AVANT-PROPOS
La fièvre typhoïde est une maladie infectieuse, bactérienne. Le germe pathogène de celte maladie est représenté par le bacille d'Eberth, Voilà une double notion, devenue banale, sur laquelle nous croyons superflu de nous étendre.
Maladie bactérienne, la fièvre typhoïde est aussi une maladie éminemment contagieuse. La contagion s'exerce exclusivement par l'intermédiaire du bacille d'Eberth,. et il n’est plus personne aujourd'hui pour ajouter foi à la docirine de la spontanéité de la fièvre typhoïde, soutenue jadis avec tant de ténacité par le prof. Peter.
Jusqu'à ces dernières années, deux modes de contagion avaient été surtout pris en considération :
a) Un mode de contagion directe, — contagion par contact, —- c'est celui qui s'exerce sur un sujet de notre espèce, au contact d'un malade atteint de la fièvre lyphoïde. Il passe pour être rare et il n'intervient que dans la genèse des cas de fièvre typhoïde sporadiques.
b) Un mode de contagion indirecte, — contagion médiale ; — il comporte la transmission à distance du con-
tage typhique, véhiculé, exceplionnellement par Pair, un
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peu plus souvent par des objets de vêtement, par des ustensiles de ménage, par un thermomètre souillé, plus souvent encore par des aliments crus, lait, salade, huiires, mais surtout par l'eau utilisée comme boisson et pour les usages domestiques.
A s’en rapporter aux auteurs classiques contemporains, le rôle de l’eau considérée comme véhicule du contage typhique serait prépondérant dans la propagation et la dissémination de la fièvre typhoïde. Ce rôle serait même exclusif, dans la genèse des épidémies de fièvre typhoïde qui éclatent avec soudaineté, dans des agglomérations humaines d’une certaine importance, villes, cantons, villages, cités ouvrières, etc. À preuve qu’en pareils cas il suffit de substituer à l'eau contaminée une eau potable de qualité irréprochable, pour que, d'ordinare, l'épidémie typhoïdique se mette à décroître progressivement. À preuve que dans maintes villes où depuis des années la fièvre typhoïde faisait d’incessants ravages, cette maladie a presque complètement disparu, du jour où une eau de source pure a été substituée à celle dont on usait jusqu'alors.
Or, il est un mode de propagation de la fièvre typhoïde, qui avait passé inaperçu jusqu’à ces derniers temps, et qui se rattache à la fois aux deux précédents : c'est celui qui s'exerce par l'intermédiaire de sujets de notre espèce, ayant toutes les apparences d’une bonne santé, quoique porleurs chroniques du bacille d'Eberth, qu'us recèlent dans leurs organes — inteslin, vésicule
biliaire — voire dans leur sang, et qu'ils excrètent avec
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leurs fèces, avec leurs urines, d’une façon habituelle, ou, ce qui est plus fréquent, par intermitlences, par poussées.
Ces porteurs chroniques du bacille d'Eberth, ces bacillifères éberthiens, ont eu, pour la plupart, la fièvre typhoïde, à une époque plus ou moins lointaine ; mais il s’en trouve aussi, qui n’ont jamais présenté les symptômes de cetie maladie. Aux personnes qui vivent en contact avec eux, 1ls peuvent transmettre la fièvre typhoïde par voie de contagion directe ; mais ils peuvent aussi la transmettre par voie de contagion médiate, indirecte, en infectant des substances alimentaires, — ce sera presque toujours le lait — ou d’autres objets qui transportent ensuite le contage à une distance plus ou moins grande, et le disséminent dans un rayon variable. C'est de la sorte, qu'à s'en rapporter aux documents réunis dans notre thèse prendraient naissance un assez grand nombre de ces endémies qui, se localisant dans un ou plusieurs quartiers d’une ville, dans un canton, dans un village, dans un asile, dans une exploitation agricole, dans une maison, semblent vouloir s’y perpétuer, réfractaires qu’elles sont aux mesures de prophylaxie habituellement efficaces. Un certain nombre d’observalions épidémiologiques, dont il sera question plus loin, démontrent qu'en pareils cas les mesures de prophylaxie qui visent à empêcher la transmission du contage typhoïdique par l'intermédiaire des porteurs du bacille d'Eberth sont susceptibles d'amener le résultat qu'il
avail été impossible d'obtenir autrement, par exemple
avais