‹ Contribution 240 A l'Etude de quelques complications de la Prostatectomie SuspubienneChapitre 22 sur 24 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

de son côté n’est plus possible de cette façon. De plus, à partir du 15° jour, on passe tous les jours un béniqué ; de cette façon, m'écrit Pauchet, on observe ni fistule ni rétrécissement. »

Si, malgré ces précautions, l’oblitération se produisait, il faudrait, comme le chirurgien d'Amiens, sous le double contrôle d’un doigt rectal et d’un doigt introduit dans la vessie, par la plaie suspubienne agrandie, faire passer un béniqué dans l’urèthre, et effrondrer îe diaphragme. Une sonde à demeure et des béniqués, ensuite, assureront le calibrage normal.

En cas de rétrécissement serré et difficilement dilatable au béniqué siégeant au niveau de l’urèthre membraneux ou de la partie inférieure de la région prostatique, l’urétrotomie interne à section multiples est indiquée. On la fera suivre, comme de coutume, de la mise à demeure d’une sonde et on dilatera régulièrement et progressivement au béniqué.

L'obstacle au cathétérisme est parfois formé comme le montre surtout la belle observation de Rochet, par une coudure de l’urèthre. Il faudra chercher à reconnaître cette déformation qui, malheureusement, doit être d’un diagnostic très ardu. Aussi, multipliera-t-on les tentatives de cathétérismes en se servant d'instruments coudés à angles très aigus. Si on peut passer ensuite un béniqué, on parviendra, sans doute, par ce traitement, à redresser l’urèthre. Dans le cas contraire, il sera indiqué d’avoir recours à l'intervention sanglante. Mais faut-il imiter la conduite du professeur Iyonnais ? (Voir observation 27).

M. Rochet, dans son cas, devait à la fois évacuer des débris de calculs et agir sur l’urèthre qu'il pensait ré. tréci. C’est pourquoi, dans le but d'agir plus facilement sur l’urèthre, il choisit la voie périnéale. Il serait peut-être plus facile d'essayer Le cathétérisme rétrograde, maïs ce cathétérisme ne libèrerait pas l’urèthre de ses adhérences cicatricielles. Dans des cas analogues, mais qui pourraient s'accompagner de coudures en sens divers, l’uréthrotomie externe de l’urèthre profond

donnerait de bons résultats et permettrait de redresser l'urèthre dévié et de rétablir son calibre normal.

Quant aux obstacles causés par une barre ou bride susprostatique, il faudrait, si possible, se rendre compte de leur nature et de leur étendue par l'endoscopie avec l’uréthroscope de Goldschmidt. Nous avons vu que M. le Professeur Carlier, dut en sectionner un au thermocautère par la voie suspubienne. Dans d’autres cas on pourrait passer par les voies naturelles pour le sectionner, mais d’une façon générale, il nous semble que la pratique la plus sage serait de refaire une taille hypogastrique pour se rendre un compte exact de l’état des lésions et de se décider ensuite suivant les indications.

Les résultats des divers traitements opératoires employés, comme on peut s'en convaincre à la lecture des observations relatées plus haut, sont d'ailleurs, des meilleurs ; ils n’ont entraîné aucun cas de mort et ont amené le plus souvent, des guérisons paraissant définitives.

Conclusions

La prostatectomie transvésicale est une excellente opération. Cependant, on observe parfois, à sa suite, quelques complications. Certaines d’entre elles sont attribuables à l’existence d'obstacles mécaniques au cours normal de l'urine.

L'étude de la restauration de l’urèthre prostatique, après l’énucléation de la prostate montre qu'il existe presque constamment une barre ou une bride susprostatique et des brides siégeant sur la paroi postérieure de l’urèthre au point où l’urèthre membraneux continue l’urèthre prostatique de nouvelle formation.

Ces accidents constituent des ébauches de rétrécissements très souvent perceplibles à l'exploration du calibre urétral pratiqué systématiquement chez les prostatectomisés. [ls expliquent les difficultés normales du cathétérisme chez ces opérés.

Outre les obstacles formés par cette « barre sus-prostatique » en haut de la loge prostatique et par Îles « brides » au niveau de l’urèthre membraneux, il faut signaler la possibilité de coudures de l’urèthre. De véritables rétrécissements de l’urèthre membraneux peuvent aussi se produire. Ils semblent favorisés par les lésions de cette portion du conduit qui peut être partiellement arrachée ou dilacérée au cours de l’énucléation des adénomes prostatiques. Ces lésions se voient surtout en cas de prostate s’enlevant en bloc et quand il existe de la périprostatite.

Les symptômes attribuables à ces divers obstacles peuvent être, suivant les cas : des troubles divers de la miction, la rétention d'urine complète où incomplète, l’incontinence d'urine, les fistules suspubiennes. Une forme d’incontinence d'urine paraît assez spéciale à ces rétrécissements. C’est l’incontinence dans Ja station

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