autre âge.

(hie certaines associations aient pu avoir, aux époques troublées du moyen dge, une utilité réelle, non parce que religieuses, mais bien plutôt parce que pacifiques , c'est là un fait acquis que plus personne, aujourd'hui, ne chercherait à contredire.

Examinée à la loupe, passée au crible de la Science, V Histoire abonde en constatations de ce genre.

Ne doit-on pas, au nom de ce même principe, reconnaître que le protestantisme fut, au XVIe siècle, un merveilleux agent d'émancipation; — ne faut- il pas admettre qu'une France huguenote, alors qu'il y avait quelque gloire et quelque danger à affirmer la foi réformée, nous eût évité bien des écueils, bien des luttes intestines, bien des réactions terribles; — ne faut-il pas apprendre aux générations nouvelles qu'une France moins Fille aînée Je l'Eglise, moins bigote, disons le mot: moins cléricale, n'eut jamais accepté d'un cœur léger cette guerre de 1810, due à la collaboration de la Pantoufle pontificale et de la Crinoline impériale '

Oui, tout cela il faut le dire, il faut le crier bien haut, sans perdre son temps à vouloir préconiser une réforme religieuse, aujourd'hui dénuée de tout intérêt, alors qu'il s'agit uniquement, non de désenchristianiser la France — ce qui serait pure affaire de concurrence religieuse,— mais bien de la désencléricaliser, ce qui est bien différent.

Personne, comme l'affirmait à la Chambre M. Aristide Briand, aujourd'hui ministre, ne cherche à violenter les croyances des Français. Que ceux-ci soient catholiques, protestants, israélites, ou riendutouistes, peu importe!

Ce qu'il faut combattre, ce qu'il faut déraciner, c'est le cléricalisme ; le cléricalisme, qui n'a rien à faire avec le christianisme ; le cléricalisme, qui sape les bases de tout pouvoir civil, qui est la

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